Et même s’il a décidé de vivre en Afrique, pays qu’il chérit tout particulièrement, Alexandre n’a pas oublié notre île et l’Amérique Latine chère à son coeur. Il nous livre ses réflexions acidulées inspirées par la mort du Comandante.
Atmosphère
Toute la pluie tombe……
Et oui, chaque année au mois de novembre, c’est la même rengaine, c’est la chanson de la pluie….. Et chaque année, il pleut plus ou moins. Et bien, cette année, c’est plus! Impressionnant la quantité d’eau qui nous est tombée sur la tête depuis quelques jours. Et ce matin, ça battait tous les records dans un concert assourdissant de grenouilles effrontées, totalement excitées par la belle aubaine. Je ne rêve pas, elles se fichent de nous les chipies et entonnent sans discontinuer leur mélodie du bonheur. Piscine à ras bord (pas question de faire mes 60 longueurs ce matin, glagla, c’est qu’en plus c’est frisquet…..), WC à ras bord, douche…. à ras bord…… Pas très glamour l’histoire. Mais face à ces petits tracas domestiques tellement anodins, je pense bien fort à tous ces pauvres gens au village qui n’ont pour se protéger que quelques tôles rouillés, quelques planches de bois toutes de guingois…. Heureusement, à Las Terrenas, en tout cas, la solidarité est très forte. On s’aide entre voisins, copains, entre étranger et dominicains et demain, quand le soleil remontrera le bout de son nez, les tôles seront colmatées et tant bien que mal, à l’intérieur de la petite case toute de bric et de broc, la vie reprendra son cours…..
Balade au village
Ca faisait longtemps ! Mais aujourd’hui, c’est décidé, je prends mon « courage » à deux mains et je vais me balader au village. Comme ça, sans but, histoire de prendre l’air et d’emmagasiner quelques belles images. On est fin octobre, et, oui, le temps est capricieux. Il peut nous tomber des averses d’un autre monde sur la tête. 5 minutes plus tard elles laissent la place à un ciel tout bleu. C’est comme ça chez nous. On passe du coq à l’âne d’un clignement de cils et c’est bien. C’est ce qui étonne souvent les gens de passage. Faut dire que dans l’est de la France (mon ex chez-moi), quand il pleut, il pleut et pis c’est tout, c’est parti pour des jours et des jours moches…. Mais revenons à nos moutons. Départ donc à 10h pour « l’aventure ». Allez, je gare ma petite auto bleue devant l’ayutamiento. Zut, il pleut. Pas grave, je ne vais pas fondre et je continue gaiement mon chemin. Première halte dans une petite boutique d’électro-ménager sur la droite, j’ai besoin d’un bon tire bouchons. Il y a pleins de trucs, robots, mixers à mains ou électriques, des louches, des égouttoirs, de la vaisselle, une planche à repasser. Je trouve mon tire bouchons mais, pas de chance la dame de la caisse n’a pas de monnaie. On va pas se prendre la tête pour ça, je vais bien trouver quelque chose à acheter en chemin et je reviendrai.
Le « centre commercial » juste avant Lindo commence à se remplir tout doucement et parmi les boutiques, une belle surprise. ART NATIVO est un magasin de meubles différents. Un brin fouillis, c’est vrai, mais on y trouve des pièces étonnantes, de grandes tables solides, composées de bois bruts, magnifiques, des tables plus petites, délicates, des chaises, des meubles de rangements, des fauteuils. La boutique appartient à deux dominicains, ébénistes de métier, hyper créatifs et astucieux. Après avoir passé un long moment en Espagne, de retour dans leur pays natal, ils ont eu l’idée géniale de monter un atelier et de proposer, enfin, des meubles inattendus, pièces uniques le plus souvent faites sur commande. Depuis peu, ils ont ouvert cette vitrine au cœur du village, histoire de toucher le plus grand nombre. Ils sont capables de réaliser en un temps record le moindre de vos désirs de bois. Tel. (Isaac) 829 619 3465 ou (boutique) 809 909 9941.
Tiens comme je suis dans le coin, je vais aller faire une bise à Geovanny de Los Santos. Ce jeune homme talentueux, danseur de son métier vient tout juste d’ouvrir une école de danse à Las Terrenas, au-dessus de la grande boutique de farces et attrapes, à l’angle de la rue principale. Artiste complet, c’est à Santo Domingo qu’il a appris et exercé son Art et c’est Bruno, mon coiffeur fétiche qui nous l’a chipé rien que pour nous. Danseur classique, mais aussi chorégraphe de talent, il a fait les beaux soirs de nombreux cabarets, établissements et événements de prestige de la capitale. Son école de danse qui a ouvert ses portes le 10 octobre propose à ses élèves des cours très approfondis de ballet, jazz, hip hop, bachata, salsa, merengue, zumba….. en groupe ou en privé. Bien sûr, Geovanny et son équipe sont également à votre disposition pour organiser avec talent et fantaisie vos soirées. Tel. 829 678 7442.
