Une semaine plus tard pile poil, le soleil a repris son rôle très au sérieux.

Jeudi dernier, on n’était pas fiers. Toute la nuit, depuis la veille au soir tard, le cyclone Maria, furibond, soufflait comme un diable tout près de nos têtes et nos toits fragiles. Il y a mis tout son cœur, toute sa haine et sa hargne, mais, par je ne sais quel miracle notre village a vaillamment résisté. Quelques jours à peine auparavant, c’est une autre calamité atmosphérique qui avait tenté de nous déstabiliser. Irma, l’hideuse, la monstrueuse, force 5, frôlant les 6 si cela existait. Elle aussi s’est acharnée sur notre petit paradis, nous évitant de justesse. Mais, elle a eu beau souffler, cracher, rugir, elle a fini par continuer son funeste chemin, n’abandonnant çà et là que quelques arbres déracinés ou cassés, des cocos tombés au milieu des chemins, quelques tuiles envolées, un garage effondré…. et beaucoup d’angoisse dans nos foyers. Bien sûr, la nature en colère n’a pas été tendre avec tout le monde, du côté de Popy, la mer, vraiment déchaînée, a fait preuve d’audace et, sans vergogne a brisé de fragiles constructions du bord de l’eau, chassé le sable de la plage et s’est invitée bien près de la route. Mais, dans l’ensemble, Las Terrenas a conservé sa bonne mine. Le village préservé est serein, les échoppes débordent de fruits bien mûrs et il fait toujours aussi bon musarder sur les plages épargnées par l’océan comme Ballenas, Bonita ou Coson.

Hélas, d’autres territoires des Caraibes ont eu beaucoup moins de chance. Nous sommes tous tristes, effondrés pour St-Martin, St-Barth, Saba, Porto Rico et la si jolie Dominique que beaucoup confondent d’ailleurs avec notre pays. Et pourtant si ce n’est son nom qui ressemble au nôtre, la Dominique n’a rien à voir avec nous, c’est une petite île bien différente, associée à l’empire britannique, on y parle l’anglais. Elle est située entre les îles françaises des Saintes et de Marie-Galante (deux dépendances de la Guadeloupe) au nord, et de la Martinique, au sud. Beaucoup de temps, de courage et de persévérance seront nécessaires à leurs habitants pour rendre à ses petites merveilles exotiques leur visage d’avant Irma et Maria.

Protégé, pratiquement indemne, notre petit village du bout du monde s’en est sorti comme une fleur. La vie a repris son rythme indolent et le soleil son rôle très au sérieux, il brille de tous ses feux favorisant la reprise rapide des petites pousses qui, déjà pointent leur nez au bout des branches décoiffées. Les hôtels, les restaus, les plages, les échoppes et les commerces du centre du village… attendent avec impatience la visite de tous ceux qui, année après année aiment à se balader dans les rues colorées, se prélasser sur le sable doré, déguster des petits plats amoureusement cuisinés ou danser jusqu’à pas d’heure au rythme de la salsa ou du merengue.

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Péripéties de la rénovation de ma piscine… oups, c’était pas le bon moment!

Faut dire que j’ai hésité longtemps. Jusqu’au moment où les champignons furent les plus forts et me contraignirent à abdiquer… OK on la refait. Chris (Propool) passe, constate les dégâts, repasse, devise…. on parle et on se met d’accord pour une belle marmoline toute blanche. C’est parti. D’abord il faut vider les quelque 180 000 litres d’eau…. C’est long…. Puis, une équipe fournie arrive, pique, gratte, coupe, bâche…. Il y a de la poussière partout, dedans, dehors, sur les plantes, sur les cheveux, sur les chiens…..Oh non!!!! On annonce la venue d’une « perturbation » atmosphérique, elle s’appelle Irma…. Bon, tous les préparatifs terminés, Chris préfère attendre le passage de la fameuse Irma pour poser la marmoline.

