Mon petit doigt m’a dit….

Après les douloureux événements cycloniques, Irma puis Maria, sans oublier les douloureux événements  » entre cycloniques  » nommés…. on ne sait trop comment, Las Terrenas se révèle dans toute sa splendeur, plus belle que jamais. La sublime végétation bousculée par ces périodes chahutées n’a jamais été si luxuriante. Un mois d’octobre particulièrement ensoleillé puis un début novembre plus bougon et humide, autant de facteurs propices au développement extraordinaires de nos arbres, de nos fleurs, de nos fruits. Dans le village, le maire a abandonné son idée saugrenue de détruire échoppes et marchands ambulants (https://dorislasterrenas.com/2017/05/23/la-magie-des-rue-cetait-avant/). Mais quelle mouche l’avait donc piqué ! Les petites cahutes de bric et de broc sont belles et bien là pour notre plus grand bonheur, leurs étals débordant de fruits sucrés et de légumes gorgés de soleil. Les « calles » fraichement refaites sont toutes pimpantes et, délicat bijou, au milieu de la calle principale, la belle boutique de Jordy, le  Taller de los Flores figure à elle seule le miracle de Noel. De fabuleuses fleurs fraîches, des compositions soyeuses, des tas de bibelots et d’objets de déco plus ravissants les uns que les autres, à poser, à suspendre, qui scintillent, qui étonnent, qui tintinnabulent…. J’adore.

La plage de Poppy a mal vécu l’histoire. En fait elle a disparu et la mer vient pratiquement lécher la route un peu cabossée. Adieu les petits kiosques mignons sur la plage, c’est le côté triste de cette douloureuse période. Mais, rassurez-vous, Sandro, les 3 Caravelles ou Alegria Café entre autres, restent à votre service et déploient toutes leur créativité, jour après jour, pour vous concocter avec beaucoup d’amour et de talent vos petits plats préférés. Las Ballenas a tenu bon et la plage est toujours aussi belle, les petits restos sont toujours là, La Voile Blanche s’apprête à un grand nettoyage d’avant Noel et nous a promis de rouvrir sa cuisine très bientôt. L’Eden est en pleine forme, beau et convivial tout comme la Ola et sa jolie Christine toujours souriante sans oublier Marc et Valérie du Thalassa aux petits soins de leurs clients et amis.

Mon petit doigt m’a dit que cette saison de Noel allait être rayonnante. D’ailleurs il suffit de regarder les réservations d’hôtels pour s’en rendre compte…. Beaucoup sont déjà bookés. Petit à petit, le sourire revient sur les visages crispés des acteurs du tourisme. Les restaurateurs font chauffer leurs fourneaux et leurs méninges, les boutiques commencent à s’habiller couleur « fêtes », et tout bientôt la jolie Terrenas en plata du Paseo, la ravissante bijouterie de Babette et Jean-Paul nous offrira son fabuleux décor de Noel, il lui va si bien. Lindo s’apprête à recevoir son container magique bourré de bonnes choses de « chez nous », des huîtres, du foie gras, du champagne, des noix et des mandarines et j’en passe et des meilleurs…. Les conchos sont fin prêts à vous transporter vers vos plages favorites ou vos restos chouchous. Cette année, pour que vous les reconnaissiez sans peine, ils arborent un irrésistible petit gilet tout vert et un collier avec leur numéro autour du cou….. Et, cerise sur le gâteau, plein d’avion arrivent directement à El Catey. Renseignez-vous vite, c’est la compagnie XL Airways qui assurent ces vols.

J’aime bien cette période un brin euphorique, et même si la neige nous fait défaut et que nos sapins ressemblent souvent à des cocotiers, la magie de Noel nous enveloppe nous aussi, le soleil et la mer en prime. Merci la vie.

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La Barbacoa : les riverains pris en otage des « Survivors »

Située à environ 7 kms de Las Terrenas, face au paisible hameau du même nom, une jolie plage bordée de cocotiers dans le prolongement de Playa El Portillo, où se cachent quelques sublimes villas privilégiées du domaine Esperanza. Discrète et sauvage, des tortues en ont fait leur plage de prédilection pour venir y pondre leurs oeufs en toute tranquillité….. Oui mais ça c’était avant….. avant que la troupe de réalisation de la télé-réalité Survivors prenne possession des lieux.