Il y a à Las Terrenas des endroits incontournables qui existent « depuis la nuit des temps »….. Parmi eux, NATIV ARTE, une belle et surprenante boutique de cadeaux en tous genres. Depuis quelques temps, une jeune femme dominicaine Jennifer nous y accueille avec beaucoup de gentillesse et un grand professionnalisme. Dans son incroyable caverne d’Ali Baba ou règne un délicieux fouillis, des milliers de petits objets artisanaux, rigolos, colorés, utiles, beaux, bons, sympas…nous font de l’œil. Il y en a partout, du sol au plafond, dehors, dedans. Des objets décos haitiens aux couleurs acidulées, des statues tainos, plus vraies que nature, des paniers petits, minis, grands, de paille, de cocos, des paréos, des petits pots, des animaux taillés dans du bois, des lampes, des abat-jour, des callebasses pour les oiseaux mais aussi des bijoux jolis, des tongs, des maillots de bains, des panamas, de l’huile de coco naturelle, du miel…. La folie, j’adore. Nativ’Arte se situe Calle Duarte, entre la Banque Reserva et l’entrée de la Résidence du Paseo.
Voilà, acheté deux mangues pour avoir de la monnaie, payé mon tire bouchon, grimpé dans mon auto, ri Calle Carmen en voyant un jeune homme très fier se balader fier comme Artaban, très droit, très digne avec son coq de combat dans les bras…. Rejoint Mimi et Tatoo et direction La Ola. Ca faisait longtemps, faut dire que je ne sors pas tous les jours de ma tanière. Elle fait des efforts Christine pour fidéliser et satisfaire sa clientèle. Son petit resto, au bord de l’eau, au tout début de Las Ballenas est toujours aussi propret et sympa. A la carte, l’aioli, sublime, l’assiettes de langoustines, copieuse et succulente, le vol au vent de la mer, le mandongo……et depuis quelques temps de véritables galettes bretonnes de sarrazin, complète avec œuf et fromage ou à votre convenance, servies avec une très bonne salade et, surtout, le hamburger de la mer. Je suis venue tout spécialement pour lui, petite nostalgie du filet O fish de Mac Do, de quand j’étais jeune. Waou !!! C’est super bon. Un vrai hamburger garni d’un moelleux filet de daurade, d’une tranche (ou pas) de fromage, d’une feuille de salade fraîche et d’une sauce aioli maison absolument parfaite. Des frites (avec modération) et voilà un super bon repas sans chichis et sans prétention mais différent et savoureux. Bravo Christine. La Ola est ouverte à l’heure du déjeuner, une petite halte détente juste en face de la mer.
Etno Mix 2016, cuvée royale.
Je me souviens de ce beau dimanche, 3 ans déjà…. une parenthèse enchantée avec des gens charmants. Après une petite interruption Etno Mix revient cette année, plus en forme que jamais. Ca, c’était en 2016… A la suite de ce souvenir joli, quelques images d’Etno Mix version 2019, festival de couleurs et de saveurs dans une ambiance chaleureuse et un décor de rêve.
Belle ambiance et bonnes grillades au stand français.
Chaque année, en octobre, à Playa Popi, une fête met la diversité culturelle de Las Terrenas à l’honneur. C’est l’occasion pour toutes et tous de se rencontrer et de découvrir des spécialités des diverses nationalités constituant l’étonnant patchwork du village.
La plage se transforme alors en un immense campus coloré, abritant de jolis pavillons chatoyants. La 8ème édition est une totale réussite. Dans une ambiance conviviale et bon enfant, des centaines de personnes ont répondu présent. Les badauds ébahis se baladent au milieu des stands décorés avec amour les transportant en un clin d’œil en Haiti, au Chili, en République Tchèque, au Mexique, en Argentine, Italie, aux Etats-Unis, en Belgique, en France ….. et bien sûr en République Dominicaine. Objets artisanaux, jolis bijoux et surtout gastronomie de chaque contrée, on n’a pas trop de toute l’après-midi pour en prendre pleins les yeux et les papilles. Les enfants joyeux se font maquiller et le soir, c’est musique et danse sur le podium géant face à la mer. Un grand bravo aux organisateurs et à tous les bénévoles animant avec sourire et gentillesse les différents stands.