Elle passe. Pas trop de dégâts, quelques feuilles et un peu d’eau dans le fond du bassin, vite nettoyé. C’était le lundi. Le mardi des dizaines de petits et plus grands hommes, en bleu, en rouge, en jaune, à fleurs…. débarquent et commencent un travail pas possible pour vite appliquer la marmoline au fond et sur les parois du bassin. En une journée, c’est fait, plus qu’à sécher, on bâche le tout et le lendemain on ponce. Mercredi: repoussière partout, dedans, dehors, dans les yeux, dans les cheveux, sur les chiens…. A 2 heures on commence le remplissage des…. quelque 180 000 litres. Pas terrible, l’eau est verte, brune, jaune, moche….. Mais, avec l’aide de Chris et du savoir-faire de ses techniciens, le lundi suivant, la piscine est remplie et belle, claire. L’eau est transparente. Une pure merveille. Puis…. on annonce la venue de la soeur d’Irma, Maria. Elle arrive comme une fleur le mercredi dans la nuit. Et, elle souffle, souffle, brise de grands arbres, détruit mon garage et remplit la piscine de toutes les feuilles qu’elle a pris soin d’arracher aux pauvres arbres. Jeudi soir, ça se calme un peu. Pas bien brillante ma belle piscine. Mais, je me mets au boulot, pendant des heures, je retire toutes les feuilles, les branches, les morceaux de cana qui la remplisse; Je suis toute foutue. Vite, je mets la filtration (merci ma planta) et je filtre, filtre….. Vendredi soir, elle est nickel…. Et aujourd’hui, dimanche j’ai pris un plaisir infini à nager et savourer la douceur de la belle marmoline. Ca a été dure, c’était sûrement pas le bon moment mais le résultat est à la hauteur de mers espérances. Merci Chris et un grand merci aussi à ton équipe de vrais pros, efficaces et discrets et…. courageux…. même pas peur des chiens….

Merci à tous!!!!!

8h30, jeudi matin, Maria est tout près de nous…. ça souffle fort

Il paraît qu’elle était moins forte que sa copine Irma…. force 3 … mmmm  je trouve que ça soufflait et souffle encore plus fort qu’il y a quinze jours. Et comme ces vilaines demoiselles se suivent à la queue leu leu facile d’établir des comparaisons. Bref, la nuit a été chahutée et longue, Irma s’est invitée hier soir vers 10h. Apparemment mon château de feuilles et ses toits de paille sont toujours debout, ce qui n’est pas le cas de tous les arbres du jardin. Marre d’être bousculés de tous les côtés, beaucoup ont préféré abandonner la partie et se coucher. C’est triste! Les longues branches des ficus pendent lamentablement, le bel arbre du Brésil a perdu un membre et les bananiers…. il n’y a plus de bananiers….Vu la trajectoire, la sale bestiole ne va pas tarder à s’éloigner et poursuivre son funeste chemin dans l’océan. Pour le moment aucune nouvelles du village. Ce qui est sûr, c’est que les précipitations ont été moins denses que prévu. Je le vois à mon ex-jolie piscine, si belle hier et aujourd’hui beaucoup moins…. l’eau n’y a monté que de quelques petits centimètres….

Mais, malgré le jardin en vrac, les beaux arbres arrachés ou brisés, la piscine remplie de feuilles et la terrasse dévastée, nous avons, cette fois encore eu beaucoup, beaucoup de chance. OK, ce n’est pas fini et les vents sont encore bien forts avec des rafales hallucinantes, mais nous avons un toit (de paille de surcroît) sur la tête, les autos sont entières, les toutous aussi…. pour l’instant notre grosse planta assure comme un chef (je pense qu’il n’y a plus de luz) et nous avons même la télé et Internet. Alors, par égard pour nos amis de St-Martin et St-Barth, pas le droit de se plaindre.

Ceci dit, cette saison cyclonique est bien fatigante, notre petit paradis révèle ses limites et il est vraiment temps, pour le moral de chacun que ces Irma, Maria, José et j’en passe aillent se faire voir ailleurs.

Comme un air de déjà vu !

Le chantier interrompu pour cause d’Irma, elle était belle ma piscine juste avant Maria.

