Château de feuilles. C’est le doux nom énigmatique que lui donne Mimi et je dois avouer que ça lui va bien. Et, maintenant qu’on lui a débarbouillé le museau et maquillé de rouge sa belle entrée, elle est plus craquante que jamais. Ma drôle de maison au toit de cana, au milieu de sa jungle. Je l’aime tant. J’aime tout, sa terrasse fatiguée, ses pots explosés par les racines pressées de retrouver leur liberté. Les troncs de cocos ou de palmiers où se sont nichées de nouvelles plantes folles qui poussent à tire-larigot. Le vaste jardin d’herbes sauvages où la belle pelouse d’origine n’est plus qu’un lointain souvenir, paradis de mes copains à 4 pattes. Les coins et recoins, les palissades avachies, la jolie fougère qui s’incruste dans chaque interstice. Les fleurs qui égaient çà et là de leurs couleurs acidulées une végétation dense mais amicale. Ma grande et belle piscine à l’eau chaude, toute douce et limpide, mon amie et ma coach sportive. J’aime la fraîcheur qui nous enveloppe quand nous nous pelotonnons sur notre grand canapés au milieu de coussins moelleux, si tant est que mes toutous me laissent une petite place. J’aime tes murs chahutés recouverts des toiles et des images que j’aime, mon mur de filles, mon Indien brésilien, le délicieux petit enfant de Sophie, les photos troublantes de Michel. Et puis, les canetons hétéroclites, le coq en papier mâché qui a connu des jours meilleurs, les chiens de plâtre, de résine, de bois, les angelots et les bibelots pas précieux, les souvenirs du Brésil, ceux d’Afrique…. qui me suivent d’années en années au hasard de mes différentes vies. Toute la journée, je savoure le plaisir de vivre, dedans, dehors sans barrière, sans fenêtres et sans carreaux. Et, le soir venu, quand la nuit tombe et qu’inévitablement l’angoisse me prends, j’aime tes lourdes portes qui se ferment bien fort et me protègent. Je t’aime ma maison si différente des autres…. Il y a des chiens, des fleurs, ces cerises, un drôle de garage où poussent des chinolas, des hamacs dissimulés dans la végétation ou fier, tout près du bungalow, histoire de passer de longues heures à s’évader dans la lecture, il y a des allées couvertes de feuillages, il y a des bouquets, toujours des bouquets, il y a une âme dans et endroit. C’est mon château de feuilles et, quand je me souviens, tout à coup, qu’un jour, piquée par je ne sais quelle mouche pernicieuse, l’idée m’est venue de le quitter, j’en frémis d’effroi….. Ne serait-ce pas lui, mon château rebelle qui a tout fait pour que le projet brésilien échoue et que l’on revienne bien vite se nicher dans ses feuilles…
21 juin, c’est l’été !!!!
Plus d’un mois confinée dans ma jolie maison pour mon plus grand bonheur. Faut dire qu’entre temps je me suis quand même offert une conjonctivite carabinée de près de 2 semaines. Là ça va juste mieux mais, rassurez-vous je ne suis plus contagieuse. Aujourd’hui donc, direction village, deux trois trucs à faire, comme acheter un maillot de bain, passer à la banque pour un transfert international, un petit tour à La Pola histoire d’y dénicher un artichaut ou deux….
Oups, j’ai failli ne pas me réveiller, c’est à 10 heures bien tapantes que j’ai ouvert un œil. Bien sûr tous les chiens ont fait la grasse matinée avec moi, ils adorent ça et se bousculent sur mon lit dès potron-minet. Vite, vite, c’est pas tout ça, je sors moi ce matin. D’abord repas des toutous. Ce matin ce sera croquettes à la choucroute et au jambonneau. Ils s’en lèchent les babines par avance. Et, dans trois des dix gamelles, un supplément de pollen d’abeilles. Un petit test pour vérifier l’efficacité de ce remède ancestral sur les chiens les plus fragiles. Mais je vous en reparlerai plus tard lors d’une entrevue avec Michel Bizet. Patience. Le ménage effectué à la va-vite, une bonne douche, petite séance de maquillage rapide et hop ma petite auto démarre au quart de tour.
Premier arrêt Arena Blanca, belle boutique de prêt-à-porter située dans le bateau….Accueil chaleureux et rafraîchissant de la jolie Maily et de sa maman. Quelques achats, maillot de bain, robes légères pour supporter cette chaleur étouffante…. A côté des robes légères, des tuniques de dentelle, des shorts colorés, des tongs, des paréos et des jolis chapeaux, la ravissante collection italienne signée Colori di Mare est juste parfaite pour ces températures estivales, féminine, fraîche et pimpante, tout en douceur et en légèreté, confectionnée dans du beau coton, du voile de coton délicat, …. Ca fait du bien de se faire plaisir.
Direction Banque. He bien, ils ont profité de ma réclusion volontaire pour tout changer à la Banco Popular, se refaire une beauté en quelque sorte. C’est toujours un peu long mais mon tour arrive. Et là, surprise, une gentille fille me fait remarquer que franchement, effectuer un virement de 330 euros avec 58 euros de frais fixe, c’est pas terrible. Sympa non ! Ce sont des frais fixes de base en cas de virements internationaux ? Merci Daso, je vais trouver une autre solution.
