La rue, une atmosphère envoûtante.

Entre les brunchs gargantuesques de Miguel, les longueurs dans la piscine pour tenter d’effacer les effets indésirables des brunchs gargantuesques de Miguel, les balades le long de la plage à la recherche du subtil dollar des sables, les batifolages dans les vagues, les câlins aux chiens de coco, les chevauchées fantastiques sur la plage (mais oui, ils ont tant aimé qu’ils y sont retournés…), notre petite douce famille ne voit pas le temps passer. Aujourd’hui, histoire de se plonger dans l’atmosphère envoûtante de Las Terrenas, ils s’offrent une longue escapade le long des rues. Quoi de mieux pour communier avec l’âme du village. Bien chaussés, le museau crémé, monsieur soleil tape fort sur le village aussi, légèrement vêtus, ils abandonnent l’auto au Paseo et les voilà partis à l’aventure, p’tit Raoul bien installé comme toujours dans le T-shirt de papa Elliot.

C’est la première fois qu’ils prennent le temps de flâner ainsi sur les trottoirs, loin de la plage et de son sable blond et ils n’ont pas trop de leurs 4 paires d’yeux pour savourer tout ce qui les entoure. Et ça commence direct avec la belle galerie de Claude Lachamp Haitian Caraibe Gallery. Passionné par Haiti et amoureux inconditionnel des fabuleux peintres de ce pays, il expose dans sa galerie de très belles toiles colorées d’artistes reconnus ou de jeunes talents. Une gamme pointue de cigares dominicains et de très beaux paréos retiennent également l’attention de la petite famille… La Boulangerie française, ça les fait marrer si loin de chez eux. Ils n’imaginent pas notre plaisir à nous pauvres expatriés de croquer chaque jour dans une baguette bien croustillante ou un croissant bien beurré.

Puis les yeux sont inévitablement attirés par le monde de la rue. Ses boutiques de bric et de broc aux toits improbables, les vieux assis sur leur chaise en plastique, les enfants si beaux qui jouent derrière les grilles des petites cases proprettes aux couleurs acidulées, les viralatas qui partent en quête de nourriture. Les guaguas se rassemblent, débordant de légumes, fleurs, souliers, vêtements colorés, bassines en plastiques, elles animent chaque jour les calle du village, se mêlant au joyeux chaos des motoconchos pétaradants, à la musique, poussée à fond, et aux odeurs alléchantes de pollo al carbon. Venues de la montagne, de Samana, Santiago, Santo Domingo, les guaguas parcourent la campagne dominicaine et de village en village proposent leur marchandise tant convoitée, fruits gorgés de soleil, ustensiles de cuisine colorés ou en fer blanc, robes de princesse, fleurs multicolores… Autochtones, touristes et résidents adorent farfouiller et dénicher, pour leur plus grande fierté l’objet rare, polo Lacoste (presque vrai) à 50 pesos, micro jupe en jean griffée DKNW qui va faire un malheur avec ce petit top sans marque mais tellement tendance. Parmi les résidents, beaucoup s’y affichent sans fausse honte, d’autres y viennent en catimini, priant le bon Dieu que les copines ne les y surprennent pas. Et pourtant, le déplacement en vaut la peine, ne serait-ce que pour le folklore, le coup d’oeil, l’ambiance bon enfant… les guaguas, c’est tout Las Terrenas. C’est trop mignon.

Autre atout de charme, les marchands ambulants qui déambulent inlassablement dans la rue, sur la plage, entrent dans les commerces. Crevettes, langoustes, poissons, bijoux, lunettes, disques, paniers…il y en a pour tous les goûts et à tous les prix.

Les boutiquiers ayant pignon sur rue lèvent leurs rideaux, et les délicieux petits métiers désuets mais si charmants, couturiers, coiffeurs, barbiers, colmados, échoppes débordant de fruits et légumes, les artistes aussi, les peintres, démarrent leur journée et l’atmosphère étrange et subtile, qui ne se retrouve nulle part ailleurs prend possession des lieux.

Plus hard, moins glamour et pourtant tellement local, les échoppes de viande et de poissons ont tendance à effaroucher nos quatre amis incrédules. Il faut dire qu’en voyant ces grandes carcasses de viande accrochées devant la porte et souvent couvertes de mouches on a juste envie de prendre les jambes à son coup. Et pourtant, elles attirent souvent la convoitise des habitants qui les savourent à l’avance en les imaginant dans leurs assiettes.