Depuis plusieurs années, une véritable armée de centaines de personnes responsables du tournage de la série turque a installé son camp de base sur cette délicieuse plage, au détriment des petites tortues et pour le plus grand malheur des riverains. Chaque jour, des dizaines de camions bourrés d’individus peu concernés par le milieu ambiant et la douceur de vivre des habitants des lieux et remplis à ras bord de matériel hétéroclite, difficilement en accord avec l’écologie, envahissent cet ancien havre de paix, ce paradis perdu pour le transformer en véritable enfer. Ca crie, ça chahute, ça cloue, ça perce, ça monte des structures métalliques sur la plage et même dans la mer. Structures qui s’envolent au large au moindre coup de vent et dont la peinture imprègne les pauvres récifs coralliens déjà maltraités. Ca jette ses pinceaux pas propre sur le sable blond, ses éponges imprégnées de produits si toxiques pour la nature et les chiens des alentours, ça balance ses bouteilles en plastiques n’importe où …. Sans oublier les bâches, les sachets, les ordures de toutes sortes et les sempiternels coffrets en polystyrène, fléau des océans….. Et puis, ça creuse, ça retire le sable gênant, ça détruit des bosquets et même des cocotiers.

Oui mais voilà, ces individus, pas vraiment méchants, non, juste totalement irrespectueux de l’environnement sont une manne pour le village, voire le pays. Chaque année, ils débarquent pour 4, 5, 6 mois, emploient des locaux, font la fête dans les bars branchés, consomment, s’alimentent… alors le désagrément causé à quelques riverains jusqu’alors privilégiés tout comme la destruction inévitable de la flore et la faune marine, l’abattage d’arbres endémiques, les ordures éparpillées ça et là…. La belle affaire. ! Qui va s’en soucier, à part les intéressés ? Et bien, moi, je m’en soucie. Déjà, dans le village, j’ai beaucoup de mal à supporter leur incivilité et leur côté je m’en foutiste lorsque qu’ils s’arrêtent pile poil devant moi en double ou triple file, au milieu de la route quoi… pour aller boire un café avec leurs potes. Et qu’ils sourient de toutes leurs dents, sans plus se bousculer lorsque 5 minutes plus tard, je m’énerve à klaxonner bêtement, pour rien. Beaucoup de mal à comprendre comment on peut accepter un tel déballage immonde juste devant la mer, dans leur refuge près du village des pêcheurs alors que l’on n’a pas hésité à détruire à coup de tronçonneuse des petits endroits si sympas au bord de l’eau.  Alors oui, je me révolte lorsque je vois leur grossièreté face à une nature si belle mais si fragile. Ils ont choisi notre village, nos belles plages pour faire rêver et tout ce qu’ils savent faire c’est les abîmer, les faire mourir à petit feu. En janvier 2016, je m’insurgeais devant leur attitude déplorable face à des BB tortues. ( https://dorislasterrenas.com/tag/tortue/)

Deux ans plus tard, ils sont toujours au même endroit, les tortues elles, dépitées ont déserté les lieux…. Et moi, dans mon coin, je continue à pester. Mais, ça fait du bien de libérer la soupape et de montrer la face cachée du tournage d’une série probablement adulée. Survivors c’est l’équivalent Turc de Koh Lanta, espérons que là où ils tournent, les français se comportent de façon plus civilisé.

 

 