Plus envie de Pola, je rejoins Mimi et Tatoo qui m’attendent au Bario Latino. Surprise, Patricia que j’adore nous y rejoint. Un petit vendeur de caco et chocolat local nous offre une belle leçon de savoir-faire commercial. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous nous retrouvons Patricia et moi chargés de bâtons de chocolats alors que l’on n’avait pas vraiment envie d’en acheter. Très fort l’artiste. En même temps, le chocolat est délicieux.
Tiens, c’est l’heure du déjeuner. La plage, l’authenticité, les pieds dans l’eau….. C’est tout naturellement chez Sarah que nous allons tous les trois et Tatoo bien sûr. Depuis qu’elle est seule maître à bord, l’atmosphère du petit resto s’est féminisée sans rien perdre de son authenticité, il y a des fleurs, des cadres, des jolies couleurs et même de la cana pour couvrir le toit en zinc. Un vrai effort de déco chic sur ce petit bout de plage bohême. C’est mignon tout plein. Sarah, toujours aussi pétillante, nous propose d’emblée de nous faire découvrir ses tout petits, tout frais calamars du matin. Mmmm…. Une tuerie loin des sentiers battus . Le gingembre et le cumin se marient au cilentrico et à la citronnelle, aux piments parfumés et à je ne sais quelle autre merveille qui affolent nos papilles. Mimi reste fidèle à ses crabes farcis, tout frais eux aussi. Ils ont l’air succulents. Je ne vous parle pas du riz « faux » cantonnais mais vraie merveille qui accompagne l’ensemble et ders petites pommes de terre rissolées à l’ail, histoire de nous rappeler que les choses les plus simples sont souvent les meilleures. Quel délicieux moment. Chez Sarah au Paco Mer reste un des restos incontournables de la plage et la jolie dame nous promet pleins de surprises gustatives pour la rentrée.
C’est l’heure de regagner mes pénates, il fait chaud!!!! ma piscine et mes toutous m’attendent à la maison. Ce soir, dans certains bars et restos ce sera, comme en France, la Fête de la Musique. Belle soirée à tous.
Anne Satin: un mois plus tard, premier live au Porto!
Vous vous souvenez bien sûr, il y a un peu plus d’un mois, je vous ai longuement parlé de ma délicieuse rencontre avec Anne, personnage bien connu de LT, mais jeune artiste encore inconnue. Et bien, depuis ce jour, la belle dame, comme un bel oiseau, petit à petit bâti son nid.
D’abord, il y eut cet agréable shooting photos sur la plage de l’Eden. Et, sous les yeux de Michel Voleau, photographe qu’elle avait tout particulièrement choisi, l’artiste s’est transformée en personnage émouvant, amoureuse chahutée, amie comblée, femme délaissée.
Puis, l’aventure continue avec la création d’un groupe de musiciens pour assouvir son rêve de « monter sur scène » au plus près de son public.
Enfin, après un enregistrement encore gardé secret avec une pointure de la bacchata pour un duo explosif, hier, enfin, son premier live avec ses musiciens. Une soirée dont elle se souviendra longtemps. Un décor fabuleux, le restaurant Porto, un public nombreux et ravi, un trac immense mais une prestation parfaite. Tout de rouge vêtue, jolie comme une princesse, Anne s’est dévoilée en artiste comblée. C’est avec émotion et les yeux remplis d’étoiles qu’elle nous a interprété son titre déjà célèbre « Si Tu savais ». Bravo jolie dame, la belle aventure continue et je suis très fière de toi.
https://web.facebook.com/ByAnneSatin/videos/1970855616568824/
Les termites nous rongent
Nés à l’époque des mammouths, les termites (on dit un termite) sont de sales petites bestioles invisibles qui remontent insidieusement depuis le sous-sol, le long des murs et des charpentes, en quête de cellulose. Ils prolifèrent dans les habitations car la chaleur et l’humidité font le délice de ces insectes. Pour peu que vous ayez opté pour un toit en cana, bingo, chez vous elles seront au paradis. Ils se nourrissent de cellulose et vivent en colonies. Ils s’attaquent aux charpentes, planchers, aux huisseries, aux meubles mais aussi au papier, au plâtre ou aux textiles, travaillent dans l’ombre, car ils craignent la lumière et creusent des galeries rejoignant leur termitière parfois éloignée du bâtiment. Ils grignotent le bois de l’intérieur et, quand on s’aperçoit de leur présence, les dégâts sont souvent déjà assez graves. On ne le voit pas (le termite redoute toute exposition à l’air) et on ne l’entend pas. Pour pénétrer dans une maison, il construit ses chemins à travers les joints de mortier d’étanchéité et de dilatation, dans les canalisations, dans les vide-sanitaires, dans les gaines de câbles électriques (créant parfois des courts-circuits . Seuls indices : les «cordonnets», ces chemins de couleur noire, ces galeries qu’ils fabriquent en surface, avec des excréments de la terre et de la salive, pour contourner un obstacle.
Le cauchemar des propriétaires
Les termites sont le cauchemar de tous les propriétaires. En quelques années seulement, ils peuvent fragiliser voire ravager une maison entière et constituent un véritable fléau dont il est difficile de se débarrasser. Si elles parviennent à s’introduire dans une construction, ils progressent de bas en haut et font feu de tout bois: revues, livres, papiers et cartons stockés, puis parquets, plinthes, menuiseries, portes, meubles et enfin poutres et charpentes sont inexorablement grignotés, digérés….
