Once upon a time…… exquise et intemporelle Peninsula House.

Ouvrez grand les yeux, jetez vos soucis et vos idées noires au fond d’un puits profond, chaussez vos plus délicats souliers et, suivez-moi dans cette échappée belle – évasion-plaisir, pour une parenthèse intime et feutrée dans ce lieu unique où la vraie vie ressemble à un conte de fée.

Les prémices ….

Elle, jeune, dynamique, éprise d’art et de voyages, une vie à 100 à l’heure aux quatre coins de la planète. Lui, jeune, américain, amoureux des voyages, de l’art, passionné de cuisine et du charme suranné de la Provence et une maison d’exception, déjà, le célèbre Mas Mireille à Saint Rémy de Provence. Leur vie bascule à la perte de leurs conjoints respectifs…. Une amie commune puis la rencontre et l’envie de créer ensemble la maison de leur rêve à partager avec quelques hôtes triés sur le volet. De leurs escapades autour du monde, Marie-Claude et Cary se sont entourés d’un véritable trésor éclectique de meubles, objets, sculptures, tableaux…. Une collection fantastique et hétéroclite regroupant tout ce que le monde de l’Art peut offrir de plus délicieux.

Découvrir l’endroit idéal…

Ce ne fut pas l’étape la plus simple et le début de l’aventure s’avérait chaotique jusqu’à ce qu’une amie leur raconte la République Dominicaine…. Hélas, Santo Domingo ne retint pas plus leurs suffrages…. Las et désespérés, Marie Claude et Cary étaient presque résolus à baisser les bras et à s’en retourner dans leur douce Provence. Puis, un voyage impromptu, 7 heures de trajet pas très confortable et, tout au bout,…. Las Terrenas. Au détour d’une route à flanc de colline, le chemin pour accéder à ce petit village du bout du monde mérite à lui seul le coup d’œil. Ce sera ici.

Peninsula House

Très vite, amoureux fou de l’endroit, ils dénichent presque par hasard le lieu idyllique et sauvage qui correspond pile poil à leur attente, 70000 m2 de forêt primaire, des palmiers royaux, des cocotiers des arbres à pain, des flamboyants, des manguiers, des pendanus, un plateau verdoyant…. panorama époustouflant, avec en toile de fond le bleu de l’océan. Avec amour et passion, ils pensent, imaginent, rêvent leur maison sertie dans ce jardin luxuriant grandiose et naturel. C’est un ami de Marie-Claude, l’illustre architecte français Serge Robin qui en signera le design sophistiqué.

En septembre 2007, Peninsula House, exquis manoir victorien, affiche enfin toute sa splendeur dans son écrin naturel. Semblable aux maisons coloniales des riches planteurs, l’intérieur d’un extrême raffinement remplit parfaitement sa mission et accueille avec bonheur tous les trésors de ses propriétaires. Il a fallu pas moins de 4 containers pour ramener de France la sublime collection de meubles, tableaux, objets de déco, miroirs, sculptures, luminaires, vaisselle, tapis…. mais aussi un choix virtuose de linge de lit et de robinetterie. Sur deux niveaux bordés de larges terrasses dominant le panorama époustouflant, une salle à manger rustique, une salle de billard glamour, une délicieuse bibliothèque, une cuisine cosy, des coins salons éparpillés autour du patio central ouvert sur le ciel et 8 suites élégantes et romantiques, toutes différentes dont deux réservées aux propriétaires et à Thomas, le fils de Marie-Claude qui, depuis quelques années, en dépit de ses brillantes études, fait lui aussi partie de l’aventure.

Sans ambages, Peninsula House donne ses lettres de noblesse à la Maison d’Hôte. L’idée, à côté d’un raffinement extrême et d’un service aux petits oignons, est de tout faire pour que l’hôte se sente ici chez lui. Le vaste espace intérieur et extérieur lui est ouvert sans restriction et, pour qu’il se sente à l’aise et confortable, les maîtres des lieux ont privilégié l’utilisation de sonnettes pour répondre à ses moindres désirs plutôt qu’un personnel incongru pouvant nuire à la tranquillité et à l’intimité d’une clientèle exigeante.  Seule mignonne entorse à la règle, Choupito, délicieuse petite mascotte canine de la maison qui ne se gêne pas pour arpenter avec beaucoup de fierté le joli parquet en bois ciré, trottinant sur ses petites patounes  clic clic clic cloc…ou pour s’échapper le temps d’une promenade bucolique du côté de la belle piscine couleur celadon.