Ilba Boutique, le BB atypique d’un touche à tout aux idées lumineuses

Plaza Italia, une belle boutique aux allures de show-room aux murs tapissés de jolies créations multicolores sages ou fofolles et, juste devant, sur le pas de la porte, un atelier en plein air où s’affaire infatigablement un personnage très inspiré. Les lunettes sur le bout du nez, Gérard, du matin au soir ou presque est plongé dans sa bulle créatrice. Depuis 5 ans, ce touche à tout insatiable imagine, dessine, façonne, découpe, perce, peint, teinte des dizaines de luminaires alliant les qualités de l’artisanat traditionnel au design contemporain. A l’affût d’inventivité et de formes nouvelles, il travaille seul et réalise à la main, à l’aide d’une perceuse, d’une ponceuse et d’une scie à guillotine une collection exclusive de luminaires personnalisés qu’il se plait à faire évoluer au fil de ses émotions. Son matériau de prédilection, le PVC, inoxydable et sûr lorsqu’il épouse les ampoules LED.  Mais, notre créateur n’hésite pas à s’échapper de sa zone de confort pour réaliser de belles suspensions aériennes en polypropylène, des lampes futuristes en tubes galvanisés, en flexibles rigides ou même…. en grillage de lapin…. Il y en a pour tous les goûts, de toutes les envergures, de toutes les hauteurs et de toutes les couleurs déposées harmonieusement au pinceau, à l’éponge ou au doigt. Suspensions, appliques, lampes à poser, veilleuses, chaque modèle est unique,  créé sur mesure. La douce lumière tamisée d’une ampoule LED, confortable, écologique, économique et de très longue durée se diffuse délicatement au travers de ces créations atypiques mais très fonctionnelles.

Et, si, au début de son installation, ce sont les hôtels, architectes, décorateurs, les restos et les boutiques qui furent séduits par les créations d’Ilba Boutique, aujourd’hui, son carnet de commande déborde d’attentes de particuliers tant européens, américains que dominicains qui se pressent dans ce délicieux show-room, avides de découvrir ou de faire vivre le luminaire très personnel qui éclairera leur intérieur. Très convivial, Gérard n’est pas avare de conseils et de petits astuces. Il aime à guider ses clients, à leur expliquer son travail, à leur faire découvrir ces merveilles d’ingéniosité qui pimenteront leur décor en lui donnant une petite touche tendance très personnelle.

Sympa aussi, au détour d’une étagère, entre un belle lampe à poser et une applique aussi craquante qu’originale, on découvre toute une gamme d’ampoules Led, d’intérieur ou d’extérieur, toutes petites, très grandes,  des stars, belles à croquer et même des intelligentes qui continueront à vous éclairer même en cas de panne de courant.

Ilba Boutique est ouvert chaque jour en non-stop sauf le dimanche et le samedi après-midi.

Plaza Italia (face au supermarché Pola)

ilba-construccion@hotmail.com

Ca c’est dit!

J’ai vécu 6 années fabuleuses à St-Barth lorsque j’ai quitté la France il y a 20 ans. J’y ai malheureusement connu trois cyclones. Certes moins violents qu’Irma mais traumatisants quand même. Et j’ai pu lors de ces événements douloureux constater à quel point le mot solidarité était important sur cette toute petite île. Alors, comme la population de St-Barth, ça me fait mal et ça m’exaspère quand j’entends des commentaires stupides et vains comme ceux auxquels Xavier Lédée se réfère. Il nous livre ses réflexions sans ambages, j’adore sa prose précise et efficace. Merci pour St-Barth Monsieur Lédée.

 

Xavier LEDEE à Unis pour Saint Barthélemy

Suite au reportage de Monsieur Hugo Clément dans l’émission #Quotiden de Monsieur Barthes, j’ai souhaité leur répondre pour préciser un peu la situation de notre île.