Rebelote, on range tout, on rentre tout, on attache tout. Maria a réussi son pari d’être aussi grosse qu’Irma, il semble même qu’elle la surpasse. Après avoir semé la désolation en Dominique et en Guadeloupe, après avoir fait frémir St-Martin et St-Barth, après avoir piétiné Les Iles Vierges et ravagé Porto Rico, elle se dirige vers nous. Notre seul échappatoire, notre sauveur potentiel, le canal de la Mona qui a la délicieuse tendance de balancer des croche-pieds aux indésirables pour les propulser plus au nord. En attendant le verdict, on n’est pas vraiment rassurés. Maria devrait copieusement nous arroser dès cet après-midi et gronder et souffler cette nuit. Et ça, c’est pire que tout, dans le noir on entend le mugissement du vent, les arbres qui se tordent de douleur et craquent. On imagine sans peine le désastre et le pitoyable spectacle qui nous attend au petit matin mais dans le noir, tout s’amplifie. Et mes pauvres chiens …. un petit orage les terrifie pour la plupart alors un ouragan de cette intensité, je ne vous en parle pas. Et non, ma douce Anne, je ne partirai pas me réfugier en un lieu plus sûr en les laissant tout seul dans notre château de feuilles, sous notre toit de paille. Nous serons ensemble, comme toujours, dans la peine comme dans la joie. Un dernier regard à ma si jolie piscine qui vient juste de se refaire une beauté, demain elle sera défigurée comme le jardin qui pourtant avait bien résisté à l’hideuse Irma. Mais deux attaques l’une après l’autre, ça risque de faire beaucoup.

Si c’est possible, si ma planta a tenu le choc et Internet aussi, je vous donnerai des nouvelles demain, pas trop mauvaises j’espère. En attendant, le cœur gros et la boule au ventre, je continue de tenter de faire entrer le dehors dedans pour éviter la casse.

C’est la vilaine histoire de l’horrible Maria qui veut se faire aussi grosse que l’hideuse Irma…

Alors, elle s’enfle, s’enfle, s’enroule, s’affirme et de son œil torve nous nargue pas bien loin de nous dans l’Atlantique (juste maintenant c’est déjà un cyclone de force3!). Alors, oui, bien sûr on panique, on se fait le film tragédie, on pense au pire…. Et puis, il y a les pros et puis les amis qui même loin de nous, analystes plus avertis nous rassurent en nous dressant un bilan réalistes de la situation. Après Olivier Tisserand, excellent dans ses observations « irmaniennes », voici l’analyse d’Alexandre Houisse qui surveillent de loin la trajectoire de cette nouvelle calamité.

 

« Après Irma, Maria

La comparaison s’arrête là, mais Maria risque tout de même de passer en catégorie 3.

Gwada : Les Saintes et Basse-terre devraient être concernées par les conditions cycloniques. Grande terre aura des vagues et de la pluie.

Le nord de la Martinique risque également de recevoir une marée de tempête et beaucoup de pluie.

Les îles du nord ne « devraient pas » être affectées.

Avec ces bestioles, on se méfie toujours des changements de trajectoire, d’où l’utilisation du conditionnel.

Las Terrenas Rep Dom :

Bien qu’il faille rester prudent, je ne suis pas inquiet. Ok la trajectoire le fait passer Jeudi (il peut changer d’avis en 4 jours) à 65 kms au large du village. En supposant que ça ne change pas, Maria aura traversé Porto Rico du Sud-Est au Nord-Ouest, ce qui a toujours pour effet de faire perdre de la puissance aux cyclones. Ce qui peut vraiment nous affecter, c’est encore une fois la houle cyclonique, celle d’Irma a fait des dégâts, on n’a pas besoin que Maria en remette une couche. Après, il y a toujours la question du cumul de pluie. A 60, 70 kms du centre d’un Ouragan Majeur, il peut encore y avoir beaucoup de pluie …

Pour conclure, à cette heure, les Saintes, Marie-Galante, Basse-Terre (y compris côte ouest) et la côte-sud de Grande Terre, on ne fait pas semblant de se mettre à l’abri ! (Flo Rd, Didier Rubin, Isabelle Truffet, Patricia Patgwada … )

Les côtes Nord et Atlantique de la Martinique, de Grand Rivière au Vauclin (Peggy Phinoson-Ferrand, Alexandre Prevot, Annie-Dominique Poullet Jean-philippe), on prend conscience que Maria se renforce et va passer à moins de 50 bornes de la Presqu’île de la Caravelle.

Soyez bons et forts ! »

Nous allons essayer, merci Alexandre.

L’après « après-Irma »… la vie reprend son cours…..

Soleil est revenu, il fait délicieusement beau.

Parce que nous avons été plus chanceux qu’eux, nous pensons très fort et avec angoisse à St-Martin et St-Barth. Les nouvelles ne sont pas bonnes, nos amis sur place sont en détresse et nous les soutenons du mieux que nous pouvons. Les polémiques vont bon train sur la compétence ou non du gouvernement français pour les aider, mais les réseaux sociaux débordent de post plus ou moins fiables et nous n’allons pas nous appesantir sur le sujet aujourd’hui.

