Je me souviens de cette fille qui ne rêvait que de vacances au bord de la mer. Les vacances c’était tout pareil que dans la chanson de Michel Jonaz « on allait au bord de la mer », tout pareil mais ce n’était pas triste,bien au contraire. J’en garde après tant d’années un souvenir fabuleux. J’y ai passé des moments inoubliables, ai connu mes premiers émois d’adolescente amoureuse, ai rencontré mon « premier » mari…..C’était beau.
Escapade au Grand Bahia Principe de Portillo
Vous allez me dire, et, c’est vrai, qu’en certaine circonstance, on trouve les choses plus belles….. Je n’avais pas vu mes nièces chéries depuis…… plus de 13 ans et ma petite Tess (elle, c’est carrément ma petite-nièce) devait avoir 5 ans à mon dernier passage en France. Oups, elle a bien changé. Une pure merveille.
C’est gentil, elles ont décidé de venir rendre visite (ENFIN!!!!!) à leur tata. Question pratique, question rapport qualité/prix,( vu qu’ils arrivaient à 5 et que je ne pouvais malheureusement pas tous les accueillir chez moi) la famille a opté pour une semaine en all-inclusive au Grand Bahia Principe de Portillo. Au début je trouvais cela bizarre, mais bon….. Puis, l’idée m’est venue d’aller passer quelques jours avec elles…..

détail sympa, les petites clochettes qui récupèrent l’eau des gouttières pour arroser les luxuriantes plantes tout en douceur.
A mon arrivée, j’ai failli prendre les jambes à mon coup….. Certes, le gigantesque hall de réception est grandiose, accueillant, un décor exquis, plein de petits détails rigolos, un jardin splendide, un personnel aux petits soins, mais……. des centaines de gens sur la plage…. Le sable jonché de touristes….. ravis de se chauffer au soleil de fin octobre, un ou deux verres (gratuits) à la main…. Pas ma tasse de thé, habituée à ma jolie et presque toujours plage déserte de Las Ballenas…..
Puis, je les ai vues et tout a changé. D’abord, beaucoup de gens certes, mais polis et bien élevés, loin de l’image que l’on se fait d’une foule en délire. Quelques animations près de la piscine,mais rien d’extravagant, pas de musique tonitruante ni de gosses braillards,juste le sable blond et la mer à perte de vue et dans la mer……. mais oui, plein de poissons multicolores, là à deux mètres de la plage. Rien que du bonheur. Et puis la petite paillote tenue par Euclide juste derrière nos transats, les mojitos, servis à profusion….. Une véritable découverte, je vous dis! Il y a plein de restos dans l’enceinte de l’hôtel, et sans exagérer, la nourriture est succulente. Jamais vu des buffets aussi variés, frais, changeant à chaque repas, sans parler du petit resto italien ou le gastro francais très gourmand. Partout des nappes blanches, des serveurs au garde à vous, tout est propre et de bon goût.
Côté hébergement, petit bémol.D’abord, dommage, aucune chambre ne donne sur la mer, la plage étant réservée aux infrastructures, restos, piscines, etc…. La déco vieillotte est sans charme, la baignoire à bulles un véritable enfer, la clim mollassonne et le ventilo diabolique (n’est-ce pas Faby)…. mais très propre et pratique.
Bref…… pour un budget raisonnable et un temps de vacances plutôt court, cet all-inclusive est très agréable. Bien sûr, et en tout premier lieu parce qu’il est le seul. Je ne vois pas Las Terrenas envahi par ces structures géantes. Un bon point au Bahia Principe, mais à la seule condition d’oser s’en échapper pour prendre le temps de découvrir le village, histoire de ne pas repartir idiot.
A bientôt mes puces, revenez vite!