Monsieur Barthes,

Vous avez ce 24 Octobre décidé avec vos équipes de faire un reportage sensé montrer l’évolution de la situation de Saint-Barthélemy depuis le passage de l’ouragan Irma au début du mois de Septembre.
Vous avez fait le choix de comparer la situation de St Barth et de l’île voisine de St Martin. On peut comprendre ce choix car si les deux îles ont vécu le même ouragan, les conséquences n’ont pas été les mêmes et la reconstruction ne va pas au même rythme.
Vu la teneur de votre reportage et le parti pris dans l’analyse faite, nous sommes nombreux sur l’île à ne pas comprendre votre objectif.
Personnellement, je ne vois que deux options : vous avez souhaité faire un travail journalistique honnête et sincère suite à un événement traumatisant pour toute une population ou faire le buzz a tout prix au mépris le plus total de ce que nous avons vécu.
Si votre idée était de présenter de manière sincère ce qui se passe à St Barth, permettez-moi de vous dire que malheureusement, votre travail de recherche n’est pas abouti et que votre reportage ne traduit pas de manière objective et totale ce qui se passe ici. Je souhaite donc ici vous apporter quelques précisions.
Commençons si vous le voulez bien par ce qui est dit dans le reportage et plus particulièrement dans l’introduction de Monsieur Clément :
– « Personne n’attend les aides car personne n’en a besoin » C’est doublement faux. D’abord car les gens n’ont pas besoin d’une raison pour ne pas attendre et essayer de remettre l’île sur pied. Les habitants de St Barth sont globalement des gens courageux et volontaires. Aussi, dès le lendemain du cyclone, chacun s’affairait pour faire ce qu’il pouvait pour relever la tête, aider un proche, un voisin ou simplement apporter son aide à la communauté. Je ne sais pas si vous avez déjà vécu un ouragan et en particulier un phénomène aussi violent qu’Irma, mais les premières pensées qui vous viennent sont des réflexes de survie et beaucoup de solidarité sur un territoire si petit que le nôtre où tout le monde se côtoie chaque jour.
C’est aussi faux car certains attendent encore aujourd’hui de l’aide et sont dans une situation difficile. C’est assez cruel pour ces personnes d’entendre dire qu’aujourd’hui personne n’a besoin d’aide à St Barth.
Au-delà de savoir ce que nous attendons ou non, sachez aussi que nous n’oublierons jamais la solidarité dont certains ont fait preuve à notre égard, en particulier la population des autres îles qui a cherché à nous venir en aide dès les premières heures !!
– « Saint-Barth c’est l’île des stars » Faux une nouvelle fois. Saint-Barth est l’île des St Barth, qu’ils soient natifs de l’île ou y aient posé leur valise un jour, en provenance de Métropole, des îles voisines, d’Europe etc. Vous le dites à juste titre, environ 9500 personnes habitent sur l’île à l’année. Je vous invite grandement à prendre la liste du recensement ou à vous procurer une liste électorale pour vous rendre compte que vous ne reconnaîtrez pas beaucoup de nom parmi les habitants.
Alors oui, des « riches » comme vous aimez le rabâcher ont des intérêts économiques sur l’île et oui des « stars » aiment venir sur l’île en vacances. La population n’en devient pour autant pas une population de stars et de milliardaires. Diriez-vous que Paris est devenu une province chinoise ou Quatari car de nombreux riches de ses nations investissent à Paris ?? Diriez-vous que les parisiens sont tous riches parce qu’il y a des arrondissements qui sont bien plus prospères que la majorité des communes de France ? Nous pourrions débattre sur le salaire moyen, sur le PIB par habitant ou que sais-je encore mais vous savez comme moi que les moyennes sont trompeuses. Je suppose que si nous faisions une moyenne des revenus de toutes les personnes qui participent à réaliser l’émission Quotidien elle sera bien loin de représenter la réalité des revenus de bon nombre des « salariés » du fait d’une minorité de revenus bien plus importants que la moyenne.
A toutes fins utiles, sachez que les avions privés dont Monsieur Clément laisse supposer qu’ils appartiendraient à Léonardo Di Caprio ou Beyonce ne sont rien d’autres que les avions de l’aéroclub locale, chose il me semble assez classique sur grand nombre d’aéroport de par le monde et que les yachts qui sont dans nos eaux quelques semaines par an ne sont pas non plus la propriété des habitants de l’île. Quand vous croiserez ces yachts lors de vos prochaines vacances en Méditerranée, ne pensez donc pas que ce sont des habitants de St Barth qui s’y trouvent…
Sachez encore que Palace et 5* ne sont pas la même chose et qu’il n’y a pas 7 palaces à St Barth.
– « 95% de la population est blanche » Je ne saurais donner un chiffre précis car Dieu merci nous n’avons pas ce genre de statistique tenant compte de la couleur des gens sur l’île. Je peux cependant dire sans crainte de me tromper qu’il y a beaucoup plus de métissage que ce qui est annoncé. En revanche, je ne comprends vraiment pas ce que vient faire cette (dés-) information dans un reportage sur la reconstruction post cyclonique d’une île !?!? Cherchez-vous à faire passer un message ?
– « Le tourisme est l’activité principale de l’île » Voilà quelque chose de vrai. Je pense que cette phrase à elle seule devrait vous expliquer pourquoi à St Barth « personne n’attend les aides ». Le tourisme est le gagne-pain de nombreuses personnes sur l’île. Nous sommes tous concerné et nous nous démenons tous pour que l’activité reparte car nous en avons besoin. Aujourd’hui entre 30 et 50% minimum de la population active de l’île a une activité réduite ou inexistante alors que la saison touristique est sensée débuter dans quelques jours pour durer plus ou moins 6 mois. En d’autres termes, si nous ne mettons pas les bouchées doubles aujourd’hui, nous risquons de devoir attendre un an et la saison 2018. Alors nous n’avons pas le temps de nous demander si nous avons besoin ou non de l’aide de l’Etat. Nous nous retroussons les manches et nous allons de l’avant.
– « Ici les maisons ont été mieux construites et avec un gros budget » Je ne vais pas nier qu’il y a sans doute plus d’argent mis dans les constructions à St Barth qu’à St Martin. Sachez toutefois que la raison principale qui a fait que les maisons ont moins souffert à St Barth est une question de choix architecturaux. J’en veux pour preuve que des petites cases traditionnelles bien entretenues ont parfois moins souffert que certaines grandes villas qui n’ont pas tenu compte des risques météorologiques.
-« On a l’impression qu’Irma n’est pas passée ici » Je pense sincèrement que si nous n’avons pas de raison de nous gargariser, la population de St Barth peut toutefois être fière du travail accompli depuis le 6 Septembre. Oui, nous sommes heureux à l’idée d’être capable d’accueillir prochainement les touristes qui souhaiteront venir sur l’île. C’est un vrai challenge que nous sommes en train de relever tous ensemble. De là à dire qu’on a « l’impression qu’Irma n’est pas passée » c’est une nouvelle fois je trouve un manque de respect entre autre pour ceux qui subissent chaque averse comme une nouvelle punition. Monsieur Clément n’a sans doute pas eu le temps de réellement parcourir l’île ni de se renseigner sur ce qu’était St Barth le 3 Septembre…
Ces quelques éléments vous permettrons j’espère d’approfondir votre connaissance du sujet et peut être d’éviter d’énoncer des contre-vérités lors de vos prochaines soirées mondaines.

