Et puis, octobre s’en est allé….

Puis, octobre s’en est allé et Novembre s’est installé. A la fin du mois, on fêtera comme il se doit la fin de la ‘’temporada cyclonica’’. Durant les 6 prochains mois, plus de crainte côté ciel, l’océan frileux de ses quelques degrés échappés ne servira plus de pitance aux furieuses tempêtes qui prennent un plaisir malin et sournois de se nourrir de sa douce chaleur. C’en sera fini pour un long semestre des regards inquiets vers le ciel, vers les cartes météo des spécialistes et l’on pourra en toute quiétude dormir sur nos deux oreilles. En même temps, cette année, le ciel nous a été clément. Aurait-il eu honte de ses déchaînements passés. Montons la garde quinze petits jours encore, je me souviens d’un vilain Karl en l’an 2000 qui m’a fait verser bien des larmes lorsqu’il s’est abattu sur ma petite maison de St-Barth le 15 novembre de l’an  2000….

Novembre est là et le soleil fripon joue à cache-cache avec la pluie. Au-dessus de mon château de feuilles, le ciel immense resplendit d’un tas de bleu plus étourdissant les uns que les autres. Ou respire la tristesse tout de gris vêtu. Un moment, le bel astre scintille de tous ses feux, oubliant, le coquin, que l’été s’en est allé. Un moment la pluie fait son entrée, pernicieuse ou furibonde et le doux soleil nous abandonne le temps que la furieuse se calme. Mais, un moment plus tard il réapparaît plus chaud et brillant que jamais. Alors, il s’agit de ne pas se faire surprendre lorsque l’on se décide à enfourcher nos quads ou à sauter dans nos fragiles golfettes pas étanches, histoire d’aller faire quelques courses. C’est l’angoisse de ma douce voisine Colette qui guette fébrilement l’instant propice entre deux trombes d’eau pour partir à l’assaut des sempiternelles courses, il nous manque toujours quelque chose. Entre nous, une fois sur deux elle se fait avoir, madame la pluie est plus maline qu’elle….

En novembre le soleil fait la grasse matinée et se couche bien plus tôt. A 6 heures l’obscurité nous enveloppe peu à peu puis d’un coup la nuit tombe. Ici, le crépuscule est fugace tout comme l’aube d’ailleurs. Les nuits sont plus fraîches, la piscine abandonne avec regret ses 30 degrés et frôle les 27… Dans la journée, la chaleur est toujours présente mais tellement moins accablante. C’est un vrai bonheur de se balader le long de la plage toujours déserte, de batifoler dans les vaguelettes douces, de déjeuner face au plus beau panorama du monde. J’aime bien novembre, et puis Noel est tout proche et même chez nous, l’atmosphère, petit à petit se parfume d’une vraie senteur de fête.

J’aime bien novembre à Las Terrenas. J’aime tant Las Terrenas.

Les escapades gourmandes de Domy et Gary: le Kaliste

 

Elle, c’est Domy. Petite soixantaine, resplendissante, dynamique et…. Gourmande. Après une vie professionnelle très active et plutôt épuisante, elle est venue se reposer à Las Terrenas. Bien sûr elle en est tombée amoureuse et a décidé d’y déposer ses valises…. Elle y a rencontré l’homme de sa vie et en prime un amour de petit bout de chou de chien…. Gary, la prunelle de ses yeux, sa compagne au quotidien qui, ravie, partage avec un bonheur non dissimulé ses escapades gourmandes.

Domy s’est prise d’une passion pour le moins étonnante, originale en tous cas… découvrir à travers les petits déjeuners ou simplement en passant prendre un verre, les différents hôtels et restaurants emblématiques du village. L’envie m’est venue de vous faire partager ses pérégrinations gourmandes, histoire parfois de replonger dans des balades personnelles inoubliables.

 

Aujourd’hui: Le Kaliste, un havre de paix au décor épuré et à la cuisine colorée.

