Difficile à se l’imaginer, et pourtant ces deux photos représentent le même endroit à quelque 30 ans de différence.
Journée à Coson, déjeuner chez Luis
Si Las Terrenas est réputé pour ses merveilleuses plages, la perle des perles est sans conteste Coson, faisant partie chaque année des plus belles plages du monde. Immense, déserte, du sable blond, une eau cristalline, parfois tranquille, parfois plus rebelle avec de belles vagues, des centaines de milliers de cocotiers, des rios qui se jettent dans l’océan, dessinant des paysages improbables, jamais identiques. Juste incroyable. On peut s’y balader des heures, à la recherche du dollar des sables, facétieux coquillage, symbole de Coson qui aime à se dissimuler à la vue des promeneurs. Au déjeuner, adresse incontournable, une construction toute de guingois, faite de planches récupérées, de toiles, de bric et de broc. Nous voilà chez Luis, un dominicain pure souche qui exerce avec brio et simplicité son métiers depuis des dizaines d’années. Le menu est simple et savoureux, langoustes, daurade, poulet, frites maison, bananes plantain et le meilleur riz blanc de Las Terrenas. Rien que du bonheur.
Tournée des Grands Ducs
Ce soir on sort. On se fait beau, pas trop quand même, faut pas tomber dans le ridicule. Vers 19h, un petit tour au Village des Pecheurs au OneLove, BB de Terry et Rachel, récemment repris par deux charmants « cousins » québécois, l’endroit est toujours aussi sympa, la déco hétéroclite et charmante, tendance surf, Canada, Bob Marley, les patrons sont adorables et la vue à couper le souffle. Allez, comme c’est juste à côté on s’arrête au Mosquito, nouvel endroit branché de LT à l’ambiance tropique chic. Ou alors, on préfère le côté décontracté de El Lugar où Bruno, le maître des lieux, un pro, invente de sublimes cocktails. Et si l’on dînait aux Trois Caravelles, un rapport qualité-prix exceptionnel dans un décor sublime sur la plage ou près de la plage. Centollo, langoustines, langoustes, bonbons de camarones, poisson frais ou copieuse viande grillée…. Après le repas, un petit verre à l’XO et fin de soirée au Babylone,à l’incontournable Gaia de Sergio ou à la Bodega au rythme de la Salsa et de la Bachata. Une ambiance de folie, la Presidente coule à flot, mais, attention, ambiance canaille aussi, mesdames cramponnez bien vos maris.
Cascade de Limon et déjeuner chez Santi
Vous ne pouvez pas quitter Las Terrenas sans aller faire un petit tour à la Cascade de Limon. Le village El Limon se trouve à 10 kms de LT. Et, l’excursion à la cascade ressemble fort à une expédition! La cascade se mérite ! On l’atteint après 50 minutes de cheval à l’assaut d’une montagne recouverte de forêt tropicale, après avoir traversé à gué une rivière où se baignent les villageois, le long d’un sentier bordé de manguiers, bananiers, cacaoyers et caféiers. Les plus courageux, bien chaussés, préféreront s’y rendre à pieds, il vous faudra compter 2h30 de chemin. Une fois le sommet atteint, à plus de 360 mètres, on admire une vue panoramique sur la forêt et l’océan. Le dernier quart d’heure se fait à pied en descente. Le spectacle de cette superbe cascade haute de 40 mètres est à couper le souffle. On se baigne dans une eau limpide et douce au coeur de la jungle. Les plus téméraires braveront les embruns pour se faire masser sous les puissants jets d’eau qui cachent de petites grottes. La cascade reste une valeur sûre, un moment hors du temps. D’autant plus si elle est suivie d’un déjeuner chez Santi. Une bonne table créole et dominicaine qui vous régalera de poisson au coco, chivo guisado, poulpe, lambi, pintade, sancocho, une vraie cuisine typique et savoureuse.

