Plongeon dans le passé…

En quelques mots et de nombreuses photos chipées ici et là sur Internet…

Merci pour les auteurs et pardon de l’audace.

Bien sûr, beaucoup d’endroits dans le monde ont suscité ou suscitent de réels engouements. Plages immenses et désertes, cabanes de guingois au charme fou, douceur de vivre au rythme des tropiques…. On est envoûté, mais, souvent, on se lasse et tôt ou tard, on retourne vers son pays natal…Or, la majeure partie de tous ces précurseurs, de tous ces français qui, un beau jour, il y a 40 ans ont découvert ce petit coin de paradis qu’est Las Terrenas, sont restés ancrés ici, certains à temps plein, d’autres une partie de l’année, amoureux comme au premier jour du village, de la beauté de ses paysages, de la nonchalance du quotidien, de son humanité.

Parmi eux, Michel Voleau (Mimi) nous raconte ses tous premiers jours dans ce village étonnant qui n’était alors qu’un hameau de pêcheurs, il nous livre ses premières sensations, ses émois, qui ont marqué définitivement un virage dans sa vie de baroudeur.

Le tout premier « gringo » tombé sous le charme de Las Terrenas est Jean Desdames, dit Jeannot el Francese. Marié à une américaine, fille de l’ambassadeur des USA à Santo Domingo, c’est un peu par hasard qu’il est arrivé jusqu’ici. Mais, c’est en toute connaissance de cause qu’il s’y est implanté. Avec son copain René Techer et sa femme Anny, il crée le Tropic Banana.

Le Tropic Banana

Très vite, la réputation de douceur de vivre de Las Terrenas franchit l’océan et les premiers français, avides de changement débarquent. Le Tropic Banana devient leur refuge et leur point de ralliement. Hôtel de charme et bar « à la mode », les « anciens » aiment à se remémorer les soirées inoubliables passées à faire la fête au son de l’orchestre de Coseco et de Papon (mais oui, celui qui fait griller le cochon chez Sandro, le dimanche). Les grands jours, Mariana Vanderhorst (ex-madame le maire) et ses soeurs enflamment le public dans un incroyable show. Les grandes bières et les Cuba Libre coulent à flot et les soirées s’éternisent jusqu’à pas d’heure.

Autre rendez-vous incontournable de ce temps cher au coeur de Michel, le Nouveau Monde et son mélange insolite de nationalités, de sexes et d’âges. Bon, c’est vrai … les soirées interminables, un peu trop arrosées, se terminent souvent en bagarres générales, toutes nationalités et tous sexes confondus…

Les premiers commerces

C’est Claude Breard, aujourd’hui décédé et son épouse Bernadette (pharmacie du Paseo) qui eurent l’idée lumineuse d’ouvrir la toute première boutique « chic » au village : La Gâterie face à l’actuel Paseo. Bien achalandée grâce à des produits inédits à l’époque, dénichés à la capitale, elle fit très vite le bonheur des expats de tous poils. Fanfan et Hélène ouvrirent la Salsa au Village des Pêcheurs, Paco et Sarah, sa jeune femme dominicaine fondèrent le Pacocabana, d’autres, comme Anne et Stéphane choisirent d’installer leur petit lolo à la Bonita.

Atmosphère bohème

S’il n’y avait pas de route goudronnée, pas d’électricité, pas de téléphone, peu d’autos à part une ou deux guaguas brinquebalantes qui réussissaient bon an, mal an, à se trainer jusqu’à Sanchez en empruntant une piste improbable, la vie était délicieusement douce dans ce petit village éloigné de tout. Bermudas décontractés, paréo pour Michel débarqué du Brésil, les pieds nus… on vivait d’un rien sans vraiment se soucier du lendemain. La jeunesse dorée de Santo Domingo fut très vite attirée par cet endroit qu’elle connaissait peu, par ses plages magnifiques, ses paysages paradisiaques et surtout par ces français d’un autre monde et leur cuisine si « exotique », véritable choc culturel, exquise découverte. Parmi les afficionados, Pedro Quatrain, Oscar Orsini, Litvinnof Martinez ou encore Miguel Polanco que Michel appelait amicalement « le meilleur couturier du monde » vu la qualité des délicates « réparations » qu’il effectuait jour et nuit sur ces fous d’étrangers. Sans oublier le seul juge-avocat-notaire de l’époque Raoul Languasco, figure incontournable, un brin fantasque, que tout le monde connait à Las Terrenas

L’école française

Peu à peu, la vie s’organisait, de jeunes couples débarquaient et des enfants naissaient. L’idée d’une école se transforma bien vite en réalité. Une petite cabane de bois à l’emplacement de l’actuel Paseo accueillit bientôt 4 ou 5 bambins. Les cours du CNED y étaient dispensés par des répétiteurs recrutés parmi les nouveaux venus. L’Ecole Française était née. Elle fut le véritable déclencheur de l’arrivée en masse des français à Las Terrenas, puis d’autres nationalités, hollandais, anglais, allemands, espagnols, américains et canadiens….