Des signes avant-coureurs
Pris à temps et scrupuleusement surveillés, on n’a cependant jamais vu de termites dévorer une maison ! Sans trou ni sciure en surface du bois transformé en mille-feuilles par leurs puissantes mandibules, il semble difficile au néophyte de repérer l’activité des termites. Leur vie sociale animée les trahit cependant la plupart du temps. En effet, l’activité fourmillante des ouvriers (workers sur l’image)(90% à 95% de la colonie) dont la mission est de nourrir d’éléments cellulosiques ingérés puis recrachés les soldats et les reproducteurs de la termitière, peut être détectée l’apparition de galeries terreuses (les cordonnets) à la surface des murs, du bois ou du sol.
Que faire alors ?
Fumiger ou mieux faire fumiger régulièrement et entièrement votre propriété, dedans et dehors et si possible demander aux voisins d’en faire autant.
Je garde toujours sous la main une solution anti-termites dans un petit pulvérisateur pour pourvoir agir vite et pas trop salement (on trouve des produits très efficaces dans la plupart des ferreterias, demandez conseil). Hier, ces saletés essayaient de grimper au plafond de la salle de bain, sortant d’une prise électrique, leur chemin soigneusement construit dans un espace de quelques millimètres entre un grand miroir en fer et le mur…. J’ai horreur des termites et je suis constamment à l’affût. 1/2 heure plus tard, chemin détruit, murs nettoyés… bon je ne sais toujours pas ce qui se passe dans la prise électrique…
Pas d’autre solution que de surveiller partout, toujours, spécialement en période humide comme c’est le cas en ce moment…. C’est un travail de longue haleine et un combat pas gagné d’avance.
Un petit geste pour aider Turtle Dive Center à sauver notre barrière de corail et notre faune marine.
La dégradation des fonds marins est à son comble et,si personne ne réagit, on court à la catastrophe. Armé de son bâton de pélerin, Philippe, le boss de Turtle Dive Center multiplie les rencontres, notamment avec les pêcheurs, très concernés, et leur explique. Ennemi numéro un le Poisson Lion qui n’a pratiquement aucun prédateur et un appétit féroce qui décime des populations entières de poissons locaux. L’idée: le pêcher au maximum, histoire d’en diminuer le nombre, considérable, et, pourquoi pas le cuisiner. C’est excellent parait-il.
Deuxième évidence, cesser de pêcher, cette fois, le poisson perroquet.Ce majestueux poisson aux couleurs vives est un ami de la barrière de corail. Muni d’une imposante et puissante mâchoire tel le bec de l’oiseau auquelle il doit son appellation , il broute à la surface du corail mort pour se nourrir des micro algues qui le recouvrent. Au passage, il grignote une partie de la zone superficielle du corail mort qu’il concasse à l’aide de sa puissante mâchoire. Le corail ainsi broyé est ensuite rejeté sous la forme d’une fine poudre par le poisson perroquet qui contribue activement à la production du sable blanc constitutif des fonds coralliens. Un poisson perroquet adulte produirait 1 tonne de sable par an……. Dingue.
Aujourd’hui, Philippe sollicite votre aide pour éviter la catastrophe. Je vous livre son appel clair et urgent. Sûr que vous n’y serez pas insensible. Un grand merci d’avance.
« Suite à mes postes concernant mon projet, beaucoup mon demandé plus d’informations.
J’ai commencé ce projet il y a plus de 6 ans maintenant, quand je me suis rendu compte de l’état de la barrière de corail en front de mer.
Ce récif, détruit à plus de 80% ne fait plus son travail, pourquoi? ?
Tout simplement car la vie qui gravite autour n’existe plus, plus de poisson perroquet, celui-ci créait plus de 1 tonne de sable par an et par adulte. Je demande donc à tout le monde, de refuser de manger ce poisson, d’autant plus qu’il est porteur de maladie.
Le poisson lion, véritable fléau dans les caraïbes, détruit tout sur son passage car il n’a pas de prédateurs. Il peut manger jusqu’à 2/3 de sa taille par jour, mais surtout peux pondre jusqu’à 1500000000 oeufs par ans, et oui un fléau.
Celui-ci par contre est très bon à manger, n’hésitez pas à en demander.
Alors une fois après avoir pris connaissance de tout ça, on a commencé à communiquer avec les pêcheurs, fait des conférences dans les écoles, les associations, acheté du matériel pour baliser les sites de plongées, afin d’éviter de jeter l’ancre. Nous sommes le seul centre à faire ça sur las terrenas, malgré les remontrances faites aux autres.
Et, nous avons commencé à tuer les poissons lions, surtout avant le mois de mai, car début de la période de reproduction.
Du coup, depuis tout ce temps, nous avons multiplié par plus de 300 le nombre de poissons.
Le petit amène du plus gros, ainsi va la chaîne alimentaire, du coup, nous avons parfois la visite de requin, tortues, raie, etc…
Concernant les coraux, pour repeupler les récifs, il faut commencer à créer un vivier, avec des structures métalliques pour pouvoir introduire ces derniers.
Plus le vivier sera important, plus la progression sera importante.
Nous avons tenté de démarrer ce vivier il y a quelques temps à l’aide d’une association que je pensais être à la hauteur, mais en vain.
Il est vrai que j’avais du coup un peu baissé les bras, sans soutien technique ni financier. Une grosse partie venant des bénéfices du centre de plongée et de quelques bonnes personnes.