Si votre objectif était en revanche de faire du buzz, je n’ai alors pas grand-chose à dire.
Sachez quand même qui si pour vous tout est peut-être prétexte à faire un reportage vendeur plutôt que sincère et objectif, vous le faites ici sur le dos d’une population qui a été traumatisée mais qui fait face. Vous semblez vouloir faire une classification du malheur sur des critères qui vous sont propres. Peut-être pourrez-vous à votre tour m’éclairer et me dire à quel niveau vous situez le traumatisme d’heures d’enfermement à craindre pour sa vie, la douleur de devoir quitter une île que vous aimez profondément car vous n’avez plus ni toit, ni perspective professionnelle, la tristesse de voir balayer tous vos souvenirs emportés par la mer et le vent, l’horreur de se tenir devant l’emplacement de la tombe disparue d’un proche…
Si vous souhaitez comparer la situation dramatique de St Martin à celle de St Barth, personne n’osera dire ici que nous sommes plus malheureux que nos voisins que nous essayons d’aider dans la mesure de nos moyens. Nous avons bien trop de respect pour avoir autre chose que de la compassion pour eux et pour toutes les personnes qui ont fait face à une saison cyclonique historique.

De grâce Monsieur Barthes, évitez à l’avenir les généralités et les raccourcis. Je me trouverais parfaitement injuste si je jugeais tous les journalistes par rapport au reportage qu’il a été donné de voir ce 24 Octobre et nombre d’entre eux serait sans doute aussi navrés de s’entendre décrits de la sorte que nous le sommes aujourd’hui en voyant votre reportage

Balade d’automne, 5 semaines après Maria, la nature a repris ses droits….