Thomas, Mylène, Elliot et Tess sont ébahis par toute cette vie insolite et passionnante. Les échanges sont courtois et nos quatre amis se retrouvent bientôt chargés comme des mulets de fruits juteux, de fleurs exotiques, de lunettes très tendances, de baskets très stylées, de paniers, de disques de bachata ou encore de citrons verts très prometteurs…

Inévitable, la balade à cheval.

Thomas, Mylène, Elliot, Tess et Raoul savourent plus que jamais leurs vacances au paradis…

Mais, après quelques jours voluptueusement paresseux à profiter de la douce maison, de la piscine et de l’océan, notre petite famille, soudain, se sent comme des fourmis dans les jambes. Ca y est, il faut bouger. Elliot, le papa de p’tit Raoul est un tout jeune vétérinaire. Il se régale, la journée durant à observer, câliner, nourrir, soigner les chiens de cocos de la Bonita qui, sans vergogne, se sont donnés rendez-vous devant la porte de la villa. Même que Raoul est un brin jaloux… Tess, la jolie fille de la famille est étudiante à Paris, elle veut être notaire depuis qu’elle est toute petite… Mais, tout comme son frère, elle voue une passion incommensurable aux animaux. Un adorable petit chien, Gamin partage son minuscule appartement parisien au 3ème étage et, pour se défouler lorsque les balades tristounettes sur les trottoirs parisiens l’ennuie au plus haut point, Tess lui lance une balle par la fenêtre vers la micro cour intérieure et Gamin court la récupérer en dévalant les escaliers et les remontant à la même allure. Après, il se sent mieux. Quant à la maison de ses parents, dans un tout petit hameau, isolé mais délicieux, c’est une véritable arche de Noé. Il y a des gros chiens tout gentils, cinq, des chats, 6 ou 8 selon les jours, des poules qui pondent de bons gros œufs, quelques canards indisciplinés, une mignonne famille de pigeons apprivoisés, Arthur, un âne doux mais têtu … comme un âne, et puis des chevaux et notamment un adorable petit poulain, l’amoureux de Tess. Il lui manque tant. Alors, c’est décidé, demain ce sera journée-chevaux.

Après être allés sur place, observé et chouchouté les jolis chevaux du centre équestre, ils se sont décidés pour une longue balade d’une journée entière avec Nicole du Rancho Playa.

A quelques encablures du village, des plages désertes frangées de raisiniers, de cocotiers, et bordées d’une campagne exubérante offrent aux amoureux de la nature son visage le plus délicieux. Et, c’est ici, au cœur du petit hameau de la Barbacoa, dans une atmosphère sereine et un cadre idyllique que Nicole a choisi de s’installer avec ses chevaux, ses chiens, ses chats pour le plus grand bonheur de tous les inconditionnels de longues et inégalables balades à cheval, de notre petite famille en l’occurrence. Dans ce havre de paix, respirant le bien-être animal et la joie de vivre, les animaux sont rois. En tête, Gringo, Natacha, Mojito, Paloma ou encore Nelson les chevaux mais aussi Maxi le superbe golden retriever un brin coquin, qui veille au grain lui aussi et ne rate pas une balade.

C’est après une délicieuse balade à travers la forêt tropicale, à la découverte de la mangue, de l’incontournable bananier, du beau papayer, du citronnier, du café, du cacao puis, histoire d’en prendre plein les yeux, d’une escapade sur des sentiers escarpés, mais en tout sécurité que nos douces montures nous conduisent à flanc de colline jusqu’à un point de vue époustouflant dominant Limon et les innombrables plages alentour. Galop effréné sur la plage déserte, baignade dans l’océan tranquille, câlins avec le cheval ami, déjeuner-bonheur de produits locaux… repos sur le sable blond, les doigts de pieds en éventail, la journée s’écoule sereine, douce, terriblement apaisante… Ca fait du bien les vacances.

Coup d’coeur. Tao, quand l’Art, sans vergogne, s’invite dans votre quotidien.