Cette année, nous avons été contactés par FUNDEMAR, association qui a les moyens techniques pour mener à bien ce projet.
Nous avons ensemble, la semaine dernière,plongé plus de 3 h 00, pour vérifier si le site préconisé pour accueillir le vivier est propice et fait un inventaire sur les fonds marins.
Tout est positif, suite à tout ça, nous allons créer le premier vivier sous forme de musée.
Des structures en inox représentant des espèces marines où seront implantés les coraux, et à côté de chaque sculpture, un pupitre expliquant, les coraux et le projet.
Si nous récoltons suffisamment de fond grâce à votre générosité, une partie sera mise à l’eau ce mois-ci, très important car août est la périodes de reproduction des coraux et surtout avant le départ de la périodes cyclonique.
La deuxième phase sera planifiée en janvier l’année prochaine.
Voilà, si vous désirez plus de renseignements, n’hésitez pas à venir me voir au centre de plongée, turtle dive center du Paseo
Vous pouvez continuer à déposer vos dons à Fort Knox.
Merci encore pour votre générosité. »
Dariel, Dario, Veronica, Luigi, Bonbon, Diyele, les irrésistibles petits héros du Manantial….
Niché au cœur du petit hameau d’Abra Grande, le rio Manantial, depuis des générations, fait la joie des petits et des grands. Une eau de source claire et fraîche qui déambule au milieu d’une végétation fabuleuse, une piscine naturelle, coquette et bienfaisante pour de belles journées en famille ou entre amis. Les gamins s’en donnent à cœur joie, pataugeant, s’éclaboussant, riant de toutes leurs dents dans ce décor féérique, juste à eux, au milieu de leur bario. Sauf que….. çà, c’était avant. Depuis quelques années, en catimini, le décor féérique vire au cauchemar, de limpide, l’eau est devenue glauque, découvrant entre ses bras désolés poissons morts et désordres de plastiques et autres saloperies en tous genres. Et si les gamins, inconscients du danger continuent à profiter de leur petit coin de paradis, c’est au péril de leur santé.
Elle, c’est Patricia, un genre de délicieuse fée, aussi adorable que discrète. Institutrice par passion, elle vit dans ce bel endroit depuis très longtemps. Baroudeuse en diable, elle revient d’un long périple en bateau qui lui a permis de découvrir aux quatre coins du monde les endroits les plus secrets, les plus fabuleux. Mais c’est ici qu’elle se sent chez elle, parmi ces gens sincères, ces bambins qu’elle adore et qui le lui rendent bien.
De retour depuis peu, c’est avec beaucoup de tristesse qu’elle a découvert l’état de son environnement. Une déchetterie à ciel ouvert. Loin de baisser les bras et de se contenter de se lamenter, avec force et conviction elle a décidé d’agir pour changer le cours des choses. Avec l’aide d’Alexandre, un autre navigateur passionné, amoureux de son village, ils ont réfléchi et ont pris la peine de rencontrer les habitants du hameau, du chef du village aux voisins les plus discrets. Avec beaucoup de gentillesse, sans les brusquer, ils leur apprennent jour après jour que, comme partout dans le monde, la pollution avance à pas de géant mais qu’ils sont les acteurs et les responsables de leur bien-être mais aussi de leur mal-être. De rencontres en rencontres, ils leur font prendre conscience que quelque chose ne tourne pas rond. C’est sûr, les habitants n’ont pas changé de comportement en quelques mois, depuis toujours et sans se rendre compte de la gravité de l’acte, ils balancent allègrement leurs ordures dans la cenega toute proche des rives du rio. Mais, constructions, remblaiement sauvage, accumulation démesurée d’ordures de toutes sortes ont contrarié le cours de la rivière et aujourd’hui elle se venge.

… tandis qu’à quelques centimètres poissons morts et saloperies de tous genres polluent l’eau de leur piscine naturelle.
Alors, avec beaucoup de patience, Patricia et Alexandre s’efforcent de trouver des solutions. Un club de la madre se réunit régulièrement pour parler de la planète, de la pollution et des bons gestes pour la prévenir ou du moins la contenir. Des stages de coutures se mettent en place pour réaliser des sacs en tissus qui remplaceront les sordides poches en plastiques et pourquoi ne pas penser à les décorer et à les vendre aux touristes, histoire de se faire une petite cagnotte. Les déchets organiques sont les bienvenus pour nourrir le nouvel élevage de cochons dans le quartier avant de terminer dans le futur atelier de compost….. un tri sélectif des ordures étant envisagé.
Et puis, le jeudi 1er juin, grand événement au sein de la petite communauté, la première opération de nettoyage du rio, de ses rives et de la piscine. Pour l’occasion, Yann du club nautique à la pointe de Las Ballenas avait prêté des canoés pour récupérer les déchets qui se baladaient au milieu du plan d’eau. Inutile de vous dire qu’ils firent la joie des gamins, ravis de l’aubaine et venus nombreux en ce premier jour de rio propre. Dariel, Dario, Veronica, Luigi, Bonbon, Diyele, les irrésistibles petits héros du Manantial ont fait un travail fantastique. Les adultes se firent plus rares ce jour-là, mais ce n’est que partie remise, pas question de les laisser à l’écart. De plus en plus, tous se prennent au jeu et presque instinctivement se baissent pour ramasser les détritus qui dénaturent leur paysage. Opération pilote réussie ? En tout cas, l’impulsion est donnée et la sensibilisation individuelle tant espérée semble bien sur le point d’éclore.