Tableaux signés de grands maîtres ou de Cary, ou encore de la maman de Marie-Claude, maquette du pavillon de Chine de l’expo universelle de Paris de 1908, collection surréaliste de peintures indiennes et asiatique, masques africains, boîte à musique napoléonienne, marionnettes de XVIII, protection de samourais japonnais, vases précieux ou insolites, bahuts, vaisseliers, armoires rustiques, amoureusement patinés par Sophie (https://dorislasterrenas.com/2016/08/07/la-nouvelle-vie-de-sophie/)ou meubles précieux en ivoire, antiquités uniques, mais aussi, nichés dans la bibliothèque, cannetons turbulents ou cachés sous un escalier, troupeau de moutons grandeur nature….. La déco est signée Marie Claude, délicieux fouillis extrêmement réfléchi mêlant avec audace et beaucoup de goût les pièces les plus éclectiques pour un résultat bluffant de beauté de simplicité et de sophistication. Par la majestuosité de son environnement et son panorama époustouflant, mais aussi par son naturel et son côté intemporel, son calme et sa tranquillité, Peninsula House attire une clientèle huppée ainsi que de nombreux shootings photo, des films, des séries télé et même des télé-réalités….. Marie Claude, Carry et Thomas sont aux petits soins pour leurs hôtes pour lesquels rien n’est trop beau. Et, si le copieux petit déjeuner et le dîner concocté par Carry sont servis sur la terrasse, pour le déjeuner, une navette les conduit, si le cœur leur en dit au superbe The Beach (https://dorislasterrenas.com/2017/02/17/intemporel-subtil-et-delicieux-the-beach-restaurant-un-must-a-savourer-sans-moderation/) sur la magnifique plage de Coson, partie intégrante de l’établissement, où une table leur est toujours réservée.

Vous l’aurez compris, ce lieu unique, privilégié, presque secret m’a littéralement émue et fascinée et c’est du fond du coeur que je remercie Thomas et Choupito pour leur accueil chaleureux et cette parenthèse enchantée hors du temps dans les coulisses exquises d’un conte de fée.

Publicités

Un nouveau p’tit coup d’oeil vers le ciel…. mais pas que.

 

Donc, j’vous disais que le temps est plutôt sec par chez nous….Bon, ça a un peu changé. Même que l’on a vraiment craint de se mouiller les petons. Sans vergogne, une onde tropicale rebelle s’est mise dans la tête de traverser l’arc antillais. Elle a bien perturbé les îles françaises, les arrosant copieusement…. Arrivée chez nous, vraisemblablement à bout de souffle, elle n’a déversé sur nos têtes ravies qu’une belle, bonne, fraîche pluie bienfaisante, juste assez pour redonner le sourire à nos jolies fleurs, 3 petits tours puis s’en est allée. Mais, elle a fait des émules la bougre et une autre onde tropicale, sortie du Cap Vert il y a quelques jours, a l’air bien décidée, elle aussi, de venir nous faire un petit coucou mouillé. Je la guette du coin de l’œil et vous dis ce qu’il en est.

En attendant, mon breton de mari qui, décidément puise son inspiration dans la mer, ou tout près, nous offre une belle balade au coeur de son refuge de prédilection, là où les barques indolentes lui offrent ses plus beaux sujets, la plage des pêcheurs. Des paysages grandioses avec l’océan en toile de fond, des scènes de vie ravissantes, des bouilles sympas, des touristes aux anges, des pêcheurs souriants, leurs mômes toujours prêts à rendre service et même l’ami Sandro, le boss du O’Grill et du XO en plein marché…. Bonne balade.

photos michelvoleau.wordpress.com

Coup d’oeil vers le ciel ou….. vous savez quoi…..

 

…. Il y a 21 ans aujourd’hui, pile poil, je quittais définitivement la France, mon Alsace adoptive, ma jolie maison, mon job que j’adorais, ma famille, mes amis…. Je quittais tout ça pour une autre vie que je devinais plus riche et plus heureuse, différente, je quittais tout ça pour les Caraibes…. St Barth, nous voilà, Claude mon mari, Eva mon amour de petite chienne, une ou deux valises, c’est tout….. L’aventure commençait. Et, pas un jour je ne le regrette, j’avais raison.