C’est au beau milieu d’une véritable oasis aux mille pelouses impeccables, aux massifs fleuris, à la piscine jolie et limpide que Valérie a choisi de nicher son petit restaurant, Le Kaliste. La résidence de l’Aligio est belle et raffinée, elle inspire au calme et à la douceur de vivre. Le resto est chic dans sa discrétion, sobre, élégant et la cuisine de Valérie, venue d’horizons divers, pleine de saveurs et de couleurs…

Pas de carte, mais, appuyées contre le mur de grandes ardoises aux suggestions gourmandes font la fière. Et, elles ont raison de parader, plats, menus et tarifs affichés ont de quoi faire saliver ceux qui s’aventurent à les regarder. Il y en a vraiment pour tous les goûts et tous les appétits. Salades gourmandes, pâtes crémeuses ou à la tomate, aux crevettes, ceviches délicatement parfumés. Valérie réussit avec brio le pari de faire le lien entre la tradition bistronomique, les spécialités locales et la cuisine asiatique de haut vol. Les inconditionnels de la bonne viande aimeront le succulent filet de bœuf juste saisi à la plancha avec sa petite sauce au choix ou le bel éventail de pétales de filet de bœuf, roucoula et minces feuilles de parmesan ou encore le sublime poulet thai. Les crevettes au gingembre, miel, juste pimentées à la perfection, sont une tuerie et je ne vous parle même pas des pâtes chinoises au poulet, j’ai cru mourir de bonheur en les dégustant. Mais c’est pas tout, la jolie dame pousse le vice jusqu’à proposer une ardoise de desserts plus alléchants les uns que les autres. Crème brûlée, tarte au citron, riz au lait au caramel salé, délicate mousse au chocolat, tiramisu, nougat glacé et pour ceux qui se refusent à choisir, un café gourmand…. heu…. Vraiment gourmand. Un superbe endroit, une super bonne femme et une cuisine gourmande, différente, à la qualité constante. Bravo Valérie, à très vite !

Pour le coup, l’escapade fut plus que chaotique, démarra mal, mais se termina en apothéose.

Après 2 tentatives infructueuses à la Ola et à Las Playas del mar (plus du tout ou trop peu de clients pour faire des petits déjeuners) je me suis rendue au restaurant le Kaliste.

Devant la belle piscine au coeur de l’appart hôtel Aligio, le restaurant de Valérie propose des petits déjeuners pour tout public. Je connaissais déjà le Kaliste et Valérie pour sa cuisine savoureuse et ses gâteaux à tomber, mais je n’avais jamais testé le buffet du matin.

Composé de toutes sortes de pains et petites viennoiseries, d’un pudding délicieux, de fruits et jus naturels, ainsi que d’omelettes et oeufs brouillés, il est coloré, bon et copieux.

Gary quant à elle, a dévoré un mini croissant !

Le prix de 450 pesos qui m’avait été annoncé à mon arrivée, s’est réduit à 300 car je n’ai pas consommé des oeufs.

Un bon moment bien agréable dans un joli cadre !

Les escapades gourmandes de Domy et Gary… La Paneria Italian Bakery

 

C’est l’endroit du moment. Le lieu où l’on se doit à tout prix de passer, histoire de voir et d’être vu, histoire de boire un café, un cappuccino ou, pour les plus audacieux se régaler d’un copieux et inimitable gourmand petit déjeuner. La Paneria Italian Bakery a élu domicile Puerto Plaza, sur le pont inférieur du beau bateau. Et, depuis son ouverture, l’établissement comme le dit si bien Domy fait terrasse pleine. Le lieu est agréable, il y a des places de parking à volonté, c’est confortable, on voit la mer et l’on est sûr d’y rencontrer le tout LT.

Question petit dej’, c’est le must. Un choix époustouflant de bonne viennoiserie et pâtisseries à affoler les papilles. Incorrigible gourmande, Domy s’y est rendue avec sa compagne Gary, elle nous raconte une mémorable expérience gustative des étoiles plein les yeux….

Cette fois ci, j’ai eu envie d’un petit dej très gourmand…

Récemment installée à Puerto Plaza (le barco) la Paneria italian fait terrasse pleine tous les matins.

Avec sa belle viennoiserie aux parfums de l’Italie, la vitrine fait déjà saliver : croissants croustillants nature, ou garnis de crème, de chocolat, ou de confiture, savoureuse focaccina, petits gâteaux en pâte feuilletée caramélisée ou pâte à choux, généreusement fourrée de chocolat ou vanille, mignonnes meringues dorées et cuites à point, palmitos croquants…..C’est régressif mais totalement délicieux.

Avec un capuccino et un jus naturel de mangue, je me suis régalée pour 260 pesos (~4,50€/personne). Gary était aux anges et moi aussi….

Séquence souvenir, 2009…. Las Terrenas dans tous ses états….

Petit clin d’oeil aux amoureux de LT, j’ai retrouvé ce petit conte partagé avec 2vouzamoi en 2009…. Beaucoup de choses ont changé, à commencer par le Village des Pêcheurs d’antan, parti en fumée. Bonne balade dans le passé, il y a 10 ans déjà.