Ici, dans notre petit village du bout du monde, la vie reprend doucement son cours. José, le frère de la grosse Irma que nous appréhendions quand même un peu a eu la belle idée de nous snober et de continuer sa route vers les profondeurs de l’Atlantique. Bon vent et ne reviens jamais. En vrai, les dégâts ont été relativement supportables pour beaucoup. Je pense à Pierre de l’Eden, à Thierry de la Vela Blanca, à Marc et Valérie du Thalassa (mes adorables chouchous), à Thierry et Sandro du XO qui ne croyaient pas au miracle, à la jolie Sarah, coincée contre le cimetière…. Je ne donnais pas cher de son petit lolo, il n’a eu que quelques égratignures…. D’autres sont moins chanceux,  notamment du côté de Popy où la mer en furie a fait des ravages sur les constructions et le littoral. De nombreux cocotiers y ont laissé leur peau.

En ce qui me concerne, mon château de feuilles a tenu le coup, les toits n’ont pas perdu un brin de paille. Certes la majorité des bananiers sont tombés, mais ça repousse déjà. Deux ou trois gros arbres ont été déracinés mais, il y en a tellement que ça me fait de la lumière. Non, chez moi, le plus terrible a été l’immédiat Après-Irma…. Au moment où la « Luz » a rétabli le courant au-dessus de ma maison, la ligne à haute tension qui n’est plus guidée par des poteaux mais accrochée tant bien que mal à des cocos tordus a grésillé, crachoté et enflammé le toit en cana d’un petit kiosque juste en dessous. Oh, pas grave pour le  kiosque sauf que son toit en flamme était à 30 cm de l’immense toit de ma maison….3 heures de panique, seule d’abord puis aidé par Mimi, nos voisins dominicains puis, avec beaucoup de gentillesse par Pascal et Lionel et enfin par les pompiers qui ont du intervenir à deux reprises jusque tard dans la nuit. Aujourd’hui, petit kiosque n’a plus de cheveux et il restera comme ça tant que la misérable ligne haute tension sera sur sa tête.

Nous sommes dimanche, pour nous, les plus chanceux, Irma n’est presque plus qu’un mauvais souvenir qui alimente les conversations. Le ciel est tout bleu et il fait délicieusement bon. Demain, les travaux de déblaiement continueront dans le jardin avec Alphonso et Domingo et l’équipe de Chris qui pourra enfin terminer la réfection de la piscine, interrompue pour cause….. de grosse intempérie.

Belle journée à tous.

L’après Irma…..

Elle est partie l’hideuse Irma. Fière d’elle et de son travail destructeur. St-Martin et St-Barth sont à l’agonie et la République Dominicaine panse ses plaies mais il faut reconnaître que nous avons été relativement épargnés. A Las Terrenas, les dégats se sont surtout concentrés playa Popy, exit le Mojito et la terrasse des 3 Caravelles, les petits lolos derrière le cimetière sont plutôt mal en point et le beau bateau pirate à Las Ballenas a sombré corps et biens. Heureusement, l’Eden et la Vela Blanca s’en sortent indemnes.

Mon jardin ressemble à un champs de bataille pas bien organisé, les bananiers sont tous à terre ainsi que quelques gros arbres. Mes beaux pendanus majestueux ont rendu l’âme et les arbres des voyageurs ont mal à la tête…. La ligne à haute tension qui nous surplombe les voisins et moi se balance dangereusement dans les airs. Mais, mes toits de paille ont tenu même si les plaques de zinc protégeant les cimes ont tendance à faire de la haute voltige….

Bref, l’heure est au nettoyage. Ils sont 5 autour de moi à s’affairer pour rendre un visage à peu près humain à La Casa del Olvido, mon château de feuille qui, malgré son air un peu négligé aujourd’hui, a vaillamment résisté à la grosse Irma. Haches et machettes travaillent sans relâche dans une bonne humeur déconcertante. Puis ce sera le ballet des camions de « basura » qui évacueront sans relâche les relents de cette mauvaise expérience.

José, le copieur d’Irma qui n’a rien trouvé mieux que de suivre bêtement sa grosse copine devrait passer un peu plus au nord et nous éviter. Mais, rien n’est jamais sûr avec ces phénomènes extra-terrestres qui prennent un malin plaisir à nous pourrir la vie sous les tropiques.