Ouverte il y a quelques jours au Paseo, la boutique Tao est un véritable enchantement. Drivée par Christelle, la boss de l’agence immobilière Tierra Tainos, ce bel espace, loin des sentiers battus regorge de pièces d’art des plus époustouflante. Et, c’est grâce à un ami artisan-artiste français passionné par cette technique surprenante, la résine sur bois, que la belle dame eut l’excellente idée d’offrir à Las Terrenas un lieu d’exception où l’ébénisterie de transforme en œuvre d’art.

Chaque pièce est unique. L’essence de bois méticuleusement choisie au gré de promenades en forêts, épouse la résine qui se glisse langoureusement dans ses nœuds, dans ses veines, ses fissures, ses gerçures. La pièce est ensuite amoureusement travaillée durant des heures pour lui donner cette transparence proche de l’océan et en exprimer une étonnante beauté. Ces objets de bois s’en trouvent métamorphosées pour créer l’illusion d’être submergés par les vagues. Très tendance et faciles à vivre, des plateaux de table ou de console, de bureaux, de bars… décoratifs magnifiques, et surtout, très créatifs. Mais aussi des objets du quotidien, plateaux jolis, ustensiles de cuisine, horloges, vases sublimes, lampes translucides, des objets déco, des porte-clefs personnalisés, bijoux envoûtants, sculptures de baleine, d’aile de raie, de requin, de dollars des sables, comme un hymne à l’océan.

Christelle qui crée ses modèles avant de les faire réaliser en toute confiance par son ami, en France, nous promet pour très bientôt, une baignoire d’exception et d’audacieux sacs en cuir, bois et résine epoxy… Bravo madame. Mais stop assez papoté, allez découvrir cette merveilleuse boutique qui en vaut franchement le détour au Paseo, côté mer.

Luis… il y a du pour, il y a du contre…

Le temps est juste idéal pour une journée de plaisir et d’eau salée. Se retrouver, faire semblant de jouer les stars, s’offrir une échappée belle, vivre un conte de fée. En toile de fond l’océan paisible frangé de sa brigade de cocotiers… La balade sur le sable doré de Bonita à Coson, tempérée par une douce brise marine, est un enchantement pour les yeux, le corps, l’esprit. Et petit Raoul n’est pas le dernier à batifoler dans les vagues à la poursuite d’ennemis éphémères. Il s’en donne à cœur joie. Inutile de préciser que la plage n’appartient qu’à nous. Mais ils sont où les gens ? Même le all-inclusive, un des seuls du village, dissimulé sous ses cocotiers géants respire la sérénité. C’est comme si l’hormone du bonheur s’insinuait dans le moindre espace, colorant d’une palette de tons délicats l’atmosphère ambiant… il y a des endroits comme ça.

Juste après l’embouchure de deux petits ruisseaux guillerets à l’eau cristalline, et au fur et à mesure de notre balade, commencent à se distinguer les contours colorés d’une cabane, de tables et de chaises éparpillées çà et là sur le sable et puis des gens, plein de gens… c’est donc là qu’ils étaient, chez Luis.

Malgré notre succulent brunch géant de ce matin, cette petite marche-bonheur nous a ouvert l’appétit et donné soif surtout. Bon, pour être tout à fait honnête, même si l’endroit est absolument paradisiaque, les tables souvent bancales et les chaises en plastiques qui ont connu des jours meilleurs, ne sont pas du plus bel effet. Un bon décrassage suivi d’un judicieux relooking ne serait pas superflu. Tant bien que mal, on choisit la table la moins pire et l’on attend. On attend. On attend longtemps avant que quelqu’un daigne nous demander ce que nous désirons. Pas de sourire ou à peine… serait-ce la rançon du succès. On nous avait vanté ce lieu comme absolument incontournable, attendons la suite. Les mojitos bien servis et délicieux nous remontent le moral. Raoul a droit à son bol d’eau bien fraîche lui aussi, mais il s’en fiche, tout occupé à draguer sans vergogne la chienne de la maison, une jolie coquine qui lui fait les yeux doux. Les langoustes commandées arrivent 2 mojitos plus tard, chuttt…. on n’est pas pressés mais quand même, vu que le crépuscule est inexistant et que la nuit noire tombe d’un coup, on envisage sérieusement de solliciter l’aide d’un taxi pour regagner nos pénates. Sinon, les langoustes sont très bonnes tout comme les tostones ou bananes plantains les accompagnant.