Doris Ruhl . 2vouzamoi.com . (29/12/09)

C’est fou le nombre d’événements s’étant déroulé en 2009 et se déroulant encore à LT en cette fin d’année. Ca bouge dans tous les sens à vous en donner le vertige. Essayons d’y mettre un peu d’ordre.

A commencer par notre petit coin fétiche, le Village des Pêcheurs. Et oui, Franky (mon chouchou)a rendu son tablier, bye bye Indiana, on t’aimait bien, tu le sais. Mais bon, Patrice et son épouse se sont retroussés les manches et conseillés, aidés, drivés par Stephanie, ils nous offrent en échange l’Indigo. Rien à voir. Fini le côté bohème cher à Franky. Ici tout est clean, soft, cosy. La cuisine s’est un peu poussée pour permettre à l’entré de prendre ses aises. Le bar, métamorphosé est immense. Effets trompe-l’œil et indigo sur les murs ponctués de miroirs un brin baroques, vaste banquette d’angle, fort conviviale… c’est stupéfiant. Le coin resto domine toujours la mer dans un décor smart et propret. Une bonne idée, l’Indigo est ouvert midi et soir.

Le Toro. Un peu plus compliqué comme histoire, on ne va pas s’appesantir. De Toro dirigé par Xavier, c’est devenu Xavier, sans Xavier puis, aux dernières nouvelles le nom change à nouveau mais Xavier reprend les rênes… de quoi y perdre son latin.

Quant au Cayuco, il s’est offert un lifting, et accueille désormais un beau grand bar animé par un excellent DJ. Une jeunesse de toutes nationalités s’y presse dès l’heure de l’apéro et jusque tard dans la nuit.

Un nouveau resto, Rendez-vous. Mais ne vous fiez pas au nom et au design coquin du logo. Resto italien, les pieds dans l’eau, il propose une cuisine très intéressante.

Une Galerie d’Art s’est nichée tout près du Cuca Marina où René et Anny nous régalent toujours de leurs savoureux petits plats. Ca reste un must.

Gracias Dios, le Gaïa de notre Sergio national est toujours là. Il me semble qu’il s’agrandit encore, il va falloir attendre un peu pour découvrir le nouvel espace

Bon, la Salsa n’a pas bougé et la Terrasse non plus. D’ailleurs, là, il n’y a vraiment rien à changer, à l’heure du déjeuner ou du dîner, le resto déborde de monde.

Un peu plus loin, calle Carmen, le Barrio Gringo a ouvert ses portes récemment. Bar et petite restauration y attirent un grand nombre de noctambules.

N’insistons pas sur les nombreux petits établissements qui fleurissent à présent ça et là sur la Calle Carmen. Certains sont parait-il à découvrir.

La Medina, un beau resto marocain dirigé par Rachid et la jolie Sofia vient de rouvrir après quelques mois de fermeture. Le couscous y est toujours aussi délicieux.

Côté Paseo, réouverture très attendue de la Cave à Vin. Un décor sobre et raffiné, une belle gamme de vins à emporter ou à consommer sur place accompagné de tapas maison vraiment excellentes. On attend avec impatience la petite terrasse adjacente. En prime, face à la boutique, une jolie petite place animée par un jet d’eau a vu le jour. Très sympa.

L’OM Café entièrement relooké par Jérôme le maître des lieux est devenu le Bistr’eau. Cuisine du terroir comme les paupiettes de nos grand’mère ou l’osso-bucco aux tagliatelles et toujours les grandes parties de boules entre copains.

Michel du Syroz s’est un peu retiré du monde de la nuit (pas trop je vous rassure) et a confié les clés de son établissement à Christelle. Dans un décor clair où le bois blond prédomine, elle ouvre désormais les portes dès l’après-midi pour des coupes de glace géantes ou des cocktails parfumés. Un autre plus à son actif, le petit bar à tapas qui vient juste de voir le jour côté rue.

Relookage aussi pour la Paco qui nous propose pour la saison d’hiver une cuisine gastronomique concoctée par un jeune chef français très créatif.

Ce n’est pas un resto de plus mais un adorable magasin de jouets qui s’est installée Plaza Kalinda (en face d’Atlantique Sud). Carrusel. Sophie y a sélectionné une belle gamme de joujous pour tout petits ou plus grands à des prix très doux.