C’était avant……
Bien sur, beaucoup d’endroits dans le monde ont suscité ou suscitent de réels engouements. Plages immenses et désertes, cabanes de guingois au charme fou, douceur de vivre au rythme des tropiques…. On est envoûté, mais, souvent, on se lasse et l’on retourne vers son pays natal….Or, la majeure partie de tous ces précurseurs, de tous ces francais qui, un beau jour, il y a 40 ans ont découvert ce petit coin de paradis qu’est Las Terrenas, sont restés ancrés ici, certains à temps plein, d’autres une partie de l’année, amoureux comme au premier jour du village, de la beauté de ses paysages, de la nonchalance du quotidien, de son humanité.
Parmi eux, Michel Voleau (Mimi) nous raconte ses tous premiers jours dans ce village étonnant qui n’était alors qu’un hameau de pêcheurs, il nous livre ses premières sensations, ses émois, qui ont marqué définitivement un virage dans sa vie de baroudeur.
1975….
Le tout premier « gringo » tombé sous le charme de Las Terrenas est Jean Desdames, dit Jeannot el Francese. Marié à une américaine, fille de l’ambassadeur des USA à Santo Domingo, c’est un peu par hasard qu’il est arrivé jusqu’ici. Mais, c’est en toute connaissance de cause qu’il s’y est implanté. Avec son copain René Techer et sa femme Anny, il crée le Tropic Banana.
Le Tropic Banana
Très vite, la réputation de douceur de vivre de Las Terrenas franchit l’océan et les premiers francais, avides de changement débarquent. Le Tropic Banana devient leur refuge et leur point de ralliement. Hôtel de charme et bar « à la mode », les « anciens » aiment à se remémorer les soirées inoubliables passées a faire la fête au son de l’orchestre de Coseco et de Papon (mais oui,celui qui fait griller de cochon chez Sandro, le dimanche). Les grands jours, Mariana Vanderhorst (madame le maire) et ses soeurs enflamment le public dans un incroyable show. Les grandes bières et les Cuba Libre coulent à flot et les soirées s’éternisent jusqu’à pas d’heure.
Autre rendez-vous incontournable de ce temps cher au coeur de Michel, le Nouveau Monde et son mélange insolite de nationalités, de sexes et d’âges. Bon, c’est vrai …. les soirées interminables, un peu trop arrosées, se terminent souvent en bagarres générales, toutes nationalités et tous sexes confondus…..
Les premiers commerces
C’est Claude Breard, aujourd’hui décédé et son épouse Bernadette (pharmacie du Paseo) qui eurent l’idée lumineuse d’ouvrir la toute première boutique « chic » au village: La Gâterie face à l’actuel Paseo. Bien achalandée grâce à des produits inédits à l’époque, dénichés à la capitale, elle fit très vite le bonheur des expats de tous poils. Fanfan et Hélène ouvrirent la Salsa au Village des Pêcheurs, Paco et Sarah, sa jeune femme dominicaine fondèrent le Pacocabana, d’autres, comme Anne et Stéphane choisirent d’installer leur petit lolo à la Bonita.
Atmosphère bohème
S’il n’y avait pas de route goudronnée, pas d’électricité, pas de téléphone, peu d’autos à part une ou deux guaguas brinquebalantes qui réussissaient bon an, mal an, à se trainer jusqu’à Sanchez en empruntant une piste improbable, la vie était délicieusement douce dans ce petit village éloigné de tout. Bermudas décontractés, paréo pour Michel débarqué du Brésil, les pieds nus… on vivait d’un rien sans vraiment se soucier du lendemain. La jeunesse dorée de Santo Domingo fut très vite attirée par cet endroit qu’elle connaissait peu, par ses plages magnifiques, ses paysages paradisiaques et surtout par ces francais d’un autre monde et leur cuisine si « exotique », véritable choc culturel, exquise découverte. Parmi les afficionados, Pedro Quatrain, Oscar Orsini, Litvinnof Martinez ou encore Miguel Polanco que Michel appelait amicalement « le meilleur couturier du monde » vu la qualité des délicates « réparations » qu’il effectuait jour et nuit sur ces fous d’étrangers. Sans oublier le seul juge-avocat-notaire de l’époque Raoul Languasco, figure incontournable, un brin fantasque, que tout le monde connait à Las Terrenas
L’école francaise
Peu à peu, la vie s’organisait, de jeunes couples débarquaient et ….des enfants naissaient. L’idée d’une école se transforma bien vite en réalité. Une petite cabane de bois à l’emplacement de l’actuel Paseo accueillit bientôt 4 ou 5 bambins . Les cours du CNED y étaient dispensés par des répétiteurs recrutés parmi les nouveaux venus. L’Ecole Francaise était née. Elle fut le véritable déclencheur de l’arrivée en masse des francais à Las Terrenas, puis d’autres nationalités, hollandais, anglais, allemands, espagnols, américains et canadiens….