Une jolie histoire ! Pas seulement, Patricia et Alexandre ont le désir ardent de voir leur projet-pilote partagé avec d’autres, histoire d’échanger des idées et de faire évoluer les choses en grand. Ce serait tellement mieux de se rencontrer avec des gens de barios différents et de mettre en commun des savoirs, des projets. Si le cœur vous en dit, si vous aussi vous pensez que la pollution n’est pas obligée de nous envahir et qu’il est encore possible de réagir en impliquant tout le monde, alors n’hésitez pas. L’engagement est important et gratifiant mais ne prend pas tellement de temps. Nous vivons dans un si bel endroit, la preuve vous l’avez choisi. Alors, à l’instar de ces deux belles personnes, cessons de nous lamenter et de critiquer les non faits, partons à la rencontre des vrais acteurs, serrons-nous les coudes et agissons avec harmonie pour le bien de tous.
Toute suggestion sera la bienvenue, osez me l’adresser en commentaire, je l’adresserai avec plaisir aux brillants initiateurs qui vous attendent avec impatience.
Et c’est reparti pour 6 mois…..
On y est, et c’est parti pour 6 mois, le 1er juin marque dans l’Atlantique Nord, le début de la saison des ouragans; elle prendra fin le 30 novembre. Les risques de perturbations majeures étant généralement optimales en septembre. Mais attention, saison cyclonique ne veut pas dire mauvais temps, durant toute la période, le temps est en général chaud et majoritairement beau et ensoleillé, ce qui réchauffe la mer et favorise la venue des satanés ouragans. Mais pour bien tout comprendre, lisez donc la suite!
Petite piqûre de rappel : comment se forme un cyclone ?
- Tout d’abord, il ne se crée pas à partir de rien. Il faut, à l’origine, qu’une zone perturbée pré-existe : un amas nuageux ou une ligne de grains ou encore une onde tropicale, qui est dans le jargon spécialisé, une perturbation tropicale. Les perturbations qui nous concernent prennent le plus souvent naissance au large du Cap Vert mais pas seulement, elles peuvent aussi naître très près de nous et se développer rapidement.
- Autre condition, celle qui assure le » carburant » du système, élément nécessaire pour maintenir ou développer une zone perturbée. Ce carburant, c’est l’eau chaude, l’océan devant avoir une température d’au moins 26°, certains disent même 26,5 degrés Centigrades, sur au moins 50 mètres de profondeur. L’évaporation de surface de grandes quantités d’eau fournira l’énergie nécessaire pour entretenir le système de machine à vapeur qu’est une formation cyclonique. Si l’eau est trop froide, le cyclone ne peut pas se former ou, s’il était déjà formé préalablement, il s’affaiblit puis finit par perdre ses caractéristiques cycloniques tropicales.
- Autre élément : les vents régnant dans l’environnement du système doivent être relativement homogènes de la surface jusqu’aux sommets nuageux, au-delà de 12 à 15 km d’altitude. Sur toute cette épaisseur, le profil de vent doit en effet être régulier, c’est-à-dire avoir la même direction et la même force ou presque. Lorsque cette condition est réalisée, la partie active de la perturbation reste concentrée et un renforcement du système peut s’effectuer. Sinon, l’énergie développée par le système va se disperser et le système a tendance à se » cisailler « . C’est le cas par exemple quand on rencontre des vents d’Est dans les premiers niveaux, alors que des vents d’Ouest ou de Nord sont observés plus haut. Le déplacement du système va se trouver contrarié, et il aura tendance à se désorganiser.
- Enfin, il y a une condition absolument nécessaire, qui est en réalité une nécessité mécanique, physique primordiale. Les courants d’air ascendants au cœur du système vont abaisser la pression atmosphérique en surface, mais il n’y aura de dépression pouvant se creuser que si on n’est pas trop près de l’équateur. En effet, sur les régions équatoriales, conséquence de la rotation de la Terre sur elle-même, le tourbillon ne peut se créer car la force de pression agit pour combler immédiatement toute velléité de creusement dépressionnaire. Ainsi, un cyclone ne peut se former que s’il se situe à plus de 6 ou 7° de latitude. C’est cette condition qui empêche aux cyclones de se développer ou de se diriger vers la Guyane ou le nord du Brésil, pour ne parler que des régions proches des Antilles : ce sont des zones trop proches de l’Equateur !
Toutes ces conditions sont donc nécessaires à la formation et au développement d’un cyclone tropical. Si l’une au moins de ces conditions n’est pas remplie, le cyclone ne peut se former. Si un cyclone était formé et qu’une de ces conditions disparaît, il s’affaiblira et pourra se désagréger au bout de quelques heures : voyage au-dessus d’eaux trop froides ; parcours sur de larges étendues terrestres (s’ils rentrent, on dit atterrissent, sur des continents, sur le Mexique ou les Etats-Unis par exemple, ils peuvent mourir, se dissiper, dans les 24 heures) ; profil de vent dit cisaillé ; trajectoire trop proche de l’équateur.
Le cyclone dans tous ses états
On les appelle ouragans, cyclones ou typhons, ces trois termes désignent tous un seul et même phénomène que l’on appréhende et que l’on surveille de très près lorsque l’on vit sous nos latitudes. Les cyclones tropicaux se caractérisent par des vents soutenus d’une vitesse maximale d’au moins 120 km/h près du centre.