Un clin d’œil particulier à Rachel et Philippe, Isabelle et Simon qui ont partagé avec nous et Tatoo un délicieux moment bien arrosé au stand français, drivé de main de maître par Thierry, Marc, Claude et Manu mais aussi Sandrine, Maryse et tous les autres que j’oublie sans doute. Et si ce n’est pas déjà fait, précipitez-vous, la fête se termine ce soir dimanche et il faudra attendre toute une année pour revivre ces moments rares.
Et maintenant 2019, CLIQUEZ sur le lien ci-dessous, bonne humeur assurée. Merci Alex et Fred.
Merci à William Mateo pour cette jolie photo
Un petit coup d’oeil vers le ciel.
Très important en cette période de ne pas oublier de jeter, de temps en temps, un petit coup d’oeil sur la météo. Attention, pas de scénarios catastrophes avant que cela ne soit nécessaire. J’ai vu sur le net ce pauvre Gaston (qui n’est pas encore né à l’heure qu’il est) menacer notre partie du globe des pires catastrophes. On se calme, pour l’instant, Gaston n’existe pas en tant que tel, ce n’est qu’une onde tropicale, c’est à dire un amas nuageux assez bien formé qui, à l’heure où je vous « parle » n’a que 30% de chance de se transformer en quelque chose de plus méchant (trajectoire orange sur le cliché). Il est cependant suivi de près par une autre vilaine chose qui elle, a 50% de chance de nous perturber (trajectoire rouge). Rappelons que l’une des conditions pour que ces perturbations prennent de l’ampleur et nous pourrissent la vie est la température de l’océan, au moins 26 degré sur une profondeur de 50m. Bon, c’est vrai, l’eau est très chaude en ce moment, alors on croise les doigts, on n’oublie pas de regarder les petits monstres dans les yeux, histyoire de les effrayer un peu et on reste serein. Beau dimanche à tous.
La nouvelle vie de Sophie
Un an déjà que jolie Sophie mène une nouvelle vie sous le ciel de St-Tropez. Je lui parle de temps en temps, du village de ses toutous en pension chez Enrique. Elle nous manque et on lui manque tous, à commencer par son petit village, sa plage, ses balades avec ses chiens. A bientôt peut-être Sophie. On t’aime.
Elle appartient au cercle restreint de mes amies, même si on n’est loin de se voir chaque jour. Et pourtant à chaque rencontre, à chaque petit moment passé ensemble, pour le boulot ou pour le plaisir, c’est un bonheur immense. Elle m’a appris pleins de choses. Artiste au vrai sens du terme, tant, par son immense talent empreint de poésie que par sa vie un brin bohème, elle a accepté de partager avec moi, un tout petit bout de son savoir et je lui en suis immensément reconnaissante. Sophie, 33 ans passés, non-stop, à Las Terrenas. Elle fait partie intégrante du paysage du village. Et pourtant, pour pleins de raisons qui lui sont propres, Sophie a décidé de nous quitter et de repartir vers un autre village bourré de charme, son village, St-Tropez. Elle va nous manquer, ça c’est sûr, même si elle a promis de revenir très vite en vacances….. On dit toujours ça ! Bref, j’ai eu la chance de prendre un dernier verre avec elle, avant son départ et, presque timidement, elle m’a demandé de faire part de son départ à tous ceux et toutes celles, dominicains ou étrangers qu’elle n’aura pas eu le temps de saluer avant son envol vers son autre vie. Voilà qui est fait, Sophie vous embrasse tendrement et vous gardera pour toujours dans son cœur. Bye ma belle, profite bien de ta nouvelle vie et si tu en as le courage, envoie un petit mot de temps en temps, nous te le renverrons avec plein d’amour et de bonnes vibrations terreneriennes. On t’aime Sophie !!!!!!
Entre deux gouttes de pluie….