Conscient de l’incroyable attrait de l’endroit, Michel, bien avant de devenir le roi de la nuit avec son incontournable bar Le Syroz, s’improvisa agent immobilier, le tout premier au village. La cohabitation entre dominicains et étrangers se passait à merveille, sans heurts et dans le plus grand bonheur. En 1994, Oscar Orsini, afficionado des premiers jours créa Luz y Fuerza et donna la lumière à Las Terrenas. Les commerces et services se multiplièrent, les cabanes du Village des Pêcheurs s’inventèrent une nouvelle vie, les restos fleurirent de partout, quelques routes en dur furent ébauchées ….la vie se structurait.
Et aujourd’hui…..
Selon le fameux Wikipidea, le village compte aujourd’hui 18.000 habitants, parmi lesquels 6.000 expatriés (1700 Français, 1100 Italiens, 700 suisses et belges, 700 Canadiens, 500 Allemands et les Anglais, Espagnol, Néerlandais, Américains …)…. L’ambiance y est toujours bon enfant et la cohabitation très sereine. Les routes sont toutes goudronnées, même si l’on y déplore parfois un manque certain d’entretien. La capitale n’est plus qu’à deux heures d’auto et un aéroport flambant neuf accueille les touristes à 20 minutes de chez nous. L’agence immobilière de Michel a fait de nombreux petits, trop sûrement, on en compte des dizaines et les restos pullulent, ferment, renaissent de leurs cendres, s’inventent une nouvelle vie, referment, se refont une beauté, rouvrent….. c’est drôle, le seul qui tient la route depuis des décennies est tenu par un dominicain, Luis, sur la merveilleuse plage de Coson…. A croire que tous ces étrangers n’ont rien à apprendre aux autochtones en matière de bons petits plats…..
Mais la vie est toujours belle à Las Terrenas et malgre certains inconvenients inherents a un developpement accelere, on se dit qu’on est quand même bien ici.
Minis homburgers au XO, rien que du bonheur
Ils sont tout petits, tout mimis….moelleux et croustillants à la fois, des oignons caramélisés, une vrai bonne viande goûteuse, juste bien assaisonnée. C’est pas trop et pas trop peu. Bref, j’adore les minis homburgers du XO. Et leurs frites maison, bien entendu….sans oublier un petit verre de rosé glacé. En prime un féérique, paradisiaque, fabuleux, extraordinaire décor et la gentillesse de Thierry et de Sandro, le sourire de Ghislaine et les facéties de Gipsy le nouveau petit chaton, hôte des lieux. A essayer d’urgence……..
Juste beau, le joyau du XO, son décor fabuleux.
Et puis…..
…. l’impensable est arrivé. En pleine nuit.Trois individus armés, sans scrupule ont gâché notre rêve…..
Rien ne pouvait plus être pareil.
Nous avons quitté notre petit coin de paradis et sommes rentrés……à la maison.
Fin de l’histoire.
C’est beau!