Le repas terminé, on n’a qu’une envie, plonger dans la mer. 27 degrés, 28… c’est délicieux mais, prudemment, nous restons près du bord, les vagues à cet endroit sont plutôt menaçantes. Puis, notre taxi arrive, en route pour notre si joli chez-nous, il est temps de se reposer.

Ca fait du bien les vacances.

On ne peut pas dire que la nuit ait été de tout repos. Intrigué par le bruit infernal des p’tites grenouilles tropicales et autres insectes autochtones, Raoul, pas serein du tout a mené la ‘’nuit dure’’ à son maître, à tout le monde en fait, jappant et gémissant de tout son petit cœur. En un mot, il avait la trouille. C’est donc la bouille et l’esprit tout chiffonné que nos 4 amis se réveillent alors que le soleil n’a pas encore montré le bout de son nez. Puis, tout comme hier, le crépuscule d’un coup avait fait place à la nuit noire, l’aube balbutiante en un instant fait place au jour. Un ciel tout bleu, un soleil resplendissant, l’océan à perte de vue, en un clin d’œil les petits chagrins de la nuit s’effacent. On est en vacances et on a bien envie d’en profiter.

Dring… mais oui, nos gourmands avaient pris soin, avant de partir, de réserver les services d’un cuisinier à domicile, juste pour se régaler en toute quiétude de petits déjeuners copieux et vitaminés. C’est Miguel, un charmant jeune homme au divin sourire qui arrive les bras chargés de paniers bien remplis. Il y a des fruits, papayes, mangues, bananes, chinolas, oranges… des baguettes croustillantes, du pain de coco, des confitures aux couleurs acidulées, d’appétissantes brioches dorées… mais aussi de gros œufs tout frais, du saumon, de la crème fraîche… un mariage de saveurs inattendu, à savourer sans ordre imposé et au gré des envies. Tant pis pour les kilos, miam on va se régaler. Il est rigolo Miguel, il a appris par cœur quelques mots de français dont il use et abuse avec un irrésistible accent et un sourire trop craquant. Heureusement, la jolie Tess maîtrise l’espagnol et l’un dans l’autre tout le monde se comprend dans la gourmandise et la bonne humeur. Raoul qui a oublié ses terreurs nocturnes sautille de l’un à l’autre en remuant frénétiquement la queue.

La maison est vraiment ravissante et authentique, tout en simplicité afin que rien ne perturbe le regard magnétiquement attiré par l’océan en toile de fond. On y vit dedans dehors dans un vaste espace délicieusement habité par une chaise longue, une table basse, un canapé moelleux … comme un petit air de paradis posée sur l’une des plus belles plages qui soit.

Après ce succulent petit-déjeuner-brunch d’exception, un petit plouf dans la mer – non mais, on ne va pas se priver- suivi d’une longue douche revigorante puis, direction le village. La route est jolie, verdoyante, bucolique, des arbres somptueux, cocotiers, palmiers royaux mais aussi tulipiers et cacaoyers couverts de cabosses, quelques vaches aussi, un peu maigroulettes mais à la bouille sympa. On est vraiment dans un autre monde, loin de la grisaille des paysages et de la morosité des français de la métropole. Sommes-nous vraiment sur la même planète ? Arrivés au village, il est quand même prudent de regarder devant soi, sur le côté aussi, enfin… des deux côtés et puis derrière… pasolas et mobylettes déboulent dans tous les sens, nullement préoccupés par le code de la route. Un p’tit coup de klaxon et hop, on passe. Quant aux autos, elles s’arrêtent n’importe où, devant le colmado ou l’échoppe de fruit, devant le copain qu’on n’a pas vu depuis hier, devant la banca pour acheter le billet de loto gagnant. C’est assez déroutant la première fois d’autant plus qu’il faut aussi éviter les viralatas qui s’immiscent sans vergogne dans la circulation… Mais, tout cela reste bon enfant, aucune agressivité, juste un grand n’importe quoi. Las Terrenas est une ruche vibrante, bruyante mais terriblement attachante et nos 4 amis ne s’y trompent pas, à croire qu’ils sont déjà tombés sous le charme. On gare l’auto sur le parking du Paseo où un jeune haitien prend son rôle de gardien très au sérieux… on ne sait jamais, une petite pièce serait la bienvenue mais il ne demande rien, il attend.