L’étrange oiseau nous protège à nouveau de ses ailes déployées

….et rarement un mois d’Octobre n’a été si doux, si voluptueux. Et, si le soleil, subrepticement, presque en catimini, change sa trajectoire, adoucit ses rayons devenus moins ardents, si, épuisé d’un été qui ne semble jamais finir, il se couche plus tôt, plus vite, plus longtemps, il nous fait la faveur de nous sourire chaque jour. Grâce à lui, notre belle nature, bousculée, chiffonnée par ces deux harpies qui ont éprouvé chacun d’entre nous et semé la désolation dans les îles voisines, la belle nature se venge, s’émancipe. Des associations de plantes improbables s’organisent dans les recoins cachés de mon jardin, les fleurs explosent d’une beauté rayonnante dans de fabuleux coloris, les bananiers poussent en sauvageons et croissent à une vitesse dingue. Le jardin, amputé de quelques grands arbres n’en est que plus beau. Les arbrisseaux privés de soleil par les branches touffues des beaux géants abattus par les cyclones se gorgent de soleil et de bienfaisante pluie. Une pluie discrète et civilisée qui a la bonne idée de ne pointer le bout de son nez que durant la nuit ou très tôt le matin, histoire de ne pas déranger les belles heures de nos journées ensoleillées. La maison, petit à petit se ressaisit et arbore avec fierté son petit air narquois « d’avant ». Les hamacs retrouvent leurs places et l’étrange oiseau de la terrasse nous protège à nouveau de ses ailes déployées. Les suspensions lumineuses, lanternes revisitées ont pris un petit coup de jeune et nettoyées, relookées, trônent fièrement au-dessus de la belle table de la terrasse, se reflétant, la nuit venue dans l’eau cristalline de la piscine. Bref, la vie a repris son cours, les journées, puis les soirées, leur rythme indolent et l’envie subite de quitter au plus vite ce paradis qui n’en n’était plus un se dissipe petit à petit au fil du beau temps revenu. Après le départ si imprévu de Paquita, je ne vis plus qu’avec 9 chiens qui semblent aussi heureux que moi de ce retour à la normalité et à la beauté de tout ce qui nous entoure.

Juste, histoire de vous faire partager un petit moment de mes plaisirs secrets, quelques images chipées hier dans mon jardin enchanté.

Du beau pendanus ne subsiste qu’une étrange sculpture….

Elle a eu chaud la tit’ auto bleu. Un garage tout neuf la protège entourée d’une multitude de plantations.

 

« Dans mon cœur tu es tatoué…. »….

Française de naissance mais dominicaine de cœur et d’adoption, c’est tout naturellement qu’Anne Satin éprouva l’envie de rendre un hommage musical à ce pays et ce peuple qu’elle aime infiniment. Amoureuse des sons latino, l’auteur-compositeur-interprète, toujours exigeante et perfectionniste n’a pas hésité à s’éloigner de son registre et de se rapprocher d’un des bachatero les plus talentueux, Pedro Acosta,  pour nous offrir en toute simplicité un véritable petit bijou. Danse voluptueuse, sensuelle et élégante mariant à elle seule les rythmes latino-américains comme le tango, le cha-cha ou le boléro, la bacchata est l’emblème de la République Dominicaine où elle est née. Ecrite et composée à 4 mains, la bacchata d’Anne et Pedro Acosta associe une exquise mélodie, un rythme délicieusement chaloupé et cerise sur le gâteau des paroles sucrées et caressantes…. en espagnol et en français, une première en la matière.

Enregistrée à Santiago avec des musiciens haut de gamme, Mi corazon por ti se muere…. (c’est le titre …. évocateur) marque, à n’en pas douter, le début d’une belle collaboration entre une artiste qui n’a pas fini de nous surprendre et un jeune musico qui, malgré sa discrétion, voire sa presque timidité, a pris l’habitude de faire salle comble là où il se produit. Il faut dire qu’il est aussi l’auteur de quelques uns des plus célèbres morceaux de l’incontournable Franck Reyes… Visiblement, l’idée de ce rapprochement musical entre deux cultures bien différentes l’a séduit à en croire le délicat message qu’il a pris la peine d’envoyer à sa complice d’un jour :

« Para mi es mas que un honor poder trabajar con una Artista tan talentosa e humilde, gracias Anne Satin por esta maravillosa idea de hacer esta hermosa canción de amor entre dos cultura diferente  »Mi corazón por ti se muere » satisfecho por el gran logro musical, vocalización, mezcla e masterizacion, espero que disfruten de estas hermosas melodías.