En fonction de la vitesse maximale du vent soutenu, on distingue trois classes de perturbations tropicales:
- Dépression tropicale quand la vitesse est inférieure à 63 km/h;
- Tempête tropicale quand cette vitesse se situe entre 63 et 118 km/h; c’est à ce stade qu’on baptise le phénomène;
- Cyclone ou ouragan quand cette vitesse dépasse 119 km/h.
Les cyclones tropicaux peuvent s’étendre sur des centaines de kilomètres et s’accompagner de vents destructeurs, de pluies torrentielles et d’ondes de tempête, voire parfois de tornades. L’échelle Saffir-Simpson classe les ouragans en cinq catégories selon leur force. Voici les vitesses maximales des vents soutenus correspondant à ces catégories:
- Ouragan de catégorie 1 – les vents soufflent entre 119 et 153 km/h;
- Ouragan de catégorie 2 – les vents soufflent entre 154 et 177 km/h;
- Ouragan de catégorie 3 – les vents soufflent entre 178 et 209 km/h;
- Ouragan de catégorie 4 – les vents soufflent entre 210 et 249 km/h;
- Ouragan de catégorie 5 – les vents soufflent à plus de 249 km/h.
Comment baptise-t-on les cyclones tropicaux?
La durée de vie des cyclones tropicaux atteint une semaine voire plus, si bien qu’il est possible que deux cyclones tropicaux se produisent simultanément. Pour éviter toute confusion, les prévisionnistes baptisent donc chacun des cyclones tropicaux à partir de listes annuelles où alternent prénoms féminins et prénoms masculins classés par ordre alphabétique. Ainsi, en 2017, nous ferons peut-être la connaissance de Arlene, Bret, Cindy, Don, Emily, Franklin, Gert, Harvey, Irma, Jose, Katia, Lee, Maria, Nate, Ophelia, Philippe, Rina, Sean, Tammy, Vince, Whitney.
Comment prévoit-on les cyclones tropicaux?
Partout dans le monde, des météorologistes font appel à la technologie moderne (satellites, radars ou ordinateurs) pour suivre l’évolution des cyclones tropicaux. Ces phénomènes sont souvent difficiles à prévoir, car ils peuvent brusquement perdre de leur intensité ou incurver leur trajectoire. Les météorologistes disposent cependant de technologies à la pointe du progrès pour prévoir comment un cyclone tropical évoluera, y compris dans son déplacement et ses variations d’intensité, ou encore quand, à quel endroit et à quelle vitesse se produira son atterrage. Les Services météorologiques des pays exposés sont ainsi en mesure de publier des messages d’alerte officiels et, grâce à la coopération et à la coordination à l’échelle internationale, la surveillance des cyclones tropicaux, dès les premiers stades de leur formation, ne cesse de s’améliorer.
Prévisions 2017
Le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a publié ses prévisions pour la saison cyclonique 2017 sur le bassin Atlantique Nord. L’activité risque d’être supérieure à la normale selon une probabilité de 45% (versus 35% proche de la normale et 20% en dessous). 11 à 17 systèmes tropicaux seraient baptisés (normale : 12) dont 5 à 9 atteignant le seuil du cyclone tropical (normale : 6) dont 2 à 4 intenses ou très intenses (normale : 3).
L’absence ou la faiblesse d’El Nino, une température de surface de l’océan proche à supérieure de la normale au niveau des tropiques et en mer des Caraïbes et le cisaillement vertical du vent prévu plus faible que d’habitude seront autant de facteurs favorisant cette forte activité. La première tempête tropicale de la saison a d’ailleurs été d’ores et déjà baptisée « Arlene » dès le mois d’avril, donc bien en amont du début officiel de saison cyclonique .
La saison 2016 avait d’ores et déjà été la plus active depuis 2012 avec 15 phénomènes baptisés dont 4 ouragans majeurs et le terrible Matthew à l’origine d’au moins 500 morts en Haïti.
En aparté, je vous donne mon truc pour contrer les cyclones, chaque jour en période cyclonique, je me connecte à l’un de ces sites et si un cyclone pointe le bout de son nez, je le regarde droit dans les yeux et ne le lâche plus jusqu’à ce qu’il disparaisse de l’écran. Juré, ça marche!
http://www.intellicast.com/Storm/Hurricane/AtlanticSatellite.aspx
Page FB: Meteo des cyclones
Message de l’ambassade de France
Chers compatriotes,
La République dominicaine entrera en période cyclonique à partir de ce jeudi 01 juin, et ce, jusqu’au 30 novembre selon la définition de l’Organisation météorologique mondiale.
Cette période est caractérisée par des dépressions et des tempêtes tropicales qui peuvent parfois se transformer en ouragans. Les fortes rafales de vents et précipitations qui en découlent sont susceptibles de causer d’importants dommages aux habitations et aux infrastructures du pays, voire de mettre en danger la vie des personnes.
Pour l’année 2017, le Bureau National de Météorologie Dominicain (ONAMET) a annoncé que le groupe d’experts de l’Université du Colorado aux Etats-Unis s’attendait pour la zone Caraïbes, Atlantique Nord et Golfe du Mexique, à une saison cyclonique d’activité normale.