Mais en fait, je m’égare, je voulais simplement vous dire que depuis tout ce temps, depuis que les tropiques m’ont adoptée comme je les ai adoptés, je n’ai jamais vu de début de période cyclonique aussi calme et câline. Jamais. Et pourtant, Dieu sait que je l’observe le ciel. Trouillarde comme je le suis, il me semble qu’en fixant un vilain phénomène droit dans les yeux, j’ai le pouvoir de l’écarter de mon chemin. Foutaises vous allez me dire, peut-être mais jusqu’à ce jour ça a presque toujours fonctionné…..Or, cette année, j’ai beau scruter les sites spécialisés, écouter avec attention les commentaires des spécialistes, je ne vois rien….. Ni perturbation, ni onde tropicale, ni…. Rien quoi. Même pas les bons gros orages de chaleur de juin et juillet, pas de pluie, tout est sec et bleu et chaud et beau. Piscines et mer et air frôlent les 34 degrés, c’est juste délicieux. Maintenant, est-ce de bon augure, l’avenir nous le dira….. En attendant, profitons de cette période douce. Las Terrenas n’a jamais été si belle, les plages resplendissent et le village est plutôt coquet sans les vilaines pluies qui lui salissent les petons et remplissent ses caniveaux de plastiques et de papiers souillés.

Merci le ciel d’être si bleu, j’ai oublié ce qu’était un nuage….. Petite balade douce et sucré parmi de beaux ou d’insolites paysages.

Las Ballenas, ma plage.

Billet doux : la ronde des saisons …. chez nous….

En lisant mon dernier clin d’œil vous contant les cyclones et la saison cyclonique, vous pensez sans doute que notre beau pays où le soleil nous fait la grâce de briller chaque jour, ou presque, se contente de deux saisons bien distinctes, la saison cyclonique et la saison « douce »….. C’est d’ailleurs à peu de choses la version choisie par les sites officiels qui mentionnent une saison des pluies de mai à octobre et une saison sèche de décembre à avril…. Mouais….. un peu rapide comme constatation. En fait, après quelques années de vie sous nos tropiques, une évidence saute aux yeux, enfin sautille aux yeux, c’est pas vraiment tranché, pas vraiment net comme en Europe…. Mais quand même, après ces quelques années de vie ici, 21 en ce qui me concerne, de façon subtile mais certaine, on ressent la ronde des saisons un peu décalée peut-être.

L’automne…

Pour moi c’est la saison la plus différente, la plus agréable peut-être. Je ressens l’automne dans tout mon être. Après la chaleur suffocante d’un mois de septembre interminable, l’automne de Las Terrenas s’installe en octobre et suivra son petit bonhomme de chemin jusque fin novembre….Les températures se sont apaisées. Constantes, elles ne varient pas beaucoup du jour à la nuit et stagnent aux alentours de 28 degrés. La pluie, pernicieuse ou rebelle s’invite souvent dans le paysage. Les jours ont rétréci. Après un crépuscule éphémère qui ne dure que l’espace d’un souffle de papillon, la nuit, brutale, tombe vers 6h, 6h30. Un gros sommeil réparateur et le soleil ne réapparaitra que sur le coup des 7 heures. Le matin, tôt, une sorte de brouillard tout doux nous enveloppe dans le jardin. Le soleil se fait plus câlin, il teinte de façon délicate palmes et fleurs, soulagées de ne plus être la proie de ses rayons ardents. Les plages sont désertes, les touristes n’arriveront qu’en décembre et les chiens ravis de retrouver leur espace, batifolent dans les vagues….

L’hiver….

Décembre, janvier, février….. vous allez rire, mais parfois, on a vraiment très froid….. la température peut descendre jusqu’à 16 degrés durant la nuit. C’est une horreur, la piscine et la mer ne sont plus qu’à 25 et plus possible de se baigner sous peine de pneumonie….. Enfin en ce qui me concerne…. Pour lutter contre les frimas, je m’enveloppe dans deux, trois paréos et il m’arrive même de couvrir mes petons de grosses chaussettes et là, je rêve d’un vrai feu de cheminée. Mais en même temps, c’est la saison cocooning où il est agréable de se nicher dans de doux coussins pour lire plein de bouquins ou regarder béatement les télé-films de Noel à la télé. Les touristes sont arrivés pour le plus grand bonheur des commerçants et restaurateurs. Souvent, il pleut dans la journée, de belles averses par ci par là mais cette année, pas une goutte de pluie comme quoi, les pronostics à long terme ne sont guère fiables. Ici, tout change tout le temps et même s’il pleut très dru durant 10 minutes, le soleil, bougon d’avoir été dérangé mais pugnace et pas rancunier revient vite nous remonter le moral.