Terminons par les ouvertures plus anciennes mais non moins attractives comme la belle boutique d’Alexandra, Thé Copines, le Zingaro Café et la nouvelle pâtisserie de Nadine juste à côté (bonjour les kilos en trop les filles….), la boutique de Clotilde Shanel qui est passée de la calle principale au Paseo…. Et plein d’autres que je dois oublier qui ne m’en voudront pas, j’en suis sûre. D’ailleurs, à vous de les découvrir.

Doris Ruhl (29/12/09)

L’après….

Après avoir détaché nos liens, nous nous sommes dirigés vers la route, pieds nus et l’allure pas très nette d’une nuit pour le moins agitée. Les automobilistes qui nous croisaient, peu rassurés par notre aspect ‘’négligé’’ prirent bien soin de ne pas s’arrêter. Enfin une maison, des habitants moins craintifs et ce monsieur, serviable qui nous conduisit en auto jusqu’au poste de police. Malheureusement, il était encore fermé et, nous dûmes patienter un long moment avant de voir se pointer l’ombre d’un agent.

Après lui avoir exposé les faits, passé un peu d’eau sur le visage et bu un pas trop mauvais café, nous attendîmes la venue de deux policiers chargés de nous reconduire à Trancoso, à quelque 160 kms de là. Le trajet fut interminable le long de pistes chaotiques. Luc, le consul honoraire que nous ne connaissions pas encore nous attendait à la gendarmerie de Trancoso. Sa rencontre fut le seul point positif de cette dure période. Nous ne le remercierons jamais assez pour son aide. Il nous raccompagna à la maison où nous attendait le jardinier qui nous apprit que les chiens s’étaient enfuis, probablement à notre recherche et qu’il avait eu beaucoup de mal après qu’ils soient rentrés au bercail, à les approcher. Et, en effet, en les voyant je compris tout de suite que quelque chose clochait. Ils étaient incontrôlables, se battaient entre eux et ne laissaient approcher personne d’autre que Michel et moi…. Le lendemain, dépôt de plainte au poste de police de Porto Seguro et début d’un long calvaire.

Les chiens

Finies les courses folles dans l’eau du rio, ils étaient devenus craintifs donc agressifs et dangereux. A la moindre excitation, ils se battaient au sang. Je me souviens de Coca et de son trou béant près de la gorge, on pouvait y enfoncer le poing. Par chance, parfois il y en avait encore un peu de la chance, la vétérinaire était au top et à force de me voir avec mes éclopés presque chaque jour, on avait vraiment sympathisé. Plus personne ne pouvait entrer sur la propriété, je devais les mettre en cage à chaque venue du jardinier ou de l’électricien chargé de nous installer une alarme tout autour des maisons.

La vie

Dès le lendemain de l’agression, nous avons fait installer un système d’éclairage dans le jardin ainsi qu’une alarme. Les chiens presque d’eux même s’étaient répartis pour leur garde nocturne. Sur le balcon 3 cages de transport où 3 d’entre eux somnolaient tout en surveillant le terrain et les 5 autres dormaient au pied et sur le lit. La clef de la serrure réparée, nous ne manquions plus jamais de la fermer à double tour. Mais les nuits, malgré tout, malgré la batte de base-ball et les couteaux cachés sous les oreillers, étaient angoissantes… Rien ne serait plus jamais pareil et pourtant à ce moment-là, pas question de partir. D’abord notre maison de LT était louée à défaut d’être vendue et puis je n’avais plus les moyens de louer un jet privé à 100000 dol pour mes chiens, pour repartir d’où l’on venait…

Environ 3 semaines après les événements, coup de fil de la police, ils avaient retrouvé notre voiture…. Au volant le chef de la bande avec son superbe tatouage dans le dos et sur le siège à côté de lui, mon sac et tous mes bijoux sauf une ou deux babioles…. Les voyous s’étaient échappés de prison et le pauvre idiot de chef s’est fait prendre lors d’un banal contrôle de police alors qu’il n’avait toujours pas de permis. Mais tout n’est pas toujours bien qui finit bien….

Quelques jours plus tard, je devais me rendre à Porto Seguro, direction Police fédérale pour prolonger mon visa qui au départ n’est valable que 3 mois. Normalement, de mémoire d’avocate, aucun souci, le visa est prolongé automatiquement de 3 mois pour les ressortissants français…. Sauf que cette fois, en ce qui me concerne, ce fut NON…. Paniquée, je demandais en anglais à mon interlocuteur…. Mais qu’est-ce que je vais faire…. Il m’a répondu retourne chez toi….