Le Paseo est un peu le cœur du village. C’est le centre commercial le plus abouti, à proximité de la mer mais aussi de très bons restaurants, de la boulangerie française et de quelques boutiques de charme. Il abrite la pharmacie française, quelques petits bistrots, de belles boutiques, l’agence de voyage de Nicolas et même une adresse de négoce de bitcoins…

C’est là, au Barrio Latino, que j’ai donné rendez-vous à ma ravissante famille, histoire de faire connaissance. Ils sont adorables et je chiperais bien petit Raoul, il est trop mignon bien calé sous le t-shirt de son papa. On papote, on se découvre, je leur raconte mon village, ils me racontent leur vie trépidante. On se reconnait plein de points communs, on rit, on s’étonne on s’enthousiasme, on va se revoir vite. J’avais fait la promesse de ne pas les influencer et de les laisser ressentir Las Terrenas par eux-mêmes, de se faire leur propre opinion et de me la délivrer à la fin de leur séjour. Néanmoins, je les oriente un tout petit peu, je leur parle de Nicolas et de ses balades fabuleuses, de quelques restos incontournables, de boutiques surprenantes, je leur conseille une petite escapade en kayak et un petit tour jusqu’à Las Galeras… Ils ont du pain sur la planche d’autant plus qu’ils ont bien l’intention avant tout de se reposer en profitant de leur si jolie maison… Cet après-midi ce sera une longue marche sur la plage, direction Luis et ses belles langoustes puis repos, repos, repos, priant pour que cette nuit petit Raoul oublie ses terreurs nocturnes.

Si le coeur vous en dit.

Laissons notre petite famille se reposer après une journée bien remplie. Surpris par un crépuscule furtif et une nuit aussi noire que soudaine, constellée d’une myriade d’étoiles, Mylène, Thomas, Tess, Elliot et Raoul se glissent sous leur douce couette. Bercés par le clapotis de l’océan si proche, ils ne tardent pas à s’endormir, rêvant à n’en pas douter à ce que demain sera fait.

Je profite de leur sommeil pour glisser, en catimini, une parenthèse à l’attention ceux qui ne connaissent pas, un clin d’œil à ceux qui ont la chance de connaitre, et qui comme moi raffolent de ce petit village du bout du monde. Las Terrenas s’affiche comme l’antithèse des plages bétonnées, surpeuplées du légendaire Punta cana. Dans notre tout petit coin de paradis, les vastes plages sont le plus souvent vierges, à se demander où se cachent les vacanciers, de plus en plus nombreux à savourer la quiétude de cet endroit si différent. Il faut dire que longtemps ignorée, voire boudée par touristes et autochtones, Las Terrenas a, aujourd’hui, très nettement le vent en poupe. Des gens de tous poils et de toutes nationalités se pressent à qui mieux mieux pour goûter à cette République Dominicaine plus intime et confidentielle. Et pourtant, personne ne se marche sur les pieds. Longtemps demeuré dans son jus, avec ses avantages et ses inconvénients, le village sous l’impulsion notamment d’un maire à la hauteur s’est nettement manucuré. Et si l’on y adore toujours les petites échoppes colorées toute de guingois, les étals de bric et de broc débordant de fruits et de légumes ensoleillés, qui ne tiennent que par l’opération du St Esprit, on apprécie la propreté retrouvée des rues et des ruelles, le confort de routes asphaltées et le bon sens d’une circulation plus réglementée. Je suis arrivée il y a près de 20 ans maintenant et même si, bien sûr, beaucoup de choses ont changé, je dirais plutôt évolué, l’âme du village reste intacte. On y ressent la même sérénité, la même douceur de vivre, la même authenticité et surtout la même surprenante entente entre toutes ces nationalités différentes, véritable melting-pot, kaléidoscope enchanté aux mille visages.

J’ai hâte d’être à demain… avant son départ, Mylène m’a contacté et nous devons nous rencontrer. Sans les influencer, il me sera très agréable, au fil des jours et de leurs balades, de leurs rencontres, et de leurs expériences, de réfléchir à leur ressenti et le partager avec vous… si le coeur vous en dit.