Le printemps….

Disons de février à mai….. Les thermomètres voient leur mercure s’affoler, ça grimpe, ça grimpe. Dame pluie boude et mon copain le soleil brille de mille feux, impatient de montrer toute sa splendeur des mois d’été. L’océan s’est bien réchauffé et ma piscine n’est pas en reste, elle frôle les 29 … presque supportable. C’est qu’on devient frileux à vivre sous les tropiques…. C’est la belle saison des splendides couchers de soleil où le ciel se donne en spectacle, rouge, rose, mauve, bleu…. symphonie sans cesse renouvelée….

L’été….

Ca cogne. Juin, juillet, aout et septembre. 30 à 35 degrés à l’ombre, bonjour les coups de soleil pour les imprudents badauds tout blancs….. D’autant plus que le long des côtes, sur les plages si tentantes, d’agréables alizés font croire à une température plus douce. Même pas peur, ils s’exposent, se tournent et retournent sur leur serviette, se baignent voluptueusement dans une eau à 32 degrés, se rallongent et…. se retrouvent couleur homard bouilli, le corps endolori….. Pas d’imprudence, même si les cocotiers et autres palmiers arborent de belles palmes toujours vertes, le soleil brûle et peut vous gâcher les vacances. Nous on sait, on bouge le moins possible et durant ces mois-canicule on reste bien sagement sous nos ventilos. Septembre est le mois de prédilection des tempêtes tropicales, voire des vilains cyclones mais ces phénomènes sous haute surveillance ne nous prennent jamais au dépourvu, ils sont prévisibles des jours, voire des semaines à l’avance….. L’idée étant de rester vigilant.

Alors il n’y a pas de saison ici….. Non mais. Il fait chaud l’été, doux en automne et au printemps et brrr… froid l’hiver. Et puis, ne vous fiez pas trop aux sites météos, il pleut rarement des journées entières, même si, bien sûr cela peut se produire. Un soleil resplendissant suit souvent un gros grain bien violent. Si le cœur vous en dit, chaque saison est belle pour découvrir notre splendide péninsule, vous n’avez aucune excuse. Belles découvertes à vous tous.

Semana Santa 2019 à Las Terrenas: de l’indolence à la décadence.

Voilà, c’est fini…. La terrible Semana Santa est passée ou presque. Les derniers fêtards se hâtent de boucler leurs valises et grimpent dare-dare dans leurs bolides pour rejoindre la capitale et leur plate vie quotidienne. Il faut dire qu’ils en ont profité. A pied d’œuvre dès vendredi après-midi, ils n’ont jamais relâché la bride et se sont donnés à fond dans l’orgiaque parenthèse de ce qui n’a plus de « santa » que le nom.

L’indolence

Et pourtant, vendredi en fin de matinée, juste avant le chaos, la plage des pêcheurs offrait encore aux badauds la quiétude de son rythme indolent. Ils étaient un peu plus nombreux les clients gourmands alors des petites mains habiles avaient été recrutées pour nettoyer les beaux poissons et faciliter la tâche des plus paresseux, des plus maladroits en leur offrant sur un plateau, filets tout frais ou darnes appétissantes.

La décadence

Puis, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ils sont arrivés, en masse tels des mouches sur un rayon de miel. Par milliers, les « capitalénos » se sont déversés dans le village à grand renfort de pots d’échappement et de décibels, envahissant le moindre centimètre carré de sable. Je tremblais pour notre pimpant petit chemin fraîchement refait en entendant le terrible hurlement de pneus brutaux crissant sur son délicat gravier. Les infrastructures de plages furent prises d’assaut, parquant les VIP derrière leurs barrières éphémères, canette de bière ou gobelet de rhum à la main. DJ et groupes en live firent leur entrée en fanfare. Mon château de feuille retentit alors jusqu’à pas d’heure d’une cacophonie sans nom née des différents sons de Las Ballenas, de Popy et du pueblo…. Mes chiens terrorisés étaient aux aboies….. et moi aussi, Tatoo tremblait de tous ses poils et Léo pour sa première Semana Santa aboyait comme un beau diable.

Dans la rue le spectacle était grandiose. Les yeux papillonnaient entre les grosses cylindrées à 2 roues, les monstrueux 4×4 aux jantes disproportionnées, les dragsters intergalactiques, les quads customisés…… et …….les formes généreuse dévoilées sur d’improbables montures ou sur le sable, de venus callipyges décomplexées, aux  énormes fessiers habilement botoxés ou naturellement celluliteux. On a beau dire qu’il en faut pour tous les goûts, on touchait du doigt la vulgarité vraie, proche de la nausée.