Selon les derniers modèles numériques de projection, 11 perturbations tropicales pourraient se former dans la zone, parmi lesquelles 4 pourraient atteindre le niveau d’ouragan, dont 2 seraient susceptibles d’être majeurs (au moins de catégorie 3 – vent supérieur ou égal à 178 km/h ).
L’ONAMET appelle la population à redoubler de vigilance pendant toute cette saison cyclonique suite aux conséquences des précipitations déjà accumulées depuis plus de 6 mois (sols gorgés d’eau et lacs de barrage à un niveau de stockage élevé).
Durant toute cette période, nous vous invitons donc à:
– consulter sur notre site internet, les pages relatives à la saison cyclonique : https://do.ambafrance.org/saison-cyclonique-preparezvous et https://do.ambafrance.org/Memento-de-securite-de-l-Ambassade-de-France-a-Saint-Domingue.
Vous y trouverez de nombreuses informations, notamment sur les précautions à prendre avant, pendant et après un ouragan.
– suivre régulièrement les bulletins d’information ou d’alerte météorologiques qui seront émis par les autorités dominicaines (http://www.onamet.gov.do/ , https://twitter.com/onamet ; http://www.coe.gob.do/ https://twitter.com/coe_rd).
Nous vous rappelons le numéro de téléphone d’urgence de l’Ambassade, pour les Français en difficulté : (+1) 809 805 6721.
Bien cordialement,
L’Ambassade de France
Un orage tropical….
Pour tous ceux qui vivent loin de nous, ça impressionne. D’ailleurs, avouons-le, c’est impressionnant. Une pluie drue qui s’affirme haut et fort, loin de la petite bruine pernicieuse qui peut perturber les journées d’automne. Et puis, l’orage, furibond, des éclairs et des coups de tonnerre de folie qui peuvent exploser un cocotier. Si c’est tout près de chez vous, ça fiche les chocottes . Et bien, ce matin, en cette avant-veille du 1er juin, date officielle de la période cyclonique sous nos tropiques, nous avons eu droit à l’un des tous premiers orage tropical de la saison. Je ne vous parle pas de l’état psychologique des mes chiens, terrorisés. A tel point que j’ai du interrompre toute activité domestique pour m’asseoir sur la banquette et les prendre tous, ou presque sur mes genoux. C’est bien une maman.
Mais le but de ce petit post n’est pas de vous attendrir devant l’amour d’une maman-humain pour ses chiens. Non, ce qui m’énerve c’est juste qu’il a plu fort, c’est vrai, mais pas très longtemps et pas plus fort que d’autres fois. Et pourtant, cette heure de pluie à suffit à semer la pagaille, de nouveau, dans le village. J’ignore au moment où je partage ces réflexions avec vous si il y a eu de graves dommages. J’espère que pour tout le monde, et surtout les plus démunis, ça va aller. Mais, quoi qu’il en soit, les images que j’ai vues (malheureusement) dénote d’un problème ardu qui n’est en aucun cas dû à l’intensité des intempéries mais bien au réseau d’évacuation des eaux et à l’éternel problème du rio séparant les deux rives de Las Terrenas. Certes, le rio est de nouveau largement sorti de son lit pour s’étaler sur la calle Carmen entre le bateau et le pont d’Abundio et plus généralement le long de chacun de ses bords. Mais, à Hoyo Cacao, là où je possède toujours mon terrain, la rue bordant Luz y Fuerza ressemblait à un torrent en furie. Jamais vu ça, de mémoire de terrenarien. Là, pas de débordement de rio, il n’y en a pas. Juste un problème d’écoulement. Et, dans le village, je ne vous parle pas de l’odeur, si vous voyez ce que je veux dire.
Il y a une semaine exactement, le maire du village mobilisait la police pour dégager les trottoirs des quelques malheureux, mais tellement charmants occupants qui empiétaient sur le domaine public. Il ferait mieux de mobiliser ses troupes pour régler une fois pour toute le vaste problème des évacuations qui, lui, est une vraie plaie pour le village. Mais, c’est sûr, il s’agit là d’une opération plus difficile, plus salissante et moins photogénique. Et qui demande un minimum d’intelligence.
Ca c’est pour mon coup d’gueule. Je voudrais rassurer tous mes fidèles lecteurs qui ont envie de venir nous rendre visite. Un orage, une ondée tropicale sont des choses normales en cette saison. Au moment où je vous « parle », il fait un soleil radieux, les plantes de mon jardin sourient de toutes leurs feuilles et les petits oiseaux, ravis, s’égosillent dans un concert improvisé, accompagnés de leurs copines grenouilles. Un délicieux tintamarre qui me met le coeur en joie. Mis à part aux abords du rio turbulent, les plages sont belles et la mer est à 30*. Ne vous fiez pas aux vilaines images qui défilent sur FB. Elles sont prises dans l’instant et ne reflètent pas une vérité qui dure. Ce matin, il a plu, hier et avant hier et le jour d’avant, il faisait un temps exceptionnel et cet après-midi, je vais vous laisser pour faire un petit plongeon dans ma piscine. A bientôt.
Détournement en fa mineur……
Un petit cadeau pour vous faire patienter en attendant l’album.
Détournement en fa mineur est le second titre en ligne de l’album Indulgence d’Anne Satin dont je vous ai longuement parlé dans un précédent article (Anne Satin, en route pour une nouvelle vie). Après si tu savais qui se moque avec désinvolture des cancans et de la jalousie, Détournement en fa mineur nous raconte l’histoire d’amour possible entre une femme mûre et un tout jeune homme. Paroles fortes et sensibles à la fois, mélodie douce, arrangements somptueux, Anne nous dévoile là encore une autre facette de sa personnalité d’artiste déjà confirmée.