Au Brésil, les saisons sont inversées par rapport à la Rep. Dom., normal nous sommes dams l’hémisphère sud. Et oui, nous entrons dans l’hiver et, si les températures semblent nous prouver le contraire, madame la pluie se charge de nous le rappeler en se faisant de plus en plus présente, de plus en plus pressante. C’est simple, il pleut chaque matin, de bonnes grosses averses bien drues. Pluie abondante et marée d’équinoxe font la joie de mes 8 chenapans. En effet, la partie de la propriété jouxtant le rio et la mer, s’emplit chaque jour d’une eau douce et tellement attrayante pour des fripons en mal de grosse bêtise. Poursuites endiablées, sauts dans l’eau qui clapote, ça gicle de partout, on joue à chien perché sur la passerelle de plus en plus brinquebalante. Mina est de la partie et la comtesse ne se prive pas de se donner en spectacle au milieu de tout ce petit monde ravi. Cheyenne et Diego mènent la course suivis de près par Capucine, persuadée de faire partie de la noble race des Malinois (c’est comme ça depuis toujours). Comanche aboie et Coca compte les points. L’eau, c’est pas son truc. Bref, ça dure de longues minutes jusqu’à ce que tout ce petit monde, épuisé et haletant vienne se frotter contre mes jambes à la recherche d’une caresse…. d’un pardon.
Et oui, cette entrée dans l’hiver est bourrée de charme. Mon seul regret, le rio, crasseux, vaseux, encombrés de mille choses gluantes…. est impraticable, tant à pied qu’à la nage. Vite, il me faut un bateau.
C’est si beau là-bas, juste à portée de yeux. je ne me lasse pas, de ma chambre-bateau, de contempler cette beauté faite de mille teintes pastel en perpétuel mouvement.
Une bulle de bonheur qui se transforme petit a petit en coquet nid douillet. Le chemin reste long avant d’en faire un véritable cocon fini et confortable, mais on s’y approche et puis, finalement, on a le temps.
J’aime ma nouvelle vie…
… à tel point que j’en oublie presque les horreurs qui se passent dans ce petit village que j’ai tant aimé, parfois regretté et que j’en viens à détester par la faute de débiles mentaux lâches et abjects. J’ai tellement de mal à réaliser que parce que qu’un lieu dérange par son histoire, son aura, son renouveau, son succès, sa joie de vivre et sa sérénité, on y met le feu. Mais où va-t-on avec des actes aussi insensés et définitifs. Et dire que les pauvres imbéciles à l’origine de l’incendie du Syroz sont probablement fiers. C’est sûr, ils n’ont pas eu à en subir la concurrence pour la Semaine Sainte. Et si, au-delà de notre peine et de notre rage, Michel et moi avons réussi à relativiser les dommages, je pense a Philippe, Loic, Nancy, à Gérard qui ont mis tout leur coeur pour redonner enfin une âme a cet endroit mythique. C’est moche.
Sale con, va brûler en enfer! Oh pardon…..
Je disais donc, c’est beau….
Suite à cet acte de vandalisme à ce jour toujours resté impuni, Michel a décidé de se rendre à LT. Une petite semaine, histoire de voir sur place ce qu’il en était. Je m’apprêtais donc, plutôt sereine, à passer une semaine seule dans ma maison bien amélioree, presque cocooning, au milieu de ma jungle. Certes, la semaine s’est plutôt bien passée, faites de longues balades sur la plage avec mes toutous et de jeux infinis dans la marée montante….. C’est au retour de Michel que les choses se sont compliquées, des instants douloureux que je n’ai jamais eu le courage de relater par écrit….
Orage tropical
Au moment où je rédigeais ce petit conte joli, il ne nous restait plus que quelques jours de bonheur dans notre maison de dessin animé. Les choses allaient se corser et le cauchemar s’accélérer. Entre temps, je vous avais habilement caché qu’outre les faits dont je vous avais parlé lors de mon départ en jet privé, à savoir le changement intempestif d’aéroport d’arrivée puis la menace de me mettre derrière les barreaux faute de billet-retour, puis la panne gigantesque mais inexpliquée d’électricité dans la tour de contrôle de Salvadore…. le livreur des appareils ménagers s’était tué dans un accident de voiture en venant nous livrer, le couvreur allait tomber du toit et se blesser salement a la jambe et enfin, notre électricien se trouvait dans un sale état après un accident de moto en venant travailler chez nous….Mais le pire était encore à venir….Mais revenons au temps d’avant, quand c’était bien…..