La Semana Santa 2019 était gratinée. En fait d’années en années, la notion de « sainteté » s’éloigne de plus en plus. Cette semaine tronquée qui ne démarre que le jeudi est devenue l’instant défouloir, le « spring break » des dominicains de la capitale (essentiellement), avides de la liberté et de l’excentricité qui leur font défaut le reste du temps. En même temps, alors qu’ici, les décibels écorchaient mes oreilles, à Paris des « gilets jaunes » en mal de notoriété pillaient des magasins en scandant à qui mieux mieux aux forces de polices affaiblies et à bout de nerf « suicidez-vous »…… A choisir, je re-signe pour 20 ans de plus et je reste dans mon paradis tropical un peu bruyant, un peu zinzin, pas toujours « catholique », parfois franchement décalé mais toujours bon enfant.

Un grand merci à Mimi mon photographe de mari pour les douces images de la plage des pêcheurs et de la foule derrière les barricades, à un anonyme de Facebook pour l’arrivée au Village des Pêcheurs et au talentueux Daniel Cremona, très inspiré par les formes voluptueuse des venus callipyges en herbe…..

https://www.youtube.com/watch?v=qGFGx-CCwSA&fbclid=IwAR0x8U0_iuyOKKhUwOy5MLsIEsBHaeJozTN8IVuF0pKGtRy2wwQjGS4MNGI

Mieux qu’un joli conte…. Une belle histoire de solidarité….

 

Il y a 16 ans, au hasard d’une balade, nous découvrions ce chemin presque secret, très bucolique, comme une parenthèse enchantée. Un petit chemin de traverse entre la mer et l’inconnu, presque entièrement bordé de cocoteraies, de champs de potirons, de terrains vagues squattés par des vaches maigres, quelques chevaux….. Coup de foudre. C’était le lieu idéal, idyllique petit nid douillet pour un joli château de feuilles….

16 ans plus tard, le chemin bucolique s’est métamorphosé en « avenue » très fréquentée. Les espaces sauvages ont fait place à des immeubles aussi hauts que les antiques cocotiers, des villas select ou pas, des lotissements serrés, serrés, des….. murs pour d’autres lotissements serrés, serrés…… et au milieu mon château de feuilles. La rue, idéalement située tout près de la mer et proche du village est le repaire de dominicains, français, allemands, espagnols, suisses, italiens, canadiens, américains, russes….Espace multi-color et multi-culturel, elle abrite tout en douceur et en harmonie des autochtones, des résidents, des oiseaux migrateurs, des vacanciers, des dominicains de la capitale en goguette…. mais aussi beaucoup de chihuahas, de chiens de coco rescapés, de bichons maltais ou pas, de bergers belges ou allemands…. sans oublier un bel escadron de pintades exubérantes, des poules insolentes, des oies et des canards….Bref, un joyeux remue-ménage. Et le chemin qui n’a d’avenue que le nom s’est tellement détérioré au fil des ans et des nouveaux venus qu’il en est devenu pratiquement impraticable…. Des trous, des bosses, des flaques, des tas de gravats, un chemin déplorablement écorché à vif. A pieds, dès qu’il tombe trois gouttes, on risque sa vie à chaque pas dans une boue épaisse et nauséabonde, en moto, la chute n’est jamais bien loin et en auto…. ah en auto….. bon, c’est sûr on n’est pas obligé de rouler dans une golfette toute blanche…. En l’occurrence la mienne, fort contrariée en a pété un câble, c’est le cas de le dire et m’a laissé en rade au beau milieu du cloaque…..

Mais, c’était compter sans la pugnacité d’un des nouveaux arrivants. Alain, à bout de nerfs a pris le taureau par les cornes et les riverains par la main. Comme un beau diable, en compagnie de Nilda, ils ont commencé leur périple en s’adressant tout naturellement à notre maire. Celui qui n’hésite pas à offrir au village la plus incroyable des portes d’entrée, qui aime les jolies choses au point de solliciter peintres en herbe ou artistes confirmés pour réaliser de ravissantes fresques sur chaque mur délabré … celui-là sera certainement partant pour réparer un chemin apocalyptique…. Ben non. Flop complet, monsieur le chef du village ne se sent pas concerné….. S’ensuit alors une course aux idées, aux entreprises d’ici ou d’ailleurs, aux devis sérieux ou fantaisistes. Nos deux compères, plus décidés que jamais ouvrent un compte commun et frappent aux portes des riverains…. Et, à coups de sourires, de charisme, de mots justes et de démonstrations pertinentes, le miracle se produit. Pratiquement toute la rue est OK pour participer aux frais de réfection de ce chemin-verrue pour un faire quelque chose de joli, solide et pratique. Ca prend des mois de galères et de réunions. Alain ne compte pas ses heures…..