Domingo, mon p’tit bonhomme, mon premier amour-garçon à 4 pattes….
C’est une longue et belle histoire entre nous. C’était en juillet 2004…. Un dimanche matin, quelqu’un sonne à la porte, Ricardo, le maestro de la cana venait vérifier si tout était en ordre sur notre toit. La maison était terminée depuis peu. Dans ses bras, une cagette, et dans la cagette….. deux petites minuscules choses s’agitaient, gémissaient, le corps à peine couvert de poils et les yeux complètement clos. A l’époque, j’étais encore sous le choc de la perte de mon amour infini, Eva, ma petite westie. Depuis, Choupita la délicieuse chatte blanche aux yeux pers et Mina la « petite-fille » de Patricia, jolie chienne de coco noire et feu partageaient ma vie … mais j’étais encore si triste. En voyant ces deux petits bouts de chiens, si vulnérables, si fragiles, mon cœur s’est déchiré, j’aurais fait n’importe quoi pour étrangler ceux qui les avaient abandonnés sur la plage, près d’une poubelle et n’importe quoi pour leur sauver la vie en leur donnant tout mon amour. J’en pris un dans mes bras et ne le lâchais jamais plus. Ricardo s’est occupé du second.
Domingo était entré dans ma vie. Pas facile au début, il devait avoir une dizaine de jours au maximum, tout tremblant, le bec toujours ouvert, affamé sûrement. Vite je filai acheter un biberon de poupée que je dénichais je ne sais où, de la farine pour BB, du lait écrémé et c’était parti pour de longues journées et nuits à nourrir cet adorable petit être…. Toutes les deux heures….. En apprenant cette aventure TOUT le monde me disait « ne t’attache pas, il ne peut pas vivre, il est trop petit »…. A l’époque, pas de vétérinaire complice, Enrique n’est venu que bien plus tard. Hannibal Mata, c’était le nom du seul véto à des kilomètres à la ronde. Il arrivait de Sanchez sur sa mobylette avec sur son porte-bagages un vague assistant et sa mallette à « outils » et avait vraiment peu de temps à consacrer à des questions existentialistes sur la vie ou la mort d’un petit chiot !
Malgré les avis, je tins bon, aimais Domingo de tout mon cœur. Il dormait dans mon lit et c’est souvent à moitié endormie que je lui donnais son biberon plusieurs fois la nuit. Un jour, il a ouvert les yeux, m’a regardé….. Quelle émotion. Il commençait à se déplacer seul sous le regard intrigué de Choupita et Mina. Un matin, un peu plus tard il s’est réveillé avec deux oreilles immenses, toutes droites sur sa toute petite tête. Le choc, il était affreux. Les oreilles d’un chiot ont déjà leur taille définitive. Mais je crois que je l’aimais encore plus. Puis, ce fut sa queue qui commença à m’intriguer, obstinément, elle se tortillait en tire-bouchon.
Domingo a grandi, pas toujours facile, il m’a fallu passer dix jours avec Seb at Claude à Cabrera, il y a 10 ans pour essayer d’avoir une quelconque autorité. J’étais sa femme, sa maman, sa chose et même si c’était un amour de chien, il ne m’obéissait pas, mais pas du tout. 10 jours plus tard, tout est miraculeusement rentré dans l’ordre, notre amour était toujours aussi fort et réciproque mais c’était moi le maître. Ouf ça m’a fait un bien fou. Quand Claude est venu s’installer dans mon bungalow, et qu’il s’est mis dresser ses chiens et ceux de ses clients dans mon jardin, nous avons eu envie d’essayer avec Domingo. Incroyable, c’est qu’il était doué le bougre. Pas toucher à maman. C’était toujours lui le premier à venir me défendre, tous crocs dehors.
Et, si je vous en parle aujourd’hui, c’est que pour la première fois de sa vie, Domingo est à la clinique. Malgré toutes les mises en garde du début, il a une santé de fer et n’a jamais été malade. Mais là, depuis quelques mois, il souffre d’une vilaine hernie mal placée qu’Enrique refusait au départ de lui retirer…. Domingo a 13 ans aujourd’hui, un âge un peu élevé pour une opération. Mais vu la taille de la « tumeur » plus moyen de reculer. Il devait être opéré sous péridurale, ça ne semblait pas compliqué mais là, juste là, un coup de fil d’Enrique qui me panique, c’est plus grave que prévu, péridurale pas possible. Son coeur n’est pas très en forme non plus. Mais d’après lui, l’opération est absolument indispensable ou c’est une condamnation à mort. Il l’emporte tout à l’heure faire un électrocardiogramme à Santo Domingo puis l’opérer si toutefois c’est faisable sous anesthésie gazeuse. Bouhhhh j’aime pas çà et les heures qui viennent risquent d’être douloureuses.
Je t’aime mon p’tit vieux bonhomme et, avec tes 9 frères et sœurs, on t’attend avec impatience. Et quand tu reviendras, je te ferai plein de câlins et de tartines au beurre salé que tu aimes tant. A très vite.
























