Pedro Acosta »

Et maintenant, histoire de rester dans le ton et de prolonger ce bel échange franco-dominico, une très belle traduction de Pura Martínez que je remercie sincèrement.

 

Te llevo grabado en mi corazón.

Francesa de nacimiento, y Dominicana de corazón, y de adopción. Es así como Anne Satin, experimenta el deseo de rendir un homenaje musical, a ese país y a su pueblo, que ella ama entrañablemente.

Enamorada de los sonidos latinos, la autora-compositora e intérprete, siempre exigente y perfeccionista, no dudó en alejarse de su género, y de acercarse a uno de los más talentosos bachateros: Pedro Acosta, para ofrecernos con mucha modestia una auténtica pequeña joya. Baile voluptuoso, sensual y elegante, al que únicamente se aparejan, los ritmos latinoamericanos tales como : el tango, el cha cha cha, y el bolero.

La bachata es el emblema de la República Dominicana, de donde es oriunda. Escrita por 4 manos, la bachata de Ana y Pedro Acosta, se asemeja a una melodía exquisita, y a un ritmo deliciosamente cadencioso, como cereza sobre la torta, con letras cargadas de dulzura y caricias, y como una primicia en el género, en Español, y en Francés. Grabada en Santiago, acompañados de renombrados músicos.《Mi corazón por tí se muere》, evocador título, que marca sin lugar a dudas, el debut de una bella colaboración entre una artista que no acaba de sorprendernos, y un joven músico, que a pesar de su discreción, y su casi timidez, sus presentaciones son a casa llena. Pedro Acosta es también el autor de algunos de los grandes éxitos del  » Príncipe de la bachata »: Frank Reyes.

Es evidente que la idea de éste acercamiento musical, entre dos culturas tan diferentes, la sedujo a creer, que valió la pena, el delicado mensaje enviado a su cómplice de un día.

« Para mi es mas que un honor poder trabajar con una Artista tan talentosa e humilde, gracias Anne Satin por esta maravillosa idea de hacer esta hermosa canción de amor entre dos cultura diferente  »Mi corazón por ti se muere » satisfecho por el gran logro musical, vocalización, mezcla e masterizacion, espero que disfruten de estas hermosas melodías.

Pedro Acosta »

Paquita, la belle comtesse…

Un caractère bien trempé, têtue, indépendante, solitaire…. une intelligence juste incroyable, un physique de star… Elle partageait ma vie depuis près de 12 ans, Paquita, ma douce, ma sauvageonne  nous a quitté cette nuit.

Arrivée à la maison sous l’oeil curieux de Mina et Domingo.

 

Exploration….

 

Très star ma belle Quitou.

 

Une belle complicité avec Domingo son grand frère, son préféré.

Très fine et gracieuse de nature, depuis quelques temps, elle avait beaucoup maigri mais comme son appétit légendaire, n’avait pas diminué, pas de raison de s’inquiéter…. C’est ce que je croyais. Puis elle a commencé à bouder la nourriture, seules les tartines de beurre salé du matin trouvaient grâce à ses yeux…. et à maigrir de plus en plus. Vendredi, direction la clinique d’Enrique….. Prise de sang, tests….. non!!!!!…. positif à l’ehrlichiose. Une forme terrible de la putain de maladie transmise par les tiques. Elle avait été atteinte il y a quelques années, soignée mais pas complètement délivrée de cette insidieuse saloperie qui a fini sournoisement par lui détruire les reins…. Je devais cependant la récupérer aujourd’hui avec à la clé un solide régime alimentaire. Mais ce matin, le coup de téléphone que tout le monde redoute. Paquita est morte cette nuit, perfusions et soins intensifs n’ont pas suffi.

Je t’aime ma belle sauvageonne, tu vas beaucoup nous manquer à Mimi, à moi et à tes petits compagnons qui s’étaient habitués à ton caractère impétueux et te respectaient comme la comtesse que tu étais.