Orage tropical…..Un vrai, avec des éclairs sur la mer et une pluie d’enfer.
On y a eu droit samedi alors que le toit de la maison-cuisine était en vrac, n’était plus d’ailleurs. Il fallait nous voir tous les deux nous agiter avec nos balais pour tenter de chasser l’eau sale qui nous tombait allegrement sur la tete. Deux heures, sans mentir, les chiens en étaient tout retournés. Puis, le soleil a refait son apparition, d’un seul coup, grand, beau, magnifique. Le soir on s’est couché encore plus tot que d’habitude, enfin je crois, je ne sais pas si c’est possible.
Le petit couvreur est arrivé tres vite a remis les tuiles en place, jolies, bien ordonnées et c’est tant mieux car aujourd’hui, rebelote. C’est beau, je vous écris de la maison-chambre et du premier étage, j’ai une vue splendide sur la mer et les éclairs. D’ailleurs surprenant qu’Internet fonctionne. Ici pas vraiment de haut débit. Je travaille avec Tim, une clé USB bien capricieuse.
Beaucoup de travail aujourd’hui, grand ménage du premier étage de la maison-cuisine, un endroit tout à fait charmant, entièrement vitré du sol au plafond sur tous les côtes, un genre d’aquarium niché dans les arbres avec plein de grosses poutres et un plancher de vieux bois. Deux crochets pour y suspendre un hamac, des encoches dans des poutres pour fabriquer un beau bureau…. ce sera notre coin de création et de méditation. Promis dans quelques jours (semaines?) je vous montrerai pour de vrai. Puis, il faut continuer la lasure des bois de la maison-chambre. Pfff., j’ai pas fini.
C’est drôle, il y a plein de bruits dans notre jungle. Enfin drôle, ça dépend des moments, la nuit par exemple, on s’en passerait bien, ça énerve les chiens qui se mettent a aboyer dans tous les sens. Des milliers d’oiseaux peuplent les centaines d’arbres et arbustes. Les singes coquins et les paresseux se cachent, nous épient sans doute. Mais on les sent, là, tout près.
Bon, c’est pas le tout, je parle, je parle et le travail ne se fait pas tout seul. Mimi est déja descendu lui, et moi je traine encore. Bizzz.
Où en sommes-nous?
Une des difficultés majeures dans le fait de résider au Brésil (on dit Brasiou), outre le fait que l’on ne parle pas la langue et que l’on n’est jamais certain d’obtenir le droit d’y résider de facon permanente, c’est de ne pas avoir la possibilité d’ouvrir de comptes en banque. Et oui, c’est comme ça. Sachant que l’on a le droit de voyager avec 10 000 dollars en poche et pas un sou de plus (en tout cas de RD, j’ai essayé, me suis renseignée, légalement pas possible), on est rapidement à court d’argent. Certes, on peu retirer 800 reais par jour (env. 18000 pesos), mais ce retrait est taxé par la Popular de 900 pesos à chaque fois. Ca fait mal aux cheveux.
Mais, si parfois, la chance semble nous avoir abandonné dans notre aventure, par d’autres cotés, les esprits du biens savent se montrer généreux. Bref, hier, escapade pour la grande ville la plus proche, Porto Seguro où nous avons rencontré Vinicius (ça ne s’invente pas) gérant de la succursale de la Banque du Bresil. Largement influencé par Vera, notre avocate sur place, il est OK pour nous ouvrir un vrai compte. Reste a obtenir l’aval de ses supérieurs et normalement la semaine prochaine ce sera fait.
L’étape suivante consistera à faire venir de l’étranger de l’argent de mon compte en RD. C’est pas gagné.
La maison s’étoffe peu a peu, on démolit un mur, on colmate des trous, aujourd’hui c’est le toit de tuile qui se refait une beauté. A l’intérieur, plein de lampes rigolotes animent la scène, certaines fabriquées en plastique de bouteille et ornées d’invraisemblables grosses fleurs kitsch en diable, de perles, de strass. Un vrai bonheur. D’autres prennent la forme de gros spots de cinéma. Un délicieux fouillis absolument incongru que j’adore.