Conscient de l’incroyable attrait de l’endroit, Michel, bien avant de devenir le roi de la nuit avec son incontournable bar Le Syroz, s’improvisa agent immobilier, le tout premier au village. La cohabitation entre dominicains et étrangers se passait à merveille, sans heurts et dans le plus grand bonheur. En 1994, Oscar Orsini, afficionado des premiers jours créa Luz y Fuerza et donna la lumière à Las Terrenas. Les commerces et services se multiplièrent, les cabanes du Village des Pêcheurs s’inventèrent une nouvelle vie, les restos fleurirent de partout, quelques routes en dur furent ébauchées …la vie se structurait.

Et aujourd’hui…..

Selon le fameux Wikipidea, le village compte aujourd’hui 18.000 habitants, parmi lesquels 6.000 expatriés (1700 Français, 1100 Italiens, 700 suisses et belges, 700 Canadiens, 500 Allemands et les Anglais, Espagnol, Néerlandais, Américains …)…. L’ambiance y est toujours bon enfant et la cohabitation très sereine. Les routes sont toutes goudronnées, même si l’on y déplore parfois un manque certain d’entretien. La capitale n’est plus qu’à deux heures d’auto et un aéroport flambant neuf accueille les touristes à 20 minutes de chez nous. L’agence immobilière de Michel a fait de nombreux petits, trop sûrement, on en compte des dizaines et les restos pullulent, ferment, renaissent de leurs cendres, s’inventent une nouvelle vie, referment, se refont une beauté, rouvrent… c’est drôle, le seul qui tient la route depuis des décennies est tenu par un dominicain, Luis, sur la merveilleuse plage de Coson…. A croire que tous ces étrangers n’ont rien à apprendre aux autochtones en matière de bons petits plats.

Mais la vie est toujours belle à Las Terrenas et, au vu de la terrible actualité de ces derniers mois, on se dit qu’on est quand même bien ici.

Les images d’un délicieux passé, en vrac, ici et là, Le Village des Pêcheurs, des soirées de folie, des musiciens atypiques, le kiosko de Coson, incontournable rendez-vous des longs dimanches, le village avant, la route de Sanchez, des bouilles d’anciens, certains toujours présents, d’autres partis … tout un monde qu’il est si agréable de retrouver. Bonne balade.

A quelque chose malheur est bon….. les Dim Sum des 3 Lunas…..

Vous vous souvenez, c’est pas si loin, ce dimanche, il faisait un temps pourri, glacial, frôlant les 20 degrés. Calfeutrée dans ma maison avec tous mes toutous pétrifiés, j’ai passé mon temps à regarder la télé et consulter Facebook…. Et là, stupeur, je tombe sur une image irréelle, faisant surgir de ma mémoire et surtout de la mémoire de mes papilles, des tas de souvenirs….. des dim sum…. Des vrais, jolis, mignons, trognons, bien alignés sur leur douillet lit de feuille de banane, dans un petit panier en osier…. Mais où, quand, comment. Mais c’est bien sûr….cuisine fusion, tendance asiatique, ça ne pouvait provenir que de lui. Jérôme, les 3 Lunas & Delicatessen au Village des Pêcheurs. Vite, je me renseigne, et la réponse est immédiate, chaque jour, midi et soir. Chaque jour midi et soir, des dim sum, mon pêché mignon, ma gourmandise, des vrais m’attendaient dans leurs petits paniers d’osier et je ne le savais pas.

Et bien voilà chose faite, aujourd’hui, à l’heure du déjeuner, direction Village des Pêcheurs, 3 Lunas. Jérôme est là, souriant, charmant et adorable comme toujours. C’est un vieux de la vieille Jérôme, on ne dirait pas comme ça, mais il fait partie des piliers de LT. Tout premier, il a créé un restaurant japonais, le Wasabi, géré par son ami René Techer (un autre vieux de la vieille) à son départ pour les USA, puis, à son retour a créé un second Wasabi, un petit bijou en rouge et noir. Puis le temps a passé, le Village des Pêcheurs est parti en fumée et….. l’idée a germé dans son esprit de remettre les mains dans la farine. Rappelez-vous, je vous en avais parlé en juillet dernier, peu après son ouverture:

« Vous vous souvenez sans aucun doute, enfin pour ceux qui étaient déjà là à cette époque, du merveilleux Wasabi. Clin d’œil au Japon, version Village des Pêcheurs. Un délicieux écrin rouge et noir pour un restaurant de charme dirigé par le non moins délicieux Jérôme, maître des lieux. Et bien, après quelques années loin des projecteurs, Jérôme a décidé de renouer avec sa passion de la cuisine mais en y apportant une pointe de modernisme. Après mûre réflexion et conciliabules parfois musclés, l’idée a jailli comme une évidence. Le lieu : le même que le Wasabi, bien sûr. Un endroit de rêve avec en toile de fond l’océan et sa plage infinie ourlée de majestueux cocotiers. Cerise sur le gâteau, le voisin direct, José Maria des 3 Lunas avait lui aussi envie d’évoluer. Ni une ni deux, les deux boss s’associent pour créer un concept sympa et original. Le 3 Lunas & delicatessen est né. Une vaste cuisine commune, un espace aéré et ventilé, une salle de resto chaleureuse face au plus beau des plus beaux panoramas, des tables mignonnes sur la terrasse, les pieds dans l’eau, une déco ethno chic, une ambiance décontractée. Aux fourneaux, deux chefs talentueux managés par José Maria et Jérôme qui ne rechigne pas à mettre la main à la pâte pour nous inventer d’étonnantes recettes tendance fusion, différentes et subtiles, dont il a le secret et qui font la part belle aux fruits de mer et coquillages parfois oubliés comme les savoureux couteaux. Côté José Maria, la cuisine espagnole reste à l’honneur avec ses succulentes paellas, et ses déclinaisons très personnelles sur le thème du riz, comme ses incontournables rizottos crémeux.

Entre deux compositions gourmandes, Jérôme prendra le temps de vous expliquer avec gentillesse les subtilités du concept delicatessen. Très tendance en Amérique du Nord et au Canada, le delicatessen est une sorte d’épicerie fine mixée restaurant proposant à une clientèle exigeante, soucieuse de ce qu’elle consomme, des produits haut de gamme, triés sur le volet. C’est simple, vous achetez et emportez ou achetez et consommez sur place. Derrière le comptoir réfrigéré, le succulent jambon ibérique vous fait les yeux doux, à côté de la charcuterie fine sélectionnée avec soin, les camemberts crémeux et autres fromages racés et les bocaux de conserves fines gourmandes, importées du monde entier ou préparés par des artisans locaux. Juste à côté, la cave à vins n’a rien à envier aux plus grands. Là encore, vous choisissez votre breuvage et si vous désirez le consommer sur place pour accompagner votre repas, un « bouchon » vous est facturé en plus du prix d’achat.

Belle idée cette association. Un lieu et un concept innovant,  idéal pour un repas rapide mais sain entre copains à toute heure du jour ou un dîner romantique entre amoureux, sans oublier les petits déjeuners, Americano, Dominicano, Espagnol ou Tropical, copieux et raffinés, déjà très prisés et servis dans ce décor de rêve dès 8 heures du matin. »

Et bien, 7 mois plus tard, cet établissement qui ose sortir des sentiers battus a atteint son rythme de croisière. Touristes et habitués gourmets et gourmands s’y pressent chaque jour de plus en plus nombreux. Outre les Dim Sum de mes rêves, des spécialités maison, essentiellement tournées vers la mer, carpaccio de poulpe, tartare de dorade, fricassée de couteaux, langoustines à la plancha, mais aussi succulente salade de wakame, coquilles st Jacques et crevettes, une tuerie…. Sans oublier, bien sûr, les succulentes paellas et risotto qui ont largement contribué à la réputation de la maison. Et chaque jour d’autres suggestions sorties de l’imagination talentueuse de Jérôme.

Une adresse incontournable où il fait bon paresser et se régaler tout au bord de l’océan. Merci Jérôme.

Au Village des Pêcheurs, une institution: La Terrasse

Raffinement jusque dans les moindres détails....

Raffinement jusque dans les moindres détails….

Depuis le temps, c’est devenu véritable institution, à tel point, qu’encore un peu, on oublierait d’en parler. Et pourtant, La Terrasse mérite vraiment le détour. L’endroit est ravissant, décoré avec beaucoup de goût et de délicatesse par Denise, la maîtresse des lieux.

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Ici, tout n’est que raffinement. La qualité est au top depuis le début, que ce soit dans l’assiette ou dans le service. La vue n’est pas mal non plus avec l’océan et la plage en toile de fond…

Lamer en toile de fond....

La mer en toile de fond….

Un vrai bonheur. Bref c’est beau et bon. Ouvert midi et soir, vous aurez le choix entre tout un tas de petits plats savoureux, frais et légers. J’aime la délicieuse salade de chèvre chaud gourmande et croquante, l’aioli de bacalao (ca change de la daurade) à la saveur subtile. Langoustes, merveilleuses pâtes, poisson tout frais, succulente viande et desserts,une belle carte tendance méditerranéenne et chaque jour des suggestions.
La Terrasse, Village des Pêcheurs.

Un personnel attentionné, le même depuis l'ouverture.....

Un personnel attentionné, le même depuis l’ouverture…..