Il faut dire, mais ça je ne l’ai vu que plus tard qu’au Brésil, dans chaque bureau fédéral ainsi que dans les aéroports de sympathiques écriteaux précisent, ce n’est pas parce que vous êtes propriétaire au Brésil que vous que le droit d’y rester… En plus de vivre une vie de merde, paniquée dès que la nuit se pointe, je suis persona non grata, immigrée clandestine sans papier. Ca commence à faire beaucoup.

Des événements troublants

Si je réfléchis bien, il y a longtemps que j’aurais du me rendre compte qu’au Brésil j’étais persona non grata. Avant mon départ déjà, quand à la dernière seconde mon avion du faire escale à Salvadore, augmentant considérablement le coût, puis ce fut la panne de courant inexpliquée à la tour de contrôle durant des heures sans parler de l’accueil des policiers de l’aéroport qui voulaient me mettre en prison faute de billet retour… La découverte de la maison entièrement saccagée par l’ex propriétaire, l’accident des livreurs d’électro-ménager, du couvreur, de l’électricien…… mes jambes déformées, bouffées par des milliers d’insectes plus voraces les uns que les autres, l’agression et puis …. nous apprîmes qu’une petite fille avait été assassinée ici même dans ma maison l’année passée…. Et ce n’était pas fini.

Côté LT par contre, bonne nouvelle, les locataires qui avaient un bail et que je ne pouvais pas chasser de chez moi m’envoyèrent un message me disant qu’ils étaient désolés mais ne pouvaient plus rester chez moi. Ils quittaient donc la maison en juillet. Ils s’attendaient à une réplique virulente de ma part alors que j’étais aux anges. Ca a fait clic dans ma tête, la décision était prise, on rentrait à la maison.

Avec l’aide de Luis un ami de Santo Domingo et de Luc, le consul honoraire, nous réussîmes à organiser le retour des 8 chiens par une société spécialisée. La date du départ fut fixée…. Je commençais à empaqueter tout, prête à abandonner cette folie…. C’était compter sans le sort qui s’obstinait sur nous… l’interlocuteur de ladite société en charge du rapatriement de mes chiens à Rio est mort subitement…. Le départ fut retardé…. Mais le jour arriva enfin où je montais dans un taxi avec 90 kgs de bagages. Mimi restait encore une petite semaine histoire de régler quelques derniers détails. Les chiens étaient tous partis. Chaque nuit, en compagnie de Luc, Michel en avait conduit un à l’aéroport de Porto Seguro à 2h d’ici….

Puis, j’arrivais à Santo Domingo, le plus beau jour de ma vie. GG m’attendait à l’aéroport, le soir nous avons récupéré 4 chiens et le lendemain les 4 suivants. Tous heureux comme jamais de me revoir puis de revoir leur maison.

Mimi est arrivé la semaine suivante. Enfin, nous étions tous chez nous et, juré nous n’en partirons plus jamais.

Depuis, j’aime encore plus ma maison, mon jardin, d’ailleurs, demandez autour de vous, je ne la quitte pratiquement jamais.

3 ans plus tard la propriété de Trancoso a été vendue avec l’aide inestimable d Luc…. Non sans au préalable avoir en partie brûlée…  mais oui ce n’était pas fini….

Les escapades gourmandes de Domy et Gary: Punta Rucia.

Punta Rucia, à l’écart du monde et de la médiocrité…

Dix ans déjà. Nous étions partis, Julien, mon fils et moi à la découverte de la République Dominicaine… Après un long chemin, nous arrivions a Punta Rucia et…..

nous y posions nos valises quelques temps, sans plus aucune envie de découvrir autre chose….

Aujourd’hui, Punta Rucia a légèrement changé de visage, évolué, s’est émancipé, mais si l’on en croit Domy et Gary, le petit village  en dépit de tout a vraiment su conserver son authenticité.

Il y a dix ans . Doris Ruhl . 11/07/09

Il existe tout au nord de la côte nord, au cœur du Parc National de Montecristi, un petit village de pêcheurs, intact et authentique, comme oublié du temps et des hommes. Punta Rucia n’est relié au reste du monde que par une piste de terre, vite impraticable à la saison des pluies. Sans eau courante, ni électricité quelques âmes y vivent essentiellement de la pêche comme en témoignent les innombrables petites embarcations colorées qui mouillent le long des berges.

Les habitants s’abritent dans d’adorables constructions de bois de coco aux toits de palme le long d’une plage de sable blanc aux eaux transparentes.

Ici, pas de cocotiers ni de palmiers royaux, la région est très sèche et boisée de cactus géants, d’épineux et d’acacias, une nature brute mais magnifique qui n’est pas sans rappeler l’Afrique, ses couchers de soleil à couper le souffle et ses vastes cieux étoilés. Sans parler des lucioles géantes qui virevoltent ici et là, à la nuit tombée. Magique.