Balade en mer
Plusieurs compagnie vous proposent des sorties en mer à la 1/2 journée ou à la journée. Découverte des plages désertes d’Ermitanio, Playa Jackson, etc… ou pêche au gros, une merveilleuse facon de découvrir la région autrement. Au retour, vers 5 heures, un petit verre à la Vela Blanca et sa célèbre Place des Lices. Vous aimerez l’atmosphère bon enfant de ce petit bar sans prétention, posé sur le sable, où se disputent d’interminables parties de boules, parfois animées….

Initiation aux sports nautiques
Vous n’aurez que l’embarras du choix. Du surf: Playa Bonita, Carolina Surf, vous propose des lecons d’1/2 heure à portée de toutes les bourses. Si vous préférez le kite, très tendance, plusieurs très bonnes écoles vous offriront des sensations fortes que vous n’oublierez jamais.
Et n’oubliez pas d’être heureux et si, par chance vous n’avez pas pu tout faire, et si par chance, vous vous êtes vraiment évadés, éclatés…. si le charme de notre petit village a opéré…..ben, revenez, n’hésitez pas, il y a encore plein de choses à découvrir. …
….prenez ma main et découvrez les 10 choses à ne pas oublier de faire à Las Terrenas.

Une longue balade sur la plage, de Las Ballenas à Punta Popy, voire plus loin.
Un joli maillot, un long paréo et une petite pochette étanche pour pouvoir glisser quelques pesos, vos clefs, votre crème solaire et c’est tout…. Comme partout dans le monde, quand on se balade sur la plage, mieux vaut ne pas s’encombrer de cameras, appareil photos, tablette, smartphone…. qui gênerait vos mouvements et attireraient les convoitises. La pochette étanche, c’est bien. Elle vous accompagne partout, même dans l’eau. Et, durant cette escapade, n’oubliez pas de regarder le merveilleux paysage qui vous accompagne tout le long du chemin. Courez, plongez, allongez-vous sur le sable chaud, prenez un jus de fruit frais, il y a pleins de petits établissements sympas sur la plage.

Immersion dans la vie du village
L’idéal, c’est de venir prendre un copieux petit-déjeuner à la Boulangerie Francaise et de s’immerger doucement dans la vie trépidente du village qui s’éveille. Vers 10h, on se lève et l’on part à la découverte de la rue, des jolies boutiques, des échoppes multicolores…. D’abord, petite visite chez Claude Lachamps, juste à côté de la Boulangerie, dans sa ravissante Haitian Caraibes Art Gallery. Superbe choix de beaux paréos, cigares et surtout très belle sélection de tableaux signés d’artistes haitiens ou dominicains de renom. En face, un petit détour chez Mundo Puro pour une petite lecon de fabrication de cigares, roulés devant vous. Direction le Paseo. C’est le centre commercial le mieux achalandé de Las Terrenas, avec des tas de services, banque, change, pharmacie francaise, maison de la presse, etc…. et quelques joyaux en matière de boutique comme mon chouchou de toujours Terrenas en Plata, une bijouterie à faire pâlir bien des confrères francais, un espace magique où les plus grands créateurs de bijoux « fantaisie » du moment se partagent la vedette. On ose pousser la porte de Shanel, une très belle boutique de vêtements et l’on salue Clotilde de ma part. On n´hésite pas à entrer dans la galerie-atelier de Charlie Simon qui se fera un plaisir de vous raconter ses toiles. On boit un petit verre au Parquesito, au nouveau bar de l’Escale ou chez Bruno, histoire de se rafraîchir un peu, on jette un oeil dans la belle galerie d’art Née, on va faire un petit coucou à Ada dans sa petite case de fruits et légumes toute pimpante, on lui achète une cabosse de cacao et on grimpe sur un moto-concho pour se diriger vers le centre du village, près du supermarché Lindo par exemple. Et là, on flâne, on prend son temps, on en prend plein les yeux et plein les oreilles. On vit la magie de la rue et ses petites échoppes multicolores, la gouaille des vendeurs ambulants, la nonchalance des habitants qui musardent sur le pas de leurs portes et le grand sourire des beaux enfants qui vous saluent gentiment.