Jour 3. Il est là le bonheur.

Le trajet se déroula sans encombre et, à l’approche du village la petite famille baigne dans une douce euphorie. Les somptueux paysages, un trafic très doux, un soleil resplendissant et un ciel si bleu, tout est réuni pour un début de vacances d’exception.

Direction playa Bonita et la découverte de leur lieu de résidence méticuleusement choisi par la belle Mylène.  Il est vrai que pour le coup, il y eut débat. Hôtel de charme, maison sur la colline, maison en campagne ou maison sur la plage… un choix hautement délicat. Finalement, c’est Raoul le p’tit bout d’choux qui fera pencher la balance. Ce sera une maison, jolie, pas loin de la mer mais éloignée d’une route à grande circulation, avec si possible une piscine et surtout un grand jardin clos. On fouille, on compare, on s’extasie, on hésite et finalement on trouve. Une délicieuse maison au toit de paille (enfin de cana) juste devant la mer, un vaste terrain clos, une belle piscine, 3 chambres et une adresse qui sonne doux à l’oreille playa Bonita. L’endroit un peu excentré semble calme juste comme il faut, la plage est visiblement réputée et magnifique et plusieurs tables de renom s’y côtoient.

Un coup d’œil sur En Aparté, juste pour confirmer… ‘’Playa Bonita est un endroit magique. Belle, immaculée, calme ou turbulente, selon son humeur (ses vagues sympathiques sont idéales pour ceux qui débutent le surf, la jolie Carolina y a d’ailleurs installé son école ). C’est une longue et belle baie frangée de cocotiers et séparée de Las Terrenas par une pointe rocheuse appelée Punta Bonita. On y accède depuis le centre du village, la route est bien indiquée. Depuis quelques années le chemin côtier longeant l’océan est piéton et, en arrivant devant la barrière qui en interdit l’accès aux autos, on prend une grande gifle. Le panorama est juste fabuleux et les couleurs uniques au monde, c’est…. waouh. Les amoureux de tranquillité se dirigeront vers Punta Bonita où les attendent de délicieuses criques protégées par des récifs coralliens. Les amateurs de vagues préféreront s’aventurer de l’autre côté, tout comme les gourmands d’ailleurs. Plusieurs petits restos et hôtels y sont disséminés parmi les cocotiers. Coyamar, Costa Las Ballenas adorablement relooké, Mosquito Beach Hotel, le p’tit nouveau dont tout le monde parle, la très belle Casa Grande, magnifique avec sa belle pelouse descendant vers la mer, sans oublier l’adorable l’Atlantis à l’architecture un brin loufoque, de notre ami Gérard, le consul honoraire.’’

Comme on arrive par l’arrière de la villa, la surprise est intense quand, tout excités, nos quatre vacanciers aperçoivent la vue de dingue que leur réserve cette stupéfiante maison. C’est tout ce qu’ils aiment. L’intérieur tout en douceur décline un minimalisme élégant, une parenthèse feutrée et iodée, tout en belles matières, camaïeux sourds et sens du détail. Chaque objet est le fruit d’un coup de coeur. Pas de place pour le superflu, l’essentiel se suffit à lui-même. Entourée de bougainvilliers, de cocotiers et de palmiers, délicatement bercée par le soleil et le doux bruit des vagues, cette ravissante demeure est une invitation à la contemplation, comme une envie de ne rien faire, de paresser longuement ou encore de méditer.

Il fait chaud en ce mois de décembre et juste là, l’océan, sans mentir, leur fait les yeux doux… on pose les valises, on sort les maillots, on se précipite au bout du jardin, on foule le sable blanc et plouf, on se jette dans l’eau cristalline qui doit bien flirter avec les 29 degrés.

L’instant est magique et s’éternise, p’tit Raoul n’est pas le dernier à batifoler dans les vagues… il est là le bonheur.

En route pour Lasté . Jour 2 … un cauchemar urbain.