Punta Rucia, est entouré de mangroves aux palétuviers géants et de lagunes où des milliers d’oiseaux ont élu domicile.

Une réserve nichée tout au bout d’un petit chemin de terre se consacre à la préservation du manatani ou lamentin, doux mammifère marin en voie de disparition. Si le cœur vous en dit, en échange de quelques pesos qui viendront alimenter les caisses de la réserve, un garde vous proposera une petite balade en barque au fil de l’eau. A quelques encablures du rivage, il n’est pas rare d’apercevoir la frimousse étonnée d’un lamentin ou de suivre la fuite désordonnée d’une tortue marine.

Le village somnole langoureusement tout le long de la superbe plage aux eaux cristallines. La journée, les hibiscus sont remplis de colibris frétillants, et le soir, les pélicans entament une ronde effrénée au-dessus de l’océan effectuant des plongeons impressionnants pour ramener leur pitance.

Si Punta Rucia ne compte qu’un petit Colmado, elle s’enorgueillit de deux discothèques. Chaque nuit, sans exception elles diffusent une musique assourdissante pour le plus grand bonheur des quelques jeunes qui, enfin, ont l’impression de vivre. Le bruit cesse d’un coup vers 3h du matin. Peu après, ce sont les oies, les ânes et bien sûr les coqs du voisin qui prennent le relai, histoire de maintenir une constance au niveau du fond sonore !

On ne peut parler de Punta Rucia sans évoquer la plus belle de ses plages, la Ensenada, un véritable joyau, une carte postale où le turquoise de l’océan épouse le blanc crémeux du sable fin. Durant la semaine, elle se la joue aquarelle, calme et sereine, assoupie sous le soleil et bercée par le doux murmure des vagues. Mais le dimanche, elle est prise d’assaut par des centaines de familles dominicaines. Finie la tranquillité, les gros 4×4 font rugir leur sono poussée à fond, mais vraiment à fond, concurrence éhontée à la musique tonitruante des dizaines de petits lolos serrés le long du rivage. Une véritable quincophonie, un carnage de bruits, insolite dans un tel paysage. Mais, néanmoins, une atmosphère dominicaine spéciale et bien réelle. Les petits restaurants où la cerveza, les décibels de bachata, les langoustines, les crabes et les poissons sont à petits prix ne désemplissent pas. Et le lendemain, quand tout le monde a regagné ses pénates, c’est une véritable désolation. Le polystyrène a envahi le sable et flotte sur la mer. Envie de crier. Heureusement, une équipe aguerrie a tôt fait d’effacer ces traces honteuses et de rendre à la Ensenada son vrai visage, celui de la beauté tranquille.

A quelaues encablures de Punta Rucia, quelques minutes en bateau rapide que l’on peut louer au village, se trouve un petit îlot, un récif coralien presque un banc de sable où se dressent quelques cahutes de bois: Cayo Arena. Quel plaisir de plonger au tuba , tôt le matin pour éviter la cohue des touristes en goguette et découvrir ces multitudes de petits poissons colorés qui nagent autour de vous. Ils viendront même vous mordiller les jambes si vous leur apportez un peu de pain ou de bananes dont ils raffolent. Encore un moment inoubliable en dehors du temps. Le retour se fait lentement, le long des mangroves dans l’espoir d’apercevoir, peut-être, un de nos amis lamentin.

Punta Rucia, endroit privilégié, réservé aux seuls amoureux de la nature et de la beauté vraie. Ici les habitants vous accueillent avec leur sourire habituel, mais en même temps avec une certaine réserve. Il suffit néanmoins de croiser un jeune pêcheur et de lui parler de sa fabuleuse prise du jour pour que l’atmosphère devienne plus conviviale.

Ici, pas ou peu d’hôtel, mais si vous montrez patte blanche vous aurez peut-être la chance d’être accueilli avec chaleur dans le petit nid de Marco et Guerty niché tout au bord de la plage mais suffisamment en hauteur pour dégager une vue époustouflante sur la baie bordée de collines verdoyantes, pile face au soleil qui vient mourir sur la mer.

Le soir, installé à la table d’hôte, devant un succulent repas à base de produits frais, concocté par Guerty vous prenez pleinement conscience de la chance de pouvoir savourer de tels moments de plénitude.

Et, comme moi, vous n’aurez qu’une envie, revenir bien vite.