Snorkeling avec Turtle dive center
Accompagné de vrais pros, une belle découverte des fonds marins, des coraux, des poissons multicolores et même des épaves qui peuplent l’océan atlantique tout près de Las Terrenas.

Cochon de Sandro le dimanche
C’est le rendez-vous incontournable du dimanche midi, enfin plutot 1h. Papon est à pied d’oeuvre depuis la veille au soir très tard. Avec amour et passion et patience, il surveille, tourne, arrose le précieux cochon qu’il a lui-même préparé. Il vaut mieux réserver, c’est souvent comble. Il faut dire que le spot est assez sensationnel avec sa plage de sable blanc et son eau cristalline, et la réputation du cochon de Chez Sandro a largement dépassé les frontières du Village. Pour patienter, un petit verre au kiosque sur la plage ou farniente sur les chaises longues à disposition devant la mer. Ici, on mange les pieds dans le sable.

Observation des baleines à bosse dans la Baie de Samana
Chaque année, les baleines à bosse viennent se reproduire dans les eaux chaudes et tranquilles de la baie de Samana, faisant de cet endroit le plus important site d’observation de ces cétacées des Caraibes . Les excursions en bateau sont exclusivement limitées à la période du 15 janvier au 20 mars.
Peu farouches, les baleines à bosse se laissent facilement approcher par les bateaux venus les observer, cabotines, elles adorent se faire photographier. Elles vous offrent un spectacle exceptionnel, un ballet poétique dont vous vous souviendrez longtemps : sauts acrobatiques et figures de haute voltige, folle parade amoureuse, complainte des mâles… Vous vous sentirez tout petit face à ces mamifères géants pesant jusqu`a 40 tonnes et mesurant près de 20 mètres ! Une expérience inoubliable !
En dehors de la saison des baleines, n’hésitez pas à partir pour une escapade sur la route du Café en quad. Emotions garanties.
Et demain 5 autres choses à ne pas oublier de faire à Las Terrenas
Stop, oubliez Raimu et le petit jaune et ne vous y fiez pas, vous n’êtes pas sur la Canebière, pas en Provence, encore moins à St-Tropez …. quoi que… vous êtes bien sur La Place des Lices, si, si, c’est écrit juste là.
Depuis qu’il y a des Fancais à Las Terrenas, il y a des boules. Indécrottables franchouillards, ils ne peuvent se résoudre à couper le cordon ombilical avec leur pays. Et puis, une partie de boule, c’est vachement sympa quand même. … seul problème, on sait quand ca commence, mais on ne sait pas quand et comment ca finit. Et si, en France, la pétanque est souvent synonyme de pastis, ici, sur « notre » Place des Lices, c’est le « Voleau » qui fait fureur….
Mais avant de reprendre ces considérations terrenériennes, histoire de se cultiver un peu, un petit survol de l’histoire de la pétanque.
Origines
La véritable pétanque, telle qu’on la connait aujourd’hui, voit le jour en 1907. Son nom vient du provençal « pèd tanco », c’est-à-dire « pieds joints ». Succès immédiat, dès 1908, le premier concours officiel est créé à La Ciotat.
De nos jours, la pétanque a le vent en poupe et de célèbres tournois ont lieu chaque année, rassemblant stars de la télé ou pétanqueurs anonymes en Avignon, St-Tropez, Arcachon, Paris, Lyon…. . Plus de 200 millions de pratiquants réguliers dans le monde et quelque 368000 joueurs licenciés en France parmi lesquels des personnalités du spectacle, de la télé, des journalistes , des hommes politiques qui revendiquent officiellement la participation des sports de boules aux Jeux Olympiques.
Un vocabulaire fleuri, plutôt … croustillant