Le trafic urbain à Santo Domingo est juste un cauchemar. D’abord il fait chaud, chaud, chaud et humide, toujours humide… L’atmosphère surchargée des gaz de toutes ces autos déréglées, pas réglées est super polluée, ça pue et ça pique les yeux sans compter les klaxons tonitruants, seule règle de conduite, qui éclatent les oreilles… et puis, toutes sortes de véhicules empruntent à toute heure du jour et de la nuit un réseau routier pas toujours au top, cohabitant tant bien que mal sur des chaussées souvent défoncées. Il y a les impeccables gros 4×4 des riches dominicains, luisant de propreté, il y a les taxis privés, plutôt bien intentionnés et relativement respectueux du code de la route (code la route ??? c’est quoi çà ici…) les bus surchargés, vieux, griffés, cabossés, énervés, les guaguas ou taxis publics qui réussissent le tour de force pas anodin de faire monter dans leurs tas de ferraille sans nom des dizaines, des douzaines de pauvres hères écrabouillés les uns sur les autres, il y a les motos, les mobylettes aussi, les pasolas pétaradantes et pas toujours bien fraîches et les piétons qui, du coup, avancent presque aussi vite que les autos… Un vrai bordel, de quoi effaroucher le meilleur des conducteurs, novice dans la région.

Dans l’auto de notre petite famille, un bon GPS et 4 paires d’yeux (là on ne compte pas petit Raoul pourtant très intéressé par toute cette agitation) n’étaient pas de trop pour se sortir de cette gigantesque et étouffante toile d’araignée. Mais après quelques longues minutes de stress, d’attention exacerbée, de fou-rires aussi, les voilà sur la route du bonheur, la voie rapide qui va les mener enfin à Lasté.

Ce que l’on appelle l’autoroute mais qui n’est en fait qu’une deux voies, parfois trois dans les montagnes, plutôt bien entretenue permet de relier rapidement et agréablement la côte Caraïbe au nord-est du pays. Avant sa construction il fallait environ 4 ou 5 heures pour atteindre Saint-Domingue. Nous partions à l’aube avec un taxi sérieux, notre oreiller à portée de main pour continuer notre nuit jusqu’à la capitale. Avec cette nouvelle route le temps de trajet est d’environ 2 heures et les paysages la bordant sont juste somptueux. On y traverse les envoutantes Haitises, une exploitation un peu étrange voire fantasmagorique de palmiers à huile moribonds, une vaste savane très africaine, des rizières. On y croise quelques vaches efflanquées, des ânes esseulés, des cavaliers bien pressés. La dernière partie, le boulevard de l’Atlantique est en tous points somptueux. Grottes, miradors, vues époustouflantes, un bel aperçu de ce que vous réserve Las Terrenas.

Après 2 heures riches en émotions de toutes sortes notre petite famille est plus impatiente que jamais de découvrir son doux chez-soi pour 2 longues semaines.

Escapade au pays du bonheur. Jour 1: Santo Domingo.

Ils sont bien dans leur vie, blottis dans le cocon douillet de leur maison feutrée, entourés d’une nature sauvage et d’une foultitude d’animaux de tous poils, amoureux inconditionnels de leur pays, l’hiver à Courchevel et l’été à St-Tropez. La vie est douce, mais, la morosité ambiante a cependant sapé leur moral jusqu’ à faire vaciller leur routine si confortable. Ca fait longtemps qu’ils en parlent et cette année, c’est décidé, ils partent à l’étranger, histoire d’oublier pour deux semaines d’insouciance le pernicieux virus et les contraintes fastidieuses qu’il implique. Thomas est un avocat brillant, reconnu, Mylène est une écrivaine très tendance, avide de découvertes, de rencontres, d’expériences inédites. Ils emportent dans leurs bagages leurs deux grands enfants, Tess, étudiante, passionnée de nature et d’animaux, Elliot tout jeune vétérinaire sans oublier Raoul, son petit spitz, mascotte chouchou de la famille.

Du coup, ce voyage, ils le préparent depuis des mois. Un pays rassurant, du soleil, l’océan, une nature accueillante, des gens sympas… la République Dominicaine les séduit et Las Terrenas s’impose comme une évidence. Mylène a l’habitude de voyager à travers les lignes, et ce qu’elle a ressenti en découvrant sur Internet ce petit coin de la péninsule de Samana, loin des itinéraires classiques, courus, galvaudés, a largement fait pencher la balance en faveur de notre petit village. En Aparté, elle m’a confié s’être longuement attardé sur les récits colorés et emprunts de sincérité découverts sur mon blog sans prétention, En Aparté évidemment. C’est dit, c’est là qu’ils passeront en famille leurs vacances loin des vapeurs de leur quotidien pollué par le fichu virus omniprésent.