Mais, nous sommes au bout du calvaire et à l’aube de la résurrection. Les travaux, colossaux, ont débuté vendredi 15 mars, notre samedi-détente s’est avéré fort bruyant. Les engins de chantier les plus sophistiqués s’étaient donnés rendez-vous devant notre porte pour notre plus grand bonheur. Car, oui, leurs pétarades tonitruantes, leurs accélérations saccadées et leurs coups de klaxon intempestifs nous étaient doux à l’oreille. Tout bientôt, je pourrai ressortir ma golfette capricieuse, ravie de découvrir pour la première fois de son existence commune avec moi un beau chemin lisse, propre, sec, délicatement enrobé de jolis gravillons.

Et voilà, toute l’équipe, sous l’oeil suspicieux d’Alain a bossé tout ce dimanche depuis potron-minet et ce soir à 6h, le miracle tant attendu. L’Avenida Los Corales, toute pimpante et proprette mérite enfin son nom, les arbres eux-même sourient de toutes leurs feuilles.

Encore un grand merci Alain et Nilda. Comme j’ai eu l’occasion de te le dire, Alain, beaucoup, et moi la première, sommes très fort pour râler et balancer nos mots d’oiseaux pour qualifier l’insupportable état de notre environnement. Mais, peu ont le courage et l’audace d’agir avec toute l’énergie que cela entraîne pour résoudre les problèmes. Une belle leçon de ténacité, de courage et une belle histoire de solidarité.

Délicieusement chaotique, la petite histoire de la Péninsule de Samana….

Au détour d’une balade-plaisir sur le net, aussi délicieuse qu’informelle, je suis tombée nez à nez avec le récit épique et savoureux de Susan Grady relatant un épisode oubliée de la péninsule de Samana. Il y est question d’Americanos de Cocolos, de pirates et même de Bonaparte.Et si la chronologie des faits est aléatoire, si le fil du temps se joue des dates et des siècles,  surfant à l’envi sur les circonstances, le récit haut en couleurs est définitivement bon enfant et plein d’intérêt. Je vous le restitue sans ambages, traduit de l’anglais par mes soins et avec mes mots. Bonne promenade.

Susan Grady était l’épouse de Dane Bowen, conseiller économique à l’ambassade des Etats-Unis de Saint-Domingue de 1974 à 1978. Au cours d’un périple dans le pays, par le plus grand des hasards, il arrive à Las Terrenas et tombe immédiatement en amour pour le délicieux petit village. En 1977, il y construit sa maison derrière l’actuel Casa Nina et devient le tout premier gringo à s’installer dans le village. Avec Suzan, ils y passent 3 mois par an de 1978 à 1999…

Susan nous raconte la péninsule.

Samana, les premiers balbutiements….

La péninsule de Samana occupe le quart Nord-Est de la République dominicaine. Luxuriante, mystérieuse, éblouissante, elle a été le témoin privilégié d’un moment oublié dans l’histoire du Nouveau Monde.

Dans les années 1820, des milliers d’esclaves américains se sont enfuis des USA et sont arrivés à Samana n’emportant dans leur maigre escarcelle que leur culture et leurs coutumes. Ces « Américanos « , nom toujours attribué à leurs descendants se forgent une vie tranquille et simple, bien loin du balbutiement du monde moderne jusqu’à la construction d’une route en 1969, reliant Samana au reste du pays. Anomalie culturelle, avant-poste protestant anglophone dans un pays catholique hispanophone, Samana abandonne cependant vite son identité de relique anthropologique lorsque les premiers visiteurs européens font leur apparition. La ville, la péninsule, la baie… Samana avec ses près de 150 kms de côte splendide possède tous les ingrédients pour devenir une superbe station balnéaire des Caraibes, ravissante et paisible blottie entre des montagnes à pentes douces et les eaux calmes de la majestueuse baie.