Embrasser Fanny: Ne vous y fiez pas ! Embrasser Fanny ou baiser Fanny n’est pas une récompense. Cela veut dire perdre une partie sans avoir marqué un seul point! Cette tradition serait originaire… de Savoie ! La Fanny originelle aurait été serveuse et la légende dit que, par gentillesse, elle se laissait embrasser par les clients qui venaient de perdre aux boules sans marquer le moindre petit point. La bise se faisait alors sur la joue….Jusqu’au jour où, toujours selon la légende, le maire du village perdit à son tour et vint quémander sa » récompense « . Fanny avait-elle un grief contre lui et voulut-elle l’humilier en public? Nul ne le sait. Ce qui est sûr, c’est qu’elle grimpa sur une chaise, releva ses jupes et lui tendit… ses fesses! Le maire ne se démonta pas. Moins d’une seconde plus tard, deux baisers retentissants résonnaient dans le café. C’était le début d’une longue tradition…
Faire un biberon, un têtard : la boule colle le but (ou « bibe »).
Faire un bec : heurter une boule déjà placée pour faire dévier la sienne vers le but.
Faire un Palouf : (ou aussi : palouffer) se dit lorsqu’un joueur envoie une boule beaucoup trop courte.
Tirer sur l’oreille : frapper une boule sur le côté, de façon à la faire partir de travers.
Pet de vieille : il s’agit d’un tir qui n’est pas au fer, et qui se contente d’effleurer la boule visée sans la faire bouger suffisamment selon les puristes (on qualifie de pet parfait un pet de vieille qui ne permet pas de reprendre le point).
La pétanque à Las Terrenas
Je disais donc que dès qu’il y a eu des francais à Las terrenas, il y a eu des parties de pétanque. Dans les années 80, les anciens se souviennent encore des tournois mémorables se déroulant sur 2 week-ends, histoire de se refaire une santé entre les deux parties…. si vous voyez ce que je veux dire. L’idée: en partant du Paco Cabana, rejoindre le Tropical Banana en jouant aux boules. Bien sûr, à l’époque, les chemins de terre faisaient office de route, un vaste terrain de jeu pour ces boulistes « du dimanche ». Un tricycle improbable chargé comme un âne bâté de …. rosé accompagnait les joyeux drilles qui, pour corser le tout avaient établi une règle unique, « pas de règle », tous les coups sont permis. Une franche rigolade à défaut d’un jeu bien académique.
Aujourd’hui, on compte 3 ou 4 terrains de pétanque officiels, chacun avec ses afficionados. La Place des Lices, à la Vela Blanca compte parmi les plus structurés, les plus fréquentés. Chaque après-midi d’interminables parties se déroulent dans une franche bonne humeur, Charly, Carlos, Serge, Gerard, Thierry le boss, Johnny…. se démènent comme de beaux diables, refont la partie, refont le monde et se remettent en question, les boules à la main. D’autres assis sagement sur une chaise sont juste là pour contempler le spectacle bercés par le bruit de la mer toute proche et le cliquetis des boules.
Et le « Voleau » dans tout ca….celui qui a remplacé le petit jaune à LT
Même Hemingway n’a pas de boisson à son nom, Mimi si, depuis toute sa vie, il boit et ne boit que des « Voleau »… whisky, eau gazeuse et plein de glacons…. Essayez, vous allez dans un bar, XO, Cave à Vins, Vela Blanca, Solymar, La Ola, Chez Sandro…. et pleins d’autres, demandez un Voleau et vous serez surpris!!!! Et comme il aime à passer ses après-midi à contempler les joueurs de boules de la vela Blanca, pendant que Tatoo fou batifole sur la plage, les joueurs se sont mis au diapason et des dizaines de Voleau sont servis chaque jour. Si c’est pas la renommée ca!!!!

Et , pour jouer à cache-cache avec la lumière, les grands rideaux de nacres et coquillages qui feront danser des ombres sur les murs de votre maison….

Au détour d’une rue, la boutique d’un artisan vannier qui tricote l’osier à partir d’une brindille pour le transformer en hottes, paniers à courses et corbeilles fonctionnels et esthétiques.
Derrière les facades colorées ou sur le pas de la porte des petits métiers, parfois désuets, se déclinent au quotidien. Poétiques ou glamour comme les artistes qui métamorphosent brindilles d’osier ou jolis coquillage, qui travaillent les étoffes chatoyantes, qui transforment vos ongles pour vous offrir des mains de princesse… ou plus terre à terre comme les livreurs d’eau et leur gros camion ou les vendeurs d’eau potable affalés devant leur échoppe…Des personnages au caractère bien trempés, souvent entourés d’une ribambelle d’enfants aux grands yeux curieux vous initient à leur savoir-faire avec gentillesse et courtoisie….

Bien à l’abri dans sa casita de bois, entourée de tissus multicolores, elle confectionne coussins et rideaux, chemises et robes de belles dames…
Ca y est, 2015 nous échappe, dans quelques heures il ne sera plus qu’un souvenir avec son cortège de belles et moins belles aventures et 2016 pointera le bout de son nez. Plein d’espoir! On attend toujours tellement d’une nouvelle année. On fait des voeux, on fait des promesses, nos résolutions sont inébranlables (ou presque), on efface tout et on repart d’un bon pied…. sauf que rien ne s’efface jamais completement.
Je vous souhaite à tous une superbe année 2016.
Mes promesses: plein de jolies moments de vie d’ici et d’ailleurs, histoire de vous aider à être heureux.
Aujourd’hui, petit tour au village. Trop envie de découvrir les nouveautés de Terrenas en Plata, ma boutique chouchou…. mais ca c’est pour demain.
Sinon surprise, il y a du monde partout, difficile de se garer, la Pola, remplie de monde, et les restos de plages, les restos de plage….. pleins de monde.
Nous décidons d’essayer le nouveau resto de Punta Popy ancien Bigotes…. raté, toujours pas ouvert, un peu lent celui-là…. tant pis, tant mieux….. on retourne aux 3 Caravelles…. encore!!!!! ben oui, mais aujourd’hui, promis, ni centollo ni langoustes brésilienne….. mais un super, savoureux, délicieux, excellent, incroyable plat: les bonbons de crevettes aux coco. J’en ai encore les saveurs dans la bouche. Un rêve.
Au retour, petite halte à la Vela Blanca, rencontre avec Stéphanie (je vous en reparle demain, un phénomène celle-là) puis on pousse jusqu’à Solymar pour faire un petit coucou à Véro…. pas là, pas dans son assiette, dommage, cuidate Vero.
Aujourd’hui incontournable, le Marché aux Poissons de Las Terrenas, bourré de charme, est relativement récent. En effet, lorsque les premiers aventuriers francais débarquèrent ici, il y a quelque 40 années, nul marché aux poissons, les pêcheurs n’étaient pas légion et le village vivait essentiellement de la récolte de cocos et la culture de potirons, ignames ou patates douces. Cependant, peu à peu, la culture de la pêche et l’attrait de le mer agit sur les terrenériens et les pêcheurs se multiplièrent. Nombre d’entre eux élurent domicile au Village des Pêcheurs, avant que celui-ci soit reconverti en lieu de loisir. Il faut bien avouer qu’au départ la pêche se fit au détriment des récifs de corail…. la pêche à la dynamite n’était pas rare et tellement plus efficace.
Tout naturellement c’est sur la plage de Las Ballenas que se tenait le premier Marché aux Poissons organisé il y a un peu plus d’une dizaine d’années. Un petit marché de charme où il était si agréable de s’approvisionner en poissons tout frais, crevettes de Sanchez, lambis ou coquillages. Au fil du temps, on avait même le droit de préférer un pêcheur, de se lier d’amitié et d’attendre son arrivée avant de faire son choix. Depuis quelques années, le Marché a déménagé et a fait son nid sur la jolie plage de Poppy. Plus vaste et mieux achalandé que le précédent, c’est une véritable bouffée d’air pur que l’on prend en se baladant le long de ses étals. Lieu haut en couleur, où même si le poisson n’est pas au menu de jour, il est agréable de passer, pour le plaisir des yeux, un haut lieu d’animation où les marchands rivalisent de voix et de gouaille. Tout à côté, un petit quartier a vu le jour, construit de bric et de broc, de bouts de bois, de bouts de zinc de toutes les couleurs, on y déguste du poisson tout frais les pieds dans le sable et l’on y rencontre Paco, l’un des tout premier francais de Las Terrenas.
Au marché, le choix est varié, daurades, mérous, thons, chillos…. et, si certains poissons semblent bien communs, le simple fait d’être fraîchement pêchés leur rend toute leur noblesse. Ils se partagent la vedette avec les lambis, les poulpes, les langoustes, les huitres ou les alméras (nos tellines de la Méditerranné ou palourdes de l’Atlantique) ou les succulents centollos.

Gerard, notre consul honoraire ne manquerait pour rien au monde l’arrivée des bateaux et pour cause, la réputation de son restaurant l’Atlantis tient en grande partie à ses savoureuses recettes de poisson tout frais. Aujourd’hui, ce sera du thon.
Et, parmi les quelques précieuses particularités qui contribuent au charme surrané de Las Terrenas, l’une des plus typique à nos yeux de petits francais reste indéniablement le phénomène des guaguas. Débordant de fruits, légumes, fleurs, souliers, vêtements colorés, bassines en plastiques, elles animent chaque jour les calle du village, se mêlant au joyeux chaos des motoconchos pétaradants, à la musique, poussée à fond, et aux odeurs alléchantes de pollo al carbon.
Venues de la montagne, de Samana, Santiago, Santo Domingo, elles parcourent la campagne dominicaine et de village en village proposent leur marchandise tant convoitée, fruits gorgés de soleil, ustensiles de cuisine colorés ou en fer blanc, robes de princesse, fleurs multicolores… Autochtones, touristes et résidents adorent farfouiller et dénicher, pour leur plus grande fierté l’objet rare, polo Lacoste (presque vrai) à 50 pesos, micro jupe en jean griffée DKNW qui va faire un malheur avec ce petit top sans marque mais tellement tendance. Parmi les résidents, beaucoup s’y affichent sans fausse honte, d’autres y viennent en catimini, priant le bon Dieu que les copines ne les y surprennent pas. Et pourtant, le déplacement en vaut la peine, ne serait-ce que pour le folklore, le coup d’oeil, l’ambiance bon enfant… les guaguas, c’est tout Las Terrenas. C’est trop mignon, moi j’adore.
Un autre atout de charme, les marchands ambulants qui déambulent inlassablement dans la rue, sur la plage, entrent dans les commerces. Crevettes, langoustes, poissons, bijoux, lunettes…. il y en a pour tous les gouts et à tous les prix.
Plus hard, moins glamour et pourtant tellement local, les échoppes de viande et de poissons ont tendance à effaroucher les badauds incrédules. Il faut dire qu’en voyant ces grandes carcasses de viande accrochées devant la porte et souvent couvertes de mouches on a juste envie de prendre les jambes à son coup. Et pourtant, elles attirent souvent la convoitise des habitants qui les savourent à l’avance en les imaginant dans leurs assiettes.

Ce n’est pas une légende, et vous le constaterez vite en vous baladant dans les rues de Las Terrenas, en vous évadant sur les petites routes aux alentours, en partant à la découverte des petits hameaux environnants.
Ici, la couleur est reine. On l’aime vive et chatoyante, on l’utilise sans parcimonie pour embellir une jolie petite case ou pour cacher la misère de murs lépreux….
Et la rue du village est ponctuée ca et là, outre les superbes étals de fruits multicolores, de taches de couleur-bonheur qui attirent l’oeil et rendent la vie plus belle. Ce sont les guaguas de fleurs, les peintures haitiennes, les boutiques de vêtements ou les habits suspendus le long des trottoirs, les jolies passantes ondulant dans de longues robes aux étoffes colorées… mais aussi les échoppes elles-même, dehors et dedans. Un décor qui sent bon les îles, la plage, la mer et le soleil, fidèle reflet du tempérament des habitants.