Faut pas traîner et ce matin dès potron-minet c’est branlebas de combat chez Mylène et Thomas. En fait c’est pas si simple. Ils habitent un minuscule hameau à 50 kms de la grande ville où les attend Elliot. TGV direction Paris où ils retrouveront Tess puis vol jusqu’à Madrid, de Madrid à Punta Cana et enfin de Punta Cana à Santo Domingo.

Le voyage quoique long et fatiguant se passe sans trop de problèmes, test négatif en poche, pass sanitaire bien en évidence, E-ticket indispensable correctement rempli… à la nuit tombante, ils arrivent enfin à Santo Domingo. Bien qu’impatients de découvrir si Las Terrenas se révèle à la hauteur de leurs attentes, ils ont programmé une nuit et une demi-journée à la capitale. C’est au majestueux hôtel Nicolas de Ovando que les conduit leur taxi. Epuisés par leur longue journée de voyage non-stop, ils restent cependant bouche bée devant la splendeur de cette somptueuse pépite exotique, ancien palais du gouverneur compagnon d’armes de Christophe Colomb. Murs de pierres patinées par les siècles, boiseries finement sculptées, superbes tentures d’époque et murmure délicat de fontaines, ici, l’héritage d’un passé prestigieux épouse avec bonheur une élégante modernité au raffinement absolu. Même Raoul, le petit toutou si gentil en frétille de plaisir.

Le voyage commence bien. Un brin de toilette puis dîner léger au restaurant qui ne craint pas de marier la célèbre gastronomie française et les subtils parfums créoles. Mais Morphée leur tend les bras, il est temps de fermer les yeux et de rêver à demain.

L’hôtel domine la calle de Las Damas, la toute première rue pavée des Amériques, au cœur de l’envoutante zone coloniale de Santo Domingo. A l’époque de Christophe Colomb, les jolies dames aimaient à s’y promener dans leurs plus beaux atours. Reposés et impatients de connaitre cette ville surprenante, nos quatre amis plongent avec extase dans ce retour vers le passé et parcourent les splendides rues de la zone coloniale y découvrant au fur et à mesure des bâtiments hauts en couleur comme l’Alcazar de Colon, la Cathédrale Primada, premier édifice religieux construit au XVIe siècle sur le continent américain mais aussi la célèbre calle del Conde bordée de riches façades.

Beaucoup d’émotion dans ce premier contact avec un pays que tant de gens ne considèrent qu’à travers ses all inclusive surpeuplés et ses prix attractifs. On creuse un peu et l’on découvre tout autre chose, mais encore faut-il le vouloir. Au milieu de l’après-midi, bien installés dans leur confortable voiture de location la petite famille, des étoiles plein les yeux, se dirige vers Las Terrenas.

Escapade toute en douceur.

Depuis quelque temps, mon Château de feuilles est cerné par des maisons de location. Et, visiblement la destination est plutôt tendance, ces villas sont presque toujours louées. Bonnes semaines et gens respectueux, soucieux du voisin et de l’environnement. Mauvaises semaines avec des vacanciers un poil trop exubérants… mais je n’y peux rien, c’est juste dans l’air du temps, le succès de Las Terrenas n’a pas que des bons côtés. Mais, là n’est pas mon propos. En entendant jour après jour tous ces gens d univers différents, visiblement heureux de se trouver parmi nous, j’ai eu l’idée de suivre une famille en vacances… de leur arrivée à la capitale, jusqu’à leur départ. Découverte de Santo Domingo et de la ville coloniale après une longue journée en avion, location d’une auto et premières visions du pays avec les paysages si changeants le long de la voie rapide, arrivée au village, etc…

Est-ce que çà vous dit de partir en balade avec nous… Je vous présente Mylène et Thomas et leurs grands enfants Tess et Elliot sans oublier leur p tit bout de chien Raoul. Si le cœur vous en dit, on se retrouve dès demain pour faire plus ample connaissance, connaître la raison de leur choix, leur attente, leur ressenti… Bonne soirée.