Très vite le gouvernement dominicain s’intéresse au fort potentiel de la région et dès 1970, Il élabore un plan de développement. La vieille ville en bois est détruite, à l’exception de l’église méthodiste et une nouvelle ville en dure est construite, incluant deux hôtels gouvernementaux. Cependant, l’engouement du gouvernement s’étiole aussi vite qu’il avait pris corps et ce sont des investisseurs privés qui reprennent les rênes.

Le meilleur moment pour ressentir l’émotion culturelle palpable à Samana se situe lors de deux événements religieux, la Semaine sainte juste avant Pâques et fin novembre lors de la célébration de Santa Barbara. Au cours de ces périodes, des milliers de paysans de la campagne viennent dans la ville qui prend des airs de Rio de Janeiro au temps du Carnaval. Il y a des processions, des danses, des jeux et des concours, certains en anglais, d’autres en espagnol et d’autres en créole haïtien, un mélange de mots africains et français. Le peuple s’amuse, rie, boit, chante, danse le meringue, la musique nationale dominicaine.

C’est en 1493 qu’a débuté l’histoire des interactions culturelles de Samana. La première escarmouche avec l’Europe eu lieu le 12 janvier 1493, lorsqu’une armée d’Indiens Tainos n’a pas hésité à tirer une pluie de flèches sur le navire de Christophe Colomb le forçant à rebrousser chemin. Le site où cela s’est produit, le golfe des Flèches ou Bahia de las Flechas se situe à environ 2 kms  à l’est de la ville de Samana.

La région était un repaire de pirates jusqu’à la création de la ville de Santa Barbara de Samana en 1756 par des habitants des îles Canaries, transportés sur le lieu par le gouvernement espagnol afin d’empêcher les Britanniques de s’y installer. Quand Haïti, qui partage l’île d’Hispaniola avec la République Dominicaine, a déclaré son indépendance de la France en 1804, de nombreux propriétaires de plantations françaises et leurs esclaves ont quitté Haïti et se sont à leur tour rendus à Samaná.

Et, c’est à Samana toujours que Napoléon Bonaparte avait pour ambition de construire une capitale pour son nouvel empire mondial. Il avait des plans pour une nouvelle ville qui s’appellerait Napoléon City, mais l’arrivée des  Britanniques a contrecarré ses plans. En 1822, Haïti envahi la République dominicaine et l’occupe pendant vingt-deux ans. Ce fut une occupation sanglante.

L’événement le plus important dans le développement de Samaná s’est produit à cette époque. Le leader d’Haïti, Jean Pierre Boyer, est entré en contact avec des groupes abolitionnistes à Philadelphie, en Pennsylvanie, aux Etats Unis et a payé de grosses sommes d’argent pour qu’ils envoient à Samaná par bateau tous les esclaves libérés qu’ils pouvaient. Il a également payé leur réinstallation à Samana, prétextant qu’il voulait aider les esclaves à obtenir leur liberté, mais en fait ayant seulement comme ambition cachée de tenter de  repeupler cette zone sur laquelle il avait pris le contrôle avec des gens qui le soutiendraient. Près de six mille anciens esclaves ont fait le voyage des États-Unis à la République dominicaine. Beaucoup sont morts à Samana ou sont retournés aux États-Unis ne pouvant s’adapter aux changements climatiques et culturels. Environ deux mille d’entre eux sont restés à Samana et ont prospéré.

Sur place, ces immigrants ont conservé leurs traditions culturelles. Ils dirigeaient leurs propres écoles et entretenaient des églises protestantes (principalement méthodistes). Rafael Trujillo, dictateur de la République dominicaine de 1930-1938 et 1942-1952, n’a pas aimé l’indépendance culturelle de Samana. Il a introduit la langue espagnole dans Samana et a forcé le peuple à la parler. Quiconque était suspecté de parler anglais était abattu publiquement. La plupart des gens de Samana aujourd’hui sont bilingues. L’anglais parlé est un anglais familier, celui pratiqué par les esclaves dans le sud des États-Unis il y a un siècle. Beaucoup d’Americanos ont des fermes dans de petits villages de montagne dans toute la péninsule de Samana. Ils cultivent des noix de coco, du café, du cacao, des mangues et des agrumes qu’ils vendent.