10 ans plus tard, Domy et Gary ont décidé elles aussi de s’évader vers ce petit coin de paradis encore sauvage. Escapade gourmande, mais pas que, à la découverte d’un petit village somnolent, terriblement attachant.

Domy nous le raconte et c’est délicieux:

Punta Rucia, un tout petit village de pêcheurs à l’est de la Rép Dom. 1 rue principale en terre battue le long de la mer, 200 habitants. Pas de banque, pas de distributeurs, pas de commerces sauf 1 minuscule épicerie. 330 jours de soleil par an, et des sourires comme s’il en pleuvait !

Et puis des plages sublimes….

Punta Rucia, plage La Ensenada

Très belle plage de sable blanc, bordée de bout en bout par des petits restaurants proposant des poissons et fruits de mer principalement (langoustes grillées, crevettes, poulpe, dorade…) En semaine la Ensenada est quasi déserte, le dimanche il y a jusqu’à 5000 personnes.

Un bâtiment excentrique domine la plage. Le guide du routard dit que cette bâtisse (château ?) se situe entre un Gaudi tropical et un mauvais Facteur Cheval

Les petits restaurants de la playa la Ensenada

Ils sont 49 au total les uns à côté des autres, et proposent tous STRICTEMENT le même menu. Comme il n’y a quasi personne, on nous a installé des chaises longues et une petite table sur le sable.

Les inratables !!!

✓le vendeur de chaussures souriant et fier de sa belle carriole😊

✓les vaches en promenade

✓les cabines de douches à 25 pesos (0,40€)

✓la salle polyvalente. Le soir les hommes du village apportent des tables et des chaises. Ils jouent au dominos, au billard, ou regardent la télé qui est accrochée sur une des parois de cette grange.

✓la caverne d’Ali Bou Bou

Punta Rucia

La super pizzería El Lino au bord de la mer. Très bonnes pizzas et personnel accueillant et ultra sympathique. La dernière photo c’est la vue du restaurant El Lino sur la plage. Y’a pire !

Fin de journée entre le Punta Rucia Lodge, et le Sand Bay hôtelPetit groupe d’écoliers dans la rue principale. Ils sont tellement contents de poser pour la photo !!

A midi le restaurant Paradise Island nous a tapé dans l’oeil, et nous ne l’avons pas regretté !

Merci Domy pour cette belle escapade où pour le coup tous les sens étaient en alerte et surtout merci pour tes si jolies images.

Et puis….

Et puis….

…. l’impensable est arrivé. En pleine nuit. Trois individus armés, sans scrupule ont gâché notre rêve…..

Rien ne pouvait plus être pareil.

3 mois plus tard, nous avons quitté notre petit coin de paradis et sommes rentrés……à la maison.

Fin de l’histoire.

Récit

Après sa semaine passée à LT, histoire de se confronter aux problèmes face à face, Michel est rentré à la maison le lundi matin. Franchement, on était tous ravis, les 4 patounes et moi…. Après cette parenthèse en solitaire, la vie allait recommencer, douce et câline…. Sauf que….

Dans la nuit de lundi à mardi, vers 2 heures du matin, je fus prise d’une drôle de sensation, une gêne, quelque chose de pas normal….. Depuis toujours, angoissée par un sommeil des plus léger, je dors avec des boules dans les oreilles… je rentre dans ma bulle et m’isole du reste du monde en essayant de plonger dans mes rêves…. Mais là, ce n’était pas à proprement parler un bruit qui m’avait réveillé, mais une sensation….

Pour revenir en deux mots à notre nouvelle vie au Brésil, Michel avait décidé que les chiens n’avaient plus le droit de dormir dans la chambre. Dans notre maison de nuit à deux niveaux, le rez-de-chaussée leur était réservé, j’y avais installé leurs cages de transport et tout un tas de matelas douillets. Visiblement, cet accord leur convenait totalement et le soir venu, sagement ils rentraient dans leur maison improvisée… une barrière les empêchait de gravir les escaliers mais ils pouvaient tout à loisir vagabonder dans le jardin.

Cette nuit-là, j’ouvris enfin les yeux…. Notre chambre entièrement vitrée n’avait pas de volets et le soir, le plus souvent, la porte éphémère n’était pas fermée à clefs. Quelques voilages nous protégeaient de la lumière crue du petit matin. En ouvrant les yeux, je vis immédiatement que quelque chose clochait, les voilages remuaient… Instinctivement, je poussais un cri, les chiens affolés se mirent à aboyer et Mimi se dressa sur le lit….