C’est vrai, je l’avoue, ce mois d’août est plutôt, disons…. pluvieux! Pas un jour sans qu’il nous tombe une averse sur la tête. Pas commun, je ne crois pas me souvenir d’été aussi merdique. Pauvres touristes, pas de chance…. Parce que pour nous, chaque goutte de pluie bien fraîche qui nous tombe sur la tête …. et sur le moral…. refroidit l’océan et éloigne les cyclones. Et oui, à quelque chose malheur est bon. Je ne voudrais pas passer pour une chipie, mais je vois la pluie d’un oeil différent des touristes ou des résidents tout juste arrivés et anxieux de voir un temps mitigé. Bon en même temps, pas de panique, le ciel de plomb fait immanquablement place à un superbe ciel bleu qui fait vite la place à un ciel…. Bon j’arrête. En attendant, entre deux gouttes de pluie, un petit tour sur la plage avec Tatoo qui s’est déniché une belle troupe d’amis. Toujours peur, il a tellement l’habitude de partager sa vie avec ses 9 frères et soeurs qu’il ne se rend pas compte qu’il est beaucoup plus petit que ces vagabonds de la plage, mais je garde un oeil sur eux de loin et visiblement tout se passe bien. Font tous pipi sur le tronc d’arbre et le vainqueur sera le dernier, et le vainqueur est… Tatoo. Bien sûr. Un petit coucou à Eliot qui a bien aimé les aventures de Tatoo et de sa bande de copains.
Un dernier hommage à Paco sur la plage….
Parce qu’il aurait aimé qu’il en soit ainsi, Sarah a rouvert le Pacomer. Et, sur la table où Paco avait pour habitude de diriger son petit monde, entouré de ses coquilles, ses oursins, ses carapaces de crabes et autres objets aussi improbables qu’insolites, tous chers à son cœur, un petit être, malheureux comme une pierre refuse de quitter la place. Son petit chat. Depuis plusieurs années il partageait sa vie, choyé, dorloté, câliné par un Paco qui lui accordait toute sa tendresse. Petit chat est malheureux.
Un dernier hommage, en toute simplicité, sera rendu à Paco par sa famille au Pacomer, dimanche prochain, 7 août à 15 heures. Une belle occasion de montrer à cette figure du village que nous l’aimons et qu’il restera gravé dans nos cœurs. Cantuta et ses enfants, Pirouli, Sarah, Diego et Sasha comptent sur votre présence pour un petit moment de recueillement et d’amitié.
On est en plein dedans….
…. mais jusqu’à présent, pas de bobo. Mais je veux parler de la saison cyclonique bien sûr. J’espère que vous avez suivi mes conseils et que, chaque jour, vous faites un petit tour sur les sites spécialisés pour voir l’état de ciel au-dessus de l’océan. En ce moment, deux ondes tropicales jouent à chat perché au-dessus de l’Atlantique. Pas vraiment turbulentes pour l’instant, la première risque cependant de mouiller nos amis guadeloupéens et martiniquais ce week-end, et nous en début de semaine si il lui prend l’envie de poursuivre son chemin. La seconde un tout petit peu plus rebelle, la suit de près, mais ne vous inquiétez pas, je garde un oeil sur elle. En attendant, profitez du soleil et du ciel bleu de Las Terrenas, la mer est délicieuse et le sable chaud si doux sous nos petons.
Adieu Paco
Il faisait partie des « vieux » de Las Terrenas, un des tous premiers amoureux de notre petit village du bout du monde. C’est lui qui en créa le premier resto, « Chez Paco », vite rebaptisé par son pote Michel, arrivé tout droit de Rio, « Pacocabana ». Un personnage ce Paco, pas franchement jovial, un peu bougon, un peu renfermé, un brin original, franchement décalé. Mais nous l’aimions, je l’aimais comme il était avec son caractère de cochon et ses sempiternelles chamailleries avec Sarah qui fut son épouse et demeura son amie, son alliée. Je l’aimais lorsqu’en duo de frères ennemis, pour rire, il se prenait le bec avec Michel, alors qu’ils ne pouvaient se passer l’un de l’autre bien longtemps. Je l’aimais parce que comme moi, solitaire, il éprouvait une véritable délectation à se plonger dans la lecture, que nous nous échangions des livres et en parlions longuement. Parce que, grand enfant, il vouait une passion à Tintin et en connaissait par cœur toutes les aventures. Parce que c’était le seul homme que je connaisse aussi fan de la Musique Inca et sa flûte de pan….. Paco fut et restera une image de Las Terrenas, du Las Terrenas d’il y a 25 ans mais aussi du Las Terrenas d’aujourd’hui. C’est grâce à lui et à son intuition que la plage des Pêcheurs accueille aujourd’hui toute une ribambelle de petits lolos sympas, il en fut le précurseur avec son « Pacomer », les pieds dans le sable, de délicieux petits plats de poisson dans les assiettes.
Tu nous a quitté cette nuit, Paco, sans faire de bruit, je reconnais bien là ta discrétion et je te souhaite un beau voyage tout en quiétude dans l’au-delà. Et même bien loin, tu n’as pas fini de partager notre vie.




