De retour à Las Terrenas

En 1824, un navire, le Turtle Dove, rempli d’esclaves libérés des États-Unis a quitté Philadelphie. Le navire avait été acheté par deux sœurs protestantes du nom de Freeman qui étaient de la foi religieuse quaker protestante. Le navire naviguait vers le Libéria, un pays d’Afrique de l’Ouest fondé par des esclaves américains libérés en 1820. Il y a eu une grosse tempête dans l’océan Atlantique devant Las Terrenas et le navire a coulé. Les esclaves libérés ont alors nagé vers Las Terrenas. Ils parlaient anglais. Leurs arrière-petits-enfants vivent encore à Las Terrenas et parlent la même langue. On les appelle cocolos. Le dimanche, vous pourrez assister à un service religieux dans une église épiscopale méthodiste africaine (AME) dans le village d’El Limon près de Las Terrenas. Vous y entendrez des gens chanter des hymnes spirituels américains en anglais.

Entre la Première et la Seconde Guerre mondiale, une famille polonaise-juive nommée Paiewonsky a acheté beaucoup de terrain à Las Terrenas. Ils ont construit des magasins généraux dans toute la République dominicaine et sont devenus très riches. Dans les années 1940, ils ont amené un dominicain nommé Señor Peña de Puerto Plata pour travailler pour eux sur leur ferme. Il est venu en bateau de Puerto Plata à Las Terrenas. (Il n’y avait pas de route sur la montagne de Sanchez à Las Terrenas jusqu’en 1969.) En plus des fruits et légumes, cette famille juive avait des plantations de noix de coco, de cacao et de café pour l’exportation.

En 1955, Señor Gigillo Espinal, né à Sanchez, est venu travailler à Las Terrenas pour la famille Paiewonsky. En 1975, il avait une petite épicerie (colmado) entre Las Terrenas et El Portillo. En 1977, il a déménagé son magasin à Las Terrenas sur la plage à côté du poste de police, vous y trouviez du riz, des haricots noirs, de la morue séchée et du rhum.

Le premier mécanicien de Las Terrenas, Señor Ezequiel (Sequiel) Lara est venu de Samaná le 15 août 1971. Employé par la famille Paiewonsky, M. Lara a ouvert son propre atelier de réparation automobile en 1981 à Las Terrenas.

En 1975, Las Terrenas était un petit village d’agriculteurs et de pêcheurs. Tout le monde parlait espagnol. Las Terrenas n’avait pas de magasins, pas de station-service, pas de glace, pas d’électricité, pas de téléphone, pas de voitures, pas de motos, pas de bureau de poste, pas de journaux et pas de touristes. Las Terrenas était très belle et calme. La route de la montagne de Sanchez à Las Terrenas construite en 1969 était complètement délabrée et il a fallu attendre 1989 pour qu’elle soit réparée.

Il n’y avait pas de route pour Playa Bonita et Playa Coson en 1975. Un bucolique chemin de terre traversant la plantation privée de noix de coco de Señor Maximo Galvan menait à ces sublimes plages. Señor Galvan outre sa plantation possédait le plus grand magasin général de Sanchez. Il s’appelait Casa Galvan.

Ce n’est qu’en 1994 qu’une entreprise dominicaine privée a apporté de l’électricité au village. En 1997, un système public d’alimentation en eau a été installé, apportant de l’eau d’une grande rivière dans les montagnes à des maisons et des entreprises individuelles. Le bureau téléphonique a ouvert ses portes en 1991.

 

Bref historique de Las Terrenas (2012)

Dr Miguel Polanco – médecin 1973

Dr Raul Languasco Chang – avocat de Sanchez 1977

Sequiel (Ezequiel) Lara – mécanicien automobile 1977

Clinique 1973

École primaire dominicaine 1977

Gigillo Espinal colmado et bar 1977 . Plage à côté de commissariat de police

Le restaurant de Membre Du Congrès américain Donald Jackson en 1977

Club Las Terrenas Hôtel – Maintenant Tropic Banana d’Hôtel 1977  construit par Jeannot Desdames (français) et Kayanna Kuhlman Desdames

El Reposo Hôtel en 1977, devenu Las Cayenas Hôtel

Hôtel Atlantis Playa Bonita 1981

Hôtel El Portillo 1982

Restaurant Señor Gigillo’s – Restaurant Diny 1982

Restaurant Chez Paco – à côté du cimetière 1983

Les journaux dominicains livrés pour la première fois en 1983

Film sur Christopher Columbus tourné de janvier à avril 1984 . Producteurs américano-italiens

Ouverture de l’école française 1986

Ferretería Polanco – première quincaillerie 1988

Pharmacie 1991

Bureau téléphonique Mai 1991

Station d’essence 1992

Électricité 1994

Eau 1997