Apres ma première expédition sur la plage avec mes 8 monstres a pattes, j’y suis retournée le lendemain avec mes chouchous, Diego et Domingo et bien sur Cheyenne. Bon, j’avoue que c’était plus calme et sans les caprices de madame la Comtesse, beaucoup plus serein.
Avant hier, égoistement, j’ai parcouru plus de 2 km sur la fantastique plage qui sépare un petit resto de plage de la maison. Un rêve. Pas âme qui vive, une eau douce, un sable blanc.
Ce que j’aime moins c’est marcher dans le Rio. Le fond est parfois, disons douteux, vaut mieux pas réfléchir. Mais bientôt, petit bateau.
Bon, toutes ces occupations quotidiennes ont du bon. Elles me permettent d’oublier les soucis restés sur place. Certains comprendront ce que je veux dire. Cet après-midi, début du relookage des bois, et il y en a des kilomètres. Je vais me remettre a lazurer. Bof j’aime ça.
Bizzzzzz
Une aventure fantastique
Bon, coté maison, on ne va pas s’éterniser, toujours autant de bordel, voire plus car chaque petite réparation est immédiatement suivie d’une plus grande. Mais bon, on s’y fait. On pose les verres là, puis là, puis là, ah non pas là, ya déja les assiettes, mes jolies assiettes en porcelaine signées Georges Sand, pas là non plus. Bref le camping s’installe de façon … provisoire? définitive? En tout cas, chaque soir jusqu’à neuf heures, on regarde TV5 monde sur notre grande télé. Après, épuisés, on va se coucher dans la maison de nuit. Ben oui, pour vivre on a 2 maisons. Une de jour. Construite il y a plus de 30 ans pas un ou une illuminée, toute biscornue, faite de tous les matériaux immaginables, plus le plastique vert de Mimi et une plus récente et assez agréable, entièrement vitrée. Elle ressemble à un bateau immobile.
Hier, merveilleux dimanche. Pour la première fois, bravant ma peur des crocodiles (mais non j’rigole, y en a pas ici… enfin je crois) j’ai décidé, enfin de me rendre sur la merveilleuse plage de Rio Barra (ça c’est pour que vous regardiez sur Internet) avec Michel et les 8 monstres à pattes. Diego, Domingo, Comanche et Cheyenne, Paquita la Comtesse, la vieille Mina et Coca et sa phobie de l’eau étaient du voyage. Sans compter Capucine, la meilleure nageuse du groupe. Faut dire qu’en vue de son intallation au Brésil, elle en a fait des longueurs dans la piscine à LT. Pas folle la guêpe, elle avait tout prévu.
Nous voilà donc caminando sur la passerelle, puis, mi-marchant,mi-nageant franchissant les quelque 50 mètres nous séparant de la plage. Là, émerveillement, c’est boooooooooo. Désert, féérique, des piscines naturelles d’eau douce ou salée, chauffées par le soleil omniprésent puis l’océan, magnifique, propre, transparent.
La troupe en folie n’en peut plus de gambader, poursuivre les dizaines d’oiseaux, se chamailller un peu, plonger dans les vagues, quémander une caresse a maman, en profiter pour me griffer.
J’en ai rêvé, m’y voici. D’un coup, les trous dans le mur, les tuiles qui s’envolent, les déjeuners sur les genoux et les pas d’étagère, je m’en fou. J’adore.
Certes, le retour fut un peu laborieux si l’on considère que la Comtesse (Paquita) n’avait pas du tout envie de rentrer et que Mina ne voulait plus remonter le Rio. Quant a Domingo, il s’acharnait, têtu comme une mule, à essayer, sans succès de croquer un oiseau. Après maintes discussions, appels, cris, promesses, tout le monde était enfin de retour au bercail.
Promis, demain on recommence, c’est trop bien.





