« Il y a quelqu’un sur le balcon ».  Ce fut un hurlement. La porte s’ouvrit violemment et deux mecs couteaux au poing pénétrèrent dans la chambre… La panique totale en ce qui me concerne et un calme des plus énervants du côté de Michel, pas plus stresse que d’habitude. Les chiens hurlaient de plus en plus fort, excités de ne pouvoir venir se rendre compte de ce qui se tramait à l’étage. Le plus grand des deux mecs a saisi un paréo sur une chaise et l’a déchiré en lanières pour nous attacher les mains. Michel calme, moi gesticulant et criant. Ils ne m’ont toutefois pas frappé mais bien fait comprendre couteau à la main de la fermer. Le pire c’est qu’ils avaient déjà vidé la chambre pendant notre sommeil, ouvert et fouillé tous les tiroirs, les commodes, volé tous mes bijoux qu’ils avaient placés dans mon sac… embarqué mon ordi…. En fait, gonflés et sûrement aguerris, ils ne s’attendaient pas à être surpris…. Mais voilà, leur plan avait foiré et il fallait qu’ils décident rapidement de ce qu’ils allaient faire de nous. Nous avons vu par la suite qu’ils étaient parvenus jusqu’à notre chambre grâce à une échelle que bizarrement notre jardinier avait placé devant le balcon quelques jours auparavant. Balcon se situant à l’arrière de la maison, bien loin du refuge de mes chiens. Oui mais là, pour le coup, la donne avait changé, les chiens étaient partout autour de la maison…. Chacun des deux individus, nous saisirent après nous avoir attaché solidement les mains dans le dos et couteau sur la gorge, nous poussèrent vers les escaliers. Du peu de mots brésiliens en ma possession, j’essayais de leur dire qu’ils allaient se faire dévorer. Les gestes qu’ils firent alors, mimant un tranchage de gorge dans les règles de l’art ne laissèrent aucun doute sur leur intention. Si un chien s’approchait, ils me tuaient et tuaient le chien…. Ok. Mes chiens, dont 4 malinois, étaient jeunes, fougueux mais tous dressés pour me défendre. Ce qui signifie que si je leur disais « Attaque », ils attaquaient mais si je disais « Pas toucher », c’était pas toucher…. J’optais pour le « Pas toucher ». Arrivés en bas, à leur portée, ils nous tournaient autours, les crocs en alerte mais…. obéissant à mon ordre.

Nous sommes entrés dans la maison de jour à quelques mètres, ils ont raflé ce qui restait à rafler, un peu d’argent, un appareil photo, un autre ordinateur, la montre de Mimi et la clef de l’auto. Toujours sous leur escorte, nous sommes partis vers la sortie de la propriété à quelque 300 m de là. En chemin, ils ont récupéré un troisième larron parti fouiller les deux maisons que nous avions pour la location mais qui, hélas pour eux étaient totalement vides. Le «pauvre », il s’est pissé dessus en voyant arriver les chiens ce qui a bien fait marrer ses copains, pas nous. Arrivés à la voiture, ils nous ont poussé à l’intérieur et l’un des trois s’est mis au volant….. aucun n’avait le permis, ils étaient très fiers de s’en vanter.

Puis ce fut un périple angoissant. Ils parlaient entre eux dans cette langue que je ne maîtrisais pas ou si peu. Cependant, il était évident qu’ils voulaient se débarrasser de nous. A maintes reprises, ils prirent des petits chemins de traverse, histoire de nous planter là ou…. pire. Sauf qu’à chaque tentative, une personne sortie de l’ombre était là pour contrecarrer leurs funestes projets. On a roulé des centaines de kilomètres, des heures et des heures brinqueballés à l’arrière de la voiture, à 4 sur un siège inconfortable, coincés entre deux individus qui sentaient la mort. Vers 6 heures du matin, alors que le soleil était déjà bien présent, le chauffeur en chaleur qui avait retiré son T-shirt se dirigea dans un minuscule chemin. Sans ménagement, ils nous poussèrent alors hors de l’auto. Mimi était en bermuda, et moi pieds nus en paréo…. Le conducteur me proposa alors son T-shirt puant que je refusais, bien évidemment. Au passage, je remarquais son immense tatouage dans le dos, un aigle présomptueux. Après quelques centaines de mètres, ils nous poussèrent sur le sol et nous attachèrent à des pieds de caféiers. Grand seigneur, le chauffeur qui, visiblement était le chef nous jeta quelques pièces pour ‘’prendre le bus et rentrer chez nous’’….

Et puis….