Confinement malin : confinement câlin

 

La République Dominicaine, et, par conséquent, notre petit village de Las Terrenas obéit à la règle inéluctable du confinement. Depuis la mi-mars, il est fortement recommandé, voire obligatoire de rester chez soi. D’ailleurs, tous les commerces, hormis les supermarchés et colmados ont fermé leurs rideaux et depuis quelques semaines, les plages sont strictement interdites. Quelques touristes italiens, bien évidemment au-dessus des lois ou complètement à l’ouest, en ont été pour leur frais et encore, ils s’en sont bien tirés. A 6 ou 8, ils se prélassaient sur la jolie plage de Ballenas. Bing, guagua de la police, direction le cartel. Ils avaient l’air malin en maillot de bains… Par chance pour eux, ils s’en sont sortis avec une belle multa (amende) et ne sont pas passés par la case prison comme d’autres avant et après eux. Mais si, dans la journée, les sorties sont cependant autorisées, seuls, et surtout pas en groupes, pour faire ses courses, aller à la banque ou se dégourdir les jambes, dès 5 heures le soir et jusqu’à 6 heures le matin un couvre-feu est instauré dans tout le pays. Et, croyez-moi, là on ne rigole plus. Des voitures de police patrouillent à la recherche du malotru qui aurait fait fi de l’interdit. Armés jusqu’aux dents, les policiers prennent leur rôle à cœur, il se dit même que certains auraient tendance à faire du zèle… Les contrevenants sont sur le champs conduits au play transformés en prison géante pour l’occasion. Ils seront condamnés à une peine de travail obligatoire, genre nettoyage de la plage ou des rues du village.

C’est à l’occasion de grands chamboulements de la sorte que l’on se rend compte de la vraie personnalité des gens que l’on côtoie et, franchement certains sont admirables. A Las Terrenas, par exemple, une association fantastique a vu le jour. Conscients des terribles conséquences de l’arrêt économique du village, un groupe de gars, de filles, amoureux du village et de ses habitants a remué ciel et terre, s’est bougé tous azimuts pour permettre tout simplement aux plus démunis de continuer à se nourrir, à se laver, à rester digne. Cagnotte, tire-lires, charriots dans les supermarchés, chaque jour inlassablement, ils récoltent, trient, empaquètent et livrent au fin fond des campagnes les plus reculées le précieux riz, le lait pour bb, le savon, les conserves et les produits frais…. Bravo Chantal, France, Pat, Patricia, Christophe, Dominique, Ayda et tous les autres, merci pour votre belle âme.

Puis, il y a Lindo qui a su saisir la balle au bond. Dès le début du confinement et donc de l’angoisse de la maladie, ils ont mis au point un système de vente en ligne qui s’améliore peu à peu pour devenir pratiquement parfait. On commande, ils livrent, (même à Las Galeras, une fois par semaine) et acceptent un règlement par carte à la livraison… même plus besoin de faire la queue leu leu à la banque pour chercher de l’argent liquide, ganté et masqué…. et oui, ici le masque est obligatoire sinon c’est … le play…

Il y a sûrement encore bien d’autres actions remarquables ici ou ailleurs dans le pays. Un petit pays qui, ma foi, se défend du mieux qu’il peut devant cette saloperie de virus si mysterieux.

Puis, il y a moi…. Confinée ? non, rester chez moi est juste mon credo, ma délicieuse manière de vivre, mon plaisir et mon plus grand bonheur. Je pratique avec volupté cet art de vivre depuis des dizaines d’années et ne m’ennuie jamais. D’abord, selectionner le petit coin douillet du moment, hamac cocooning à l’ombre de grands arbres ou confortable chaise longue au bord de la piscine feront l’affaire… Puis, lire (merci Ludo), écrire, nager, travailler un peu (mais oui Karim), faire des bisous à Tatoo,  jouer à la baballe avec le beau Leo, insatiable joueur de baballe devant l’éternel… parfois quand il est là, faire la causette à Mimi, c’est qu’il s’échappe celui-là, confinement connaît pas… Bref des journées bien remplies pour un confinement malin, un confinement câlin.

Petite douce balade à travers une journée bien